L’un des plus gros freins au télétravail ? Que vos collègues pensent que vous travaillez moins

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PERCEPTION - Une étude portant sur l’évolution du monde du travail, et notamment du télétravail, analyse les freins qui existent encore pour le bon développement de ce mode de fonctionnement dans les entreprises.

Bureau, domicile, café, aéroport, gare…  En théorie, il n’existe plus un, mais plusieurs lieux de travail. Terminé le métro-bureau, le travail peut s'effectuer désormais de partout et ce, grâce au télétravail. Voilà pour la théorie. Mais qu'en est-il dans les faits ? En France, l’ordonnance sur le télétravail, entrée en vigueur en septembre 2017, vise à faciliter le recours à ce mode de fonctionnement et impose à l'employeur qui refuse d'en accorder le bénéfice à son salarié de motiver sa réponse. Pourtant, il apparaît que la France est encore à la traîne sur le sujet. 


Polycom Inc a en effet mené une vaste étude, sur 24.000 personnes dans 12 pays différents. Une remarque générale : le télétravail se développe à peu près partout, puisque près des 2/3 de la main-d'œuvre mondiale fait appel au travail mobile  ou flexible, contre 14% en 2012. Le  Brésil est à l'avant-garde (80% des salariés), le Japon ferme à la marche (35%). En France,  la situation est donc mitigée : 29% des sondés indiquent qu’ils travaillent souvent de cette façon, 28% de temps en temps, 33% jamais. 

Trop travailler ou être distrait

L'enquête s'est également intéressée aux principaux avantages du travail mobile tels qu'ils sont perçus dans différentes cultures. Les avantages les plus fréquemment cités : une meilleure contribution à l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, éviter le stress des allers-retours entre le domicile et le bureau, disposer de plus de temps pour effectuer de l’exercice ou se consacrer à ses loisirs. Et enfin, une plus grande productivité.


Pourtant, les freins sont encore nombreux.  La première inquiétude révélée par l’enquête (pour 62% des personnes interrogées) concerne l'opinion des autres salariés, qui peuvent penser qu'un collègue adepte du travail mobile travaille moins s'il n'est pas au bureau. Suivant le niveau d’ancienneté, on voit aussi émerger des préoccupations différentes : ainsi, 59% des 45-60 ans craignent que le travail mobile ne les pousse à faire plus d'heures. "La peur de trop travailler ou de ne jamais pouvoir "débrancher" est souvent un obstacle majeur pour ce groupe d'âge", analyse l'étude. Par ailleurs, 40% des personnes occupant des postes à responsabilité déclarent craindre de se laisser distraire. Cette tendance est plus marquée au niveau de la direction (36%) qu'ailleurs. 

De meilleures technologies pour faciliter le télétravail

"L'un des leitmotivs qui reviennent souvent lorsqu'on parle de travail mobile est le manque de confiance", note l’étude. "Les employeurs doivent faire confiance à leurs employés, ceux-ci doivent faire confiance à leurs collègues... et tous les travailleurs doivent avoir confiance en eux-mêmes. L'une des premières choses à faire pour que cet impératif devienne réalité est de veiller à ce que la valeur des salariés soit mesurée en fonction de leurs résultats et non pas du nombre d'heures de travail ou de présence."


Pour vaincre toutes les barrières évoquées, certaines solutions sont plus fréquemment citées, notamment le fait d’équiper les travailleurs de technologies faciles à utiliser pour leur permettre de communiquer avec leurs collègues (62%), de veiller à ce que les mêmes politiques soient appliquées à tous les membres de l'entreprise, indépendamment de leur ancienneté ou de leur situation (60%) ou encore de mettre à la disposition des salariés des directives sur la gestion du travail mobile (53%).

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