Le travail déborde toujours davantage sur votre vie perso, mais cela ne vous dérange plus

Le travail déborde toujours davantage sur votre vie perso, mais cela ne vous dérange plus

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(DÉ)CONNEXION – Le groupe Cegos, organisme de formation professionnelle, a publié cette semaine son "Baromètre du climat social et qualité de vie au travail". Troisième volet : l’implication des outils numériques.

Quand c’est nouveau, ça frotte, on n'aime pas... et puis on s’habitue. Et on oublie ses réticences premières. On s'adapte ! Tel pourrait être l'un des enseignements du baromètre "Climat social et qualité de vie au travail" mené par le groupe Cegos. L'organisme de formation a scruté l’imbrication entre vie professionnelle et personnelle à l’heure où les salariés sont de plus en plus connectés. 


La tendance est très nette : le digital a entraîné une hausse du temps de travail sur le temps personnel. Les deux univers sont désormais totalement poreux. "Travailler en dehors de ses heures de travail augmente de plus en plus, et cela touche de plus en plus de populations dans les entreprises", note Isabelle Drouet, experte ressources humaines Cegos. Auparavant, le travail hors du temps de travail était l'apanage des managers et dirigeants. Désormais, la tendance est tout à fait... démocratisée. Pour le bien de tous ?

Ils sont connectés et aiment ça

Etonnament, les sondés semblent s’en accommoder. "L’équilibre vie professionnelle et personnelle est très forte", relève Isabelle Drouet. 84% des salariés déclarent ainsi qu’ils parviennent à préserver un équilibre satisfaisant entre leur vie professionnelle et leur vie privée, un chiffre en hausse de 9 points par rapport à 2015. C’est aussi le cas de 78% des managers (+ 11 points). De même, l’organisation des horaires de travail convient à 81% des salariés et 76% des managers. Quant aux DRH interrogés, ils sont, eux, totalement satisfaits : ils sont 86% (+ 15 points) à penser que la politique RH de leur société permet de préserver cet équilibre et 84% que l’organisation des horaires convient à la plupart des collaborateurs.


"Il y a plusieurs explications", avance Isabelle Drouet. "Les personnes s’organisent sans doute mieux. Certaines aussi lèvent le pied. Mais il y aussi le fait que cela rentre dans les mœurs, dans une nouvelle normalité. Aujourd'hui, les managers disent qu’ils préfèrent regarder leurs mails le week-end plutôt que de crouler sous les messages le lendemain. C'est devenu normal." Sans parler de la part "d'intoxication" aux outils numériques.   

Stress et burn-out toujours élevés

Pour autant, si cette porosité rentre dans les moeurs, le niveau de charge mentale, lui, est bien présent. Ce qui n’est pas sans conséquences sur la qualité de vie, le stress et la santé. Un salarié sur deux et sept managers sur 10 se disent notamment stressés. "Le niveau stagne, grâce notamment à toutes les préventions, mais le chiffre reste très fort", souligne Cegos. A quoi les collaborateurs attribuent leur stress ? Principalement à la charge de travail jugée trop importante et à un manque ou une mauvaise organisation du travail. Ils pointent également un manque de soutien, ainsi que des changements incessants au sein de l'entreprise ou du service. 


Au-delà du stress, un manager et un salarié sur quatre disent que leur travail leur a déjà causé des problèmes psychologiques graves, tels que burn-out et dépression. Là encore, le niveau est stable depuis 2014, mais reste préoccupant.  Et ce, malgré l'arsenal d'outils mis en place au sein des sociétés, de plus en plus sensibilisées aux risques psycho-sociaux. "Une entreprise sur deux a déjà mis en place des mesures", indique Isabelle Drouet. "L'arsenal existe donc, mais est-il efficace ? On parle beaucoup du sujet, on soigne les faits, les conséquences, mais pas la cause. On ne s’attaque pas nécessairement aux vrais problèmes, qui sont la charge de travail et la problématique d’organisation. Ce qu’attendent pourtant salariés et managers."

En vidéo

Peut-on détecter le burn-out ?

> Etude réalisée par l'Observatoire Cegos, en septembre et octobre 20178, auprès d'un échantillon représentatif de 1.160 personnes (salariés, managers, et directeurs ou responsables des ressources humaines), auprès d'entreprises du privé de plus de 100 salariés. 

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