Les banquiers ont le blues...

Les banquiers ont le blues...
Emploi

FINANCES - Les banques et différents syndicats du secteur bancaire ont publié lundi un communiqué commun, rappelant la mobilisation, à leurs yeux, exemplaire de leurs personnels dans cette crise du coronavirus.

Ils estiment participer à l’effort de guerre, et pourtant, restent les terribles mal-aimés : on ne leur dit pas merci. Les banquiers ont le blues. Pour remettre les choses au point, ce lundi 20 avril, la Fédération bancaire française (FBF) et des syndicats représentatifs de la profession (CFDT Banques et Assurances, SNB/CFE-CGC, SNE-CGC) ont publié un communiqué en commun, une démarche quasiment jamais vue. 

Les professionnels y rappellent le rôle qu’ils tiennent, dans l’économie, en pleine crise du coronavirus : "Les banques françaises assurent depuis le début de la crise du Covid-19 la continuité des services essentiels aux clients, particuliers et entreprises, afin de maintenir l'activité économique du pays et de répondre aux besoins essentiels de chacun […] Elles mettent en œuvre l’ensemble des mesures de soutien aux entreprises décidées par l’Etat (…) Elles accompagnent également au cas par cas leurs clients particuliers pouvant se trouver en difficulté", écrivent notamment les signataires. 

La démarche est rare et traduit, d’autant plus le blues des banquiers en cette période de crise du coronavirus, qui se sentent déconsidérés, mésestimés.  Leurs entreprises sont stratégiques, rappellent-ils : "Les banques et les organisations syndicales représentatives de la profession rappellent que ce soutien indispensable à l'économie et aux citoyens est rendu possible grâce à l'engagement sans faille des 362.800 salariés du secteur qu’elles tiennent à saluer et à remercier pour leur dévouement exceptionnel durant cette période", poursuit le communiqué. "Elles considèrent nécessaire et légitime que les salariés du secteur bancaire soient inclus dans les remerciements adressés par la société civile et les pouvoirs publics à tous ceux qui assurent, au quotidien, les activités indispensables à notre pays."

Car ce que la profession a du mal à digérer, c’est la dernière allocution du président Emmanuel Macron : il a remercié les agriculteurs, enseignants, livreur, éboueurs, allant même jusqu’aux journalistes, mais a totalement oublié les banquiers. Enfin pas tout à fait : au contraire, leur profession a eu droit à un léger coup de pression. Dans son discours, le président a appelé les banques et assurances à "faire plus", à "décaler toutes les échéances de prêts beaucoup plus massivement qu'elles ne l'ont fait" et les assureurs à être "au rendez-vous de cette mobilisation économique"… Des semonces répétées, mettant la pression à ces professionnels, qui, au contraire, soulignent leur travail constant avec les pouvoirs publics.

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A cela s’ajoute que depuis quelques jours dans les médias des critiques ont fleuri sur la réticence de banques à accorder ces prêts garantis par l’Etat à ces entreprises. Une contre-vérité, pour les professionnels, qui pointent que la très grande majorité des dossiers sont acceptés. "Le taux de refus sur les demandes de prêts garantis par l'Etat (PGE) est inférieur à 5% pour les entreprises éligibles à ce dispositif", a ainsi affirmé jeudi 16 avril sur LCI Frédéric Oudéa, président de la FBF. 

Difficile alors de lutter contre cette image dégradée, tenace depuis la crise financière de 2008. Parmi les points positifs, cependant, le secteur entretient de  bonnes relations avec Bercy. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a salué la semaine dernière, leur effort de guerre : si les banques peuvent "évidemment faire mieux", elles "jouent le jeu" avec ces PGE accordés aux entreprises. Selon la Banque de France, 230.000 entreprises, en très grande majorité des très petites entreprises, en avaient sollicité un pour un total d'environ 45 milliards d'euros. Mais de nombreuses entreprises ne sont pas éligibles en raison de leur fragilité financière ou de difficultés antérieures à la crise.

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