Le début de la fin du salariat ? Les cadres oscillent entre désir de liberté et sécurité

Emploi

ÉTUDE - Promesse d'autonomie et de liberté, les formes alternatives d'emploi séduisent de plus en plus les cadres, révèle l'Apec ce jeudi. Il est cependant difficile pour eux de quitter la sécurité et le confort du salariat.

Avant, c’était une norme, quasi un Graal : la quête à tout crin du CDI, la course à l'embauche en tant que salarié dans une entreprise. Soufflerait-il aujourd’hui un vent de liberté ? Un besoin de s’aérer ? Les désirs semblent changer et le salariat ne semble plus aussi convoité. Une étude* de l’Association pour l'emploi des cadres (Apec) dévoilée ce jeudi 27 mars vient le confirmer : les cadres cherchent aujourd’hui à concilier sécurité et liberté.

Attention, ceux-ci restent cependant attachés au salariat. Ils le disent dans l’enquête : ce statut est synonyme pour eux de sécurité et de confort, notamment sur le plan économique. "La promesse d’un revenu régulier et la stabilité financière qu’ils peuvent y trouver est importante pour eux", note l’étude, qui indique que percevoir des revenus réguliers est jugé "très important" par 64 % des cadres interrogés. Le besoin est encore plus prégnant chez ceux qui ont entre 35 et 44 ans (71 %), âge où les familles se constituent, s’agrandissent et évoluent.

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Un attachement relatif au salariat

De manière plus générale, au-delà du salaire, les intéressés affichent des attentes très fortes quant à leur vie professionnelle. "Faire un métier qui a du sens, se sentir utile dans son travail, développer ses compétences pour progresser, accomplir correctement ses missions sont des priorités affirmées par les cadres", indique l’étude. 

C'est peut-être ce qui explique aussi que l'attachement au salariat, s'il est marqué, est aussi tout relatif : 57 % des cadres se disent en effet prêts à quitter ce statut de salarié pour d’autres formes d’emploi. Dans le détail, 16 % d'entre eux seraient même prêts à s’engager dans cette voie dans les trois prochaines années avec certitude et 40 % le seraient probablement. 

Attention, ils envisagent de sortir du statut mais sous conditions. "Les prérequis permettant d’y songer concrètement sont principalement de deux ordres. Ils concernent, d’une part, l’existence d’un projet solide et motivant et, d’autre part, la garantie de revenus suffisants et réguliers", observent les auteurs de l'étude. 

Une liberté qui a aussi ses inconvénients

Il est vrai que l'ailleurs est tentant : dans le même temps, les nouvelles formes d’emploi (portage salarial, micro-entrepreneuriat, groupements d'employeurs) se sont développées et bénéficient d'une bonne image auprès des cadres même si, dans les faits, ils en ont une connaissance plutôt limitée. 

Qu’importe si l’image est floue, elle est belle : pour les sondés, ces nouvelles formes d’emploi sont synonymes d’autonomie et de liberté. Les cadres ne versent pour autant pas dans le béni-oui-oui. Ils sont aussi très conscients des inconvénients de ces statuts (insécurité financière, manque de protection sociale, incertitude sur la réussite du projet).

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Un nouveau record pour l'emploi des cadres

Des statuts hybrides ?

Reste que dans les faits, pour l'instant, seule une minorité de cadres (17 %) a déjà expérimenté une forme d’emploi alternative au salariat classique. Quel sont les éléments déclencheurs ? En premier lieu, la rupture de parcours (licenciement économique, période sans activité ou de chômage) pour  54% des sondés. "Ce ne serait donc pas un choix de première intention, mais une alternative envisagée face à la difficulté de trouver ou retrouver un emploi stable et pérenne", analyse l'étude. 

En second lieu, apparaît la tendance du salarié souhaitant renouveler son horizon professionnel en recouvrant une liberté et une autonomie qui peuvent parfois manquer.... tout en limitant la prise de risque en conservant son statut. 37 % des cadres en emploi envisagent ainsi le recours à une forme alternative d’emploi, en plus de leur emploi. 36% le voient même comme un complément, avant de s'y projeter totalement. Car "ils ne semblent pas prêts à se détacher totalement des avantages que le salariat procure", conclut le rapport de l'Apec. Faut-il choisir ? 

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Ces cadres ont choisi un travail manuel et ça leur a réussi plutôt bien !

*Enquête en ligne lancée en novembre 2018 par l'Apec auprès de 1.050 cadres

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