IA : ces innovations auxquelles vous pourriez être confronté si vous passez un entretien d'embauche en 2019

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Jusqu'où ira l'intelligence artificielle ?

FUTUR - Robert Walters, cabinet de conseil en recrutement professionnel, publie un livre blanc dans lequel il s’interroge sur les innovations technologiques qui transformeront les métiers des ressources humaines.

Un robot qui vous regarde dans les yeux et vous fait passer votre entretien. Un hologramme qui vous demande vos prétentions salariales... Pour l’instant, la réalité de l’Intelligence artificielle est sans doute moins futuriste. Mais tout de même, petit à petit, et de plus en plus, les technologies s’invitent partout, même dans les process de recrutement. 

Le cabinet de conseil en recrutement Robert Walters a interrogé les candidats sur leurs attentes, les recruteurs sur leurs pratiques et l’écosystème des "Tech RH" sur les solutions disponibles et attendues. Sa conclusion ? Les candidats sont prêts, mais les entreprises restent frileuses. Alors, l’année 2019 sera-t-elle celle de la transition technologique du secteur du recrutement ?

Petit panorama des tendances déjà existantes, et des perspectives pour 2019.

Les réseaux sociaux et la data déjà bien utilisés

Les réseaux sociaux font l’unanimité, des deux côtés : 81% des candidats les utilisent pour leur recherche d’emploi et 87% des entreprises y postent leurs offres. Mais les candidats (1/3) sont aussi friands des autres sources qui donnent de l’information en toute transparence, comme les sites de notation d’entreprise où les anciens employés laissent leurs commentaires. Pourtant, seules 17% des entreprises investissent ces plateformes.

Les sites de "matching" ont également le vent en poupe côté candidats : 44% d’entre eux déclarent utiliser ces réseaux qui font coïncider leurs compétences avec celles requises pour les postes qu'ils recherchent. Sorte de "recherche inversée", ils profitent pour le moment à certaines catégories de fonctions – IT et Digital (51%), Production industrielle et Qualité (48%) et les fonctions Commerciales, Marketing et Communication (46%). Les sociétés sont moins unanimes : seules 20% utilisent ces solutions. Parmi les raisons de ce manque d’intérêt, le manque de fiabilité, perçu par 1 recruteur sur 5.

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40% des recruteurs et des candidats estiment que les algorithmes représentent une solution leur permettant de gagner du temps et/ou de l’argent. Les futurs salariés n’en demeurent pas moins alertes : ils ont 62% à estimer que l’usage de l’IA dans le recrutement présente un risque de déshumanisation ou de manque de personnalisation, ainsi que la sensation de ne pas montrer pleinement ses compétences. Les recruteurs partagent d’ailleurs un peu ces craintes, tout en étant 39% à souhaiter pouvoir utiliser des outils de sourcing faisant appel à l’Intelligence artificielle. Pour l’instant, dans la réalité, ils ne sont que 14% à l’utiliser.

Les technologies de robotisation émergent également, dans une logique de gain de temps et de fluidité des démarches. Des "chatbots" peuvent ainsi prendre le relais des recruteurs pour répondre aux questions les plus fréquentes, ou pour aider à l’analyse des CV s’ils sont nombreux.   Pour Coralie Rachet, directrice France de Robert Walters, les technologies innovantes sont "une formidable chance pour replacer l’humain au cœur du processus", estime-t-elle. "En épargnant du temps à faible valeur ajoutée aux recruteurs, elles leur permettent de consacrer plus de temps au contact humain, seul capable de convaincre, de créer une relation de confiance et de comprendre les motivations profondes".

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Vidéo et réalité virtuelle s'installent

L’entretien vidéo à distance est de plus en plus répandu : 71% des candidats et 58% des recruteurs l’ont déjà expérimenté.

Pour "compléter" cet outil, apprécié par 80% des candidats l’ayant testé, la "vidéo différée" a fait son apparition. Elle permet de poster sa candidature sous format vidéo, pour être ensuite visionnée par le recruteur plus tard. Si cette solution présente un gain de temps considérable pour les entreprises, 76% des candidats l’ayant utilisée déclarent ne pas avoir apprécié l’expérience.

Certaines entreprises ont également intégré la Simulation réaliste de poste (SRP) dans leurs processus. Cet outil, qui s’appuie sur de la Réalité virtuelle (RV), permet au candidat de se projeter plus concrètement dans le poste proposé et à l’entreprise d’analyser les réactions en situations "quasi réelles" des prétendants. 72% des candidats ayant été confrontés à la SRP ont apprécié l’expérience ; et un tiers de ceux n’ayant jamais testé cette solution aimerait pouvoir le faire. Le chiffre passe à 40% chez les moins de 30 ans. Cette donnée est à mettre en opposition avec le nombre d’entreprises proposant la Réalité virtuelle : seuls 4% des recruteurs y font appel.

"Pas des substituts des recruteurs"

De manière générale, certains secteurs se prêtent mieux au tests de technologies d’aide au recrutement, car ils ciblent des populations plus ouvertes à l’innovation, plus jeunes ou plus en maîtrise des technologies.  Pour Coralie Bachet, continuer à développer ces technologies procure une véritable valeur ajoutée pour attirer les candidats. Elle rappelle cependant que "les innovations sont des outils d’aide à la décision, et non des substituts des recruteurs".

> Enquête menée en France auprès de 1.128 candidats et 154 entreprises en septembre et octobre 2018, accompagnée de 8 cas pratiques autour de technologies testées dans le monde par le Lab Innovation du groupe Robert Walters. Pour consulter le livre blanc.

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