Le salarié de La Redoute mis à pied pour avoir mangé une clémentine débouté par la justice

Le salarié de La Redoute mis à pied pour avoir mangé une clémentine débouté par la justice
Emploi

PRUD'HOMMES - Un préparateur de commandes pour La Redoute contestait la mise à pied dont il avait écopé il y a deux ans car son employeur lui reprochait d'avoir mangé une clémentine à côté de son poste de travail en dehors de l'heure de pause autorisée. Il a été débouté jeudi par le conseil des prud'hommes de Roubaix.

A cause des épluchures et du jus laissé sur son plan de travail, son geste aurait pu détériorer la chaîne de production, selon son employeur. Le 7 novembre 2017, un préparateur de commande pour l'entreprise de vente à distance La Redoute avait mangé une clémentine près de son poste de travail. Il avait ensuite été mis à pied une journée, perdant 70 euros brut de salaire. Une sanction qu'il avait contestée en septembre aux prud'hommes de Roubaix, dans le nord.

Mais ce jeudi, le salarié, qui est également délégué syndical CGT, a été débouté. Une décision, dont les motivations n'ont pas été rendues publiques, qu'il juge "invraisemblable" auprès de La Voix du Nord.

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Une sanction "graduée" pour La Redoute

Ce jour-là, le salarié, qui travaillait depuis 2004 pour le même employeur de vente à distance, avait fait une pause, en dehors du temps prévu de 10h à 10h20, alors qu'il était à son poste de "picking", où les salariés alignés sur une chaîne de production prennent dans des bacs les marchandises importées et les scannent pour les envoyer aux clients, en raison d'une "micro-panne" qui aurait arrêté la chaîne. Selon sa version des faits, il s'était alors reculé pour s’asseoir sur un banc et manger son fruit, puis, "faute de poubelle", avait pris "diligemment" les épluchures avec lui pour les poser sur son poste. L'agente de maîtrise les avait alors repérées, avant de lui infliger la sanction contestée.

Lors de l'audience aux prud'hommes, son avocate, pour qui cette affaire symbolise la "déshumanisation" des conditions de travail du nouvel entrepôt de logistique "Quai 30" depuis la restructuration de l’entreprise et les 1200 licenciement en 2014, avait considéré la sanction comme non proportionnée aux faits reprochés. Mais l’avocate de La Redoute, assurant que l'agrume avait été mangé devant le poste de travail, avait de son côté fait valoir une  sanction "graduée" au vu des risques de "détérioration potentielle de la chaîne" provoqués l’employé. 

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