Hommes-femmes : c’est dans le monde du travail que les inégalités persistent le plus

Hommes-femmes : c’est dans le monde du travail que les inégalités persistent le plus
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ÉTUDES - A l’occasion de la Journée des droits des femmes, ce vendredi 8 mars, plusieurs enquêtes montrent que l’égalité professionnelle n’est toujours pas au rendez-vous.

Inégalités hommes-femmes, où en est-on ? A l’occasion de la Journée des droits des femmes, ce vendredi 8 mars, les études s’empilent, de divers organismes et sur diverses thématiques, pour analyser l’état des lieux. Et montrer qu’il y a encore du chemin, notamment dans l’univers professionnel. 


En effet, d’après un sondage Elabe réalisé pour les Echos-Radio Classique et l’Institut Montaigne, c’est même dans le monde du travail que la réduction des inégalités a été la plus limitée. Si dans de nombreux domaines, les Français estiment que les inégalités se sont réduites, comme dans la sphère domestique ou l’accès aux sports ou aux médias, ils restent pessimistes sur tous les sujets liés au travail : écarts des salaires (pour 85% des sondés), difficulté d’accès à des postes à responsabilité (79%).

Aux jeunes femmes, des CDD, moins de statut cadre et un salaire moins élevé

Les inégalités persistent donc, et ce, dès le début de carrière, comme nous le rappelle un sondage réalisé par l’Apec. L’étude montre ainsi que si, deux ans après l’obtention de leur diplôme, femmes et hommes font leur entrée sur le marché de l’emploi dans des proportions équivalentes, en revanche, les conditions d’emploi diffèrent : les femmes ont davantage de postes en CDD (25% contre 14 % des hommes), elles accèdent moins fréquemment au statut de cadre (60% contre 81%), et leur rémunération est moins élevée.


Des dispositifs ont pourtant été mis en place, notamment pour lutter contre l'effet "plafond de verre". Ainsi, depuis le 1er janvier 2017, la loi Copé-Zimmermann impose une proportion de 40 % de femmes dans les boards (les équipes dirigeantes) des grands groupes et entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises. Selon une étude Route to the top 2018, du cabinet Heidrick & Struggles, la France compte ainsi aujourd’hui environ 6 % de femmes PDG au sein du SBF 120 (Société des bourses françaises, qui regroupe le CAC 40 et le  SBF 80). C'est donc 3 fois plus qu’en 2017, mais... l'on reste encore très loin de la parité. 


C'est la même chose en matière d'entreprenariat : le baromètre StartHer-KPMG montre que seulement 12, 5% des entreprises ayant levé des fonds en 2018 sont dirigés au moins par une femme, un chiffre en baisse par rapport à l’an dernier. Un recul qui, montre, selon Nicolas Baudouin, associé chez KPMG dans Les Echos, "que l'on se heurte à un plafond de verre". Même si ce plafond est dur à localiser : les femmes sont aussi moins nombreuses à se lancer dans l'entreprenariat - 39% en 2018 selon les derniers chiffres de l'Insee.

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La question du jour : les contrôles dans les entreprises sont-ils la bonne solution pour en finir avec les inégalités salariales ?

Les hommes pensent qu'il y a eu des progrès, les femmes non

A noter, encore, la perception des différences entre hommes et femmes, n’est pas la même suivant les sexes : pour les femmes, d’après le sondage Elabe, 32% des femmes seulement pensent que l’égalité salariale a augmenté ces dernières années, contre 56% des hommes. C’est ce que dit aussi un  baromètre publié par Priorité(s) femmes, pour la Fondation des femmes, Kantar et Femme actuelle : en 2019, les Françaises sont 80% à considérer que la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes ne s’est pas améliorée par rapport à 2018 (63% considèrent que la situation n’a pas changé, et 17% qu’elle s’est dégradée). 33% considèrent d’ailleurs que l’égalité salariale est un des enjeux prioritaires cette année. 


Que faire alors ? Le sondage Elabe pour Les Echos donne quelques pistes de réponse : les solutions les plus plébiscitées seraient de créer des crèches interentreprises, d'accorder des droits à formation aux salariés à temps partiel qui sont majoritairement des femmes, ou encore développer le télétravail. Des mesures répressives sont également approuvées par les sondés, comme le fait de sanctionner financièrement les entreprises qui pratiquent des écarts de salaires trop importants, ou publier le nom de celles où la discrimination salariale est forte.

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