Fins de mois difficiles, chômage de longue durée : les travailleurs seniors sont plus précaires que les retraités

Emploi

Une étude de l'organisme de crédit Cofidis révèle que les seniors actifs sont davantage exposés à la pauvreté et à la précarité que leurs aînés à la retraite... une situation que pourrait renforcer la prochaine réforme des retraites.

Les retraités ont beau avoir été visés par une grande part des politiques fiscales du gouvernement depuis le début du quinquennat, ils sont concurrencés en précarité par leurs cadets de quelques années. Une étude de l'organisme de crédit Cofidis publiée mardi 2 avril établit en effet que les 55-64 ans ne sont pas mieux lotis que leurs aînés. Toujours active, faute d'avoir une pension de retraite suffisante, cette part de la population est plus exposée aux fins de mois difficiles et aux situations de découverts que les retraités. Ils sont ainsi 47% à expliquer se retrouver dans la première situation, contre 35% pour leurs aînés, et 33% à avoir été à découvert sur les douze derniers mois contre 12% pour les retraités.

Une situation qui trouve une partie de son explication dans la précarisation du marché du travail, et notamment chez les seniors, où le chômage se trouve très élevé. Selon les chiffres de la Dares, l'outil statistique du ministère du Travail, le taux d'activité des 55-64 ans s'élevait à 56% en 2018, tandis que, pour les 50-54 ans, le chiffre grimpait à 80%. Une moindre activité à laquelle s'ajoute une double, une triple peine voire plus : le temps partiel est un phénomène plus fréquent dans leur tranche d'âge, leur plus jeune âge les expose à devoir encore s'occuper d'enfants à charge, et leur budget logement passe du simple au double par rapport aux retraités, qui ont souvent terminé de rembourser leur emprunt immobilier. Les 55-64 ans y consacrent ainsi en moyenne 450 euros par mois.

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De futurs retraités pauvres

D'autres dépenses prennent une place plus importante : nourriture, santé, transports, énergie, etc. En conséquence, 16% d'entre eux ont recours à des crédits à la consommation pour subvenir à leurs fins de mois difficiles. Ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas épargner en vue de leur retraite, accentuant ainsi le risque de créer des retraités pauvres. 

Un cercle vicieux que pourrait empirer la prochaine réforme des retraites, qui encourage à travailler plus longtemps pour augmenter le montant des pensions, alors que le marché du travail actuel n'est pas fait pour les seniors. Au-delà de leur inactivité plus forte, ils sont plus souvent frappés par le chômage de longue durée que les autres générations : 60,2% des seniors au chômage le sont depuis plus d'un an contre 41,8% pour le reste de la population. Et ce, en dépit du fait qu'ils ne seraient pas opposés à un recul de l'âge de départ pour augmenter leur pension.

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