La marque C'est qui le patron ?! appelle à reverser les gains liés au coronavirus

La marque C'est qui le patron ?! appelle à reverser les gains liés au coronavirus
Emploi

SOLIDARITÉ – La marque de consommateurs, qui voit la vente de ses produits exploser avec le confinement, a décidé de reverser les gains liés à cette hausse aux personnels et entreprises mis en difficulté.

Ce n'est plus de la croissance, c'est de l'hypercroissance. Le rêve de toute entreprise : une hausse de 387%  pour les pâtes ; de 142% pour la farine ; 141% pour les steaks surgelés… Idem pour les sardines, le chocolat, les oeufs,  les yaourts, le beurre, le lait, le miel… La liste est sans fin.

Pour la marque C’est qui le patron ?!, la crise du coronavirus a entraîné une explosion des ventes de la plupart des produits. Une hypercroissance d’à peu près tous les indicateurs, par rapport à la semaine d’avant, d’après les données Nielsen prises sur la semaine du 23 février au 21 mars, en comparaison avec la semaine du 26 janvier au 22 février. Une hypercroissance même parfois plus marquée que chez certains concurrents. Une hausse trois fois plus importante que ses concurrents pour les pâtes. 

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Pour rappel, la marque est née en 2016, sous l’impulsion de deux entrepreneurs, Nicolas Chabanne et Laurent Pasquier avec l’idée de permettre aux consommateurs, de reprendre en main leur consommation. Ils créent en janvier 2017 une société collective SCIC, dans laquelle chacun peut devenir sociétaire. L’idée est de réaliser collectivement le cahier des charges d’un produit, de le faire fabriquer et le commercialiser au "juste prix". La marque, qui réunit aujourd’hui plus de 10.000 sociétaires, a commencé en commercialisant du lait, avant d’étendre très rapidement la gamme de produits proposés.

Comme d'autres enseignes de produits consommables, C'est qui le patron ?! connaît avec la crise du coronavirus une envolée de son chiffre d'affaires.

Faire profiter les autres de son succès

Et ce succès, la marque a décidé de le partager, en créant un fonds de soutien pour aider les personnes ou entreprises en difficulté. "La crise actuelle a provoqué une très injuste situation où (bien involontairement certes) des entreprises ont vu leur chiffre d’affaires progresser dans des proportions jamais vues auparavant, pendant que des milliers d’autres entrent en grande précarité (salariés, indépendants, commerces de proximité, etc)", indique la marque dans un communiqué. 

Eux font donc partie de la première catégorie. Et veulent faire un geste pour rééquilibrer. "Nous avons décidé de reverser la totalité du surplus de revenus pour aider ceux qui sont pénalisés. Nous créons un fonds pour que cette aide puisse être directement apportée à des personnes en souffrance", expliquent-ils, appelant toutes les entreprises qui le souhaitent, à participer à cet effort de solidarité.

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Tout a commencé par un petit geste. En tout début de crise, la décision a été prise de faire des briques de lait sans bouchons, ce qui permettait de répondre à la forte demande et d’éviter les ruptures liées aux emballages. Le coût économisé par l’absence de bouchon représentait environ 1,24 centime par brique, et devait être reversé aux producteurs de lait. Mais ceux-ci ont décidé de reverser ce centime aux soignants. 

"Ce geste très touchant de leur part nous a amenés à prendre plusieurs décisions pour renforcer ce soutien." Et les chiffres de vente mesurées par Nielsen, en fin de semaine, n’ont fait que renforcer la décision. A court terme, C’est qui le patron va donc reverser la totalité des gains supplémentaires liés aux progressions des ventes actuelles et futures. A plus long terme, elle décide également de "consacrer désormais 1% des revenus de l’initiative au soutien de personnes en difficulté de façon durable et permanente." La marque appelle enfin "les entreprises bénéficiaires si elles le veulent bien, à faire de même pour partager ces revenus et aider ceux qui à l’inverse souffrent de la situation", notamment en "consacrant 1% de leurs revenus à cette autre façon d’envisager notre avenir commun."

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"L’heure est venue de partager", concluent les fondateurs. "Il faut à la fois soutenir ceux qui sont en difficulté et aider ceux qui travaillent chaque jour pour permettre à notre pays de tenir debout (soignants, éboueurs, salariés, routiers, producteurs etc)", et "tout faire pour que cette nouvelle réalité perdure dans le temps à travers ce symbolique mais très important pourcentage de solidarité que nous proposons de maintenir au-delà de la crise actuelle." 

Comme chacune des décisions engageant la marque, celle-ci a été soumise au vote de ses 10 000 sociétaires. Et l’initiative a été approuvée à 97,8%, un grand oui, "un raz de marée", se félicite la marque.

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