Les discothèques pourraient rouvrir le 10 juillet : à quoi ressemblerait une piste de danse en mode Covid-19 ?

Les discothèques pourraient rouvrir le 10 juillet : à quoi ressemblerait une piste de danse en mode Covid-19 ?
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FOCUS - Depuis le 14 mars, les 2.000 discothèques et les 4.000 établissements de nuit sont fermés dans leur configuration debout, indispensable à leur modèle économique. En prévision d'une hypothétique réouverture en mode dégradé le 10 juillet, les propriétaires réfléchissent à la manière de reconfigurer les lieux pour accueillir le public.

Le 10 juillet. La date focalise toutes les attentes du secteur. C’est ce jour, date de la levée de l’urgence sanitaire, que clubs et discothèques espèrent pouvoir avoir le droit de rouvrir leurs portes. Mais cela sera-t-il possible ? C'est en tout cas pour quoi milite le Comité de filière "nuit, lieux musicaux et festifs et de vie". Il a été créé en mai pour trouver des solutions à ce secteur sinistré, qui regroupe établissements, producteurs et organisateurs d’événements, festivals, artistes et auteurs.

Son cheval de bataille : la réouverture au 10 juillet donc de l’ensemble des établissements en activité debout, "en appliquant des règles qui tiennent compte notamment d’une jauge dégradée à 30%", explique à LCI Frantz Steinbach, fédérateur du Comité de filière "nuit".  Pour les professionnels, c'est une évidence : l’accueil et gestion des publics, c’est leur métier. Il faut les laisser rouvrir, plutôt que voir l’essor de ces fêtes sauvages à l'extérieur que les policiers doivent gérer. "Nous sommes des professionnels sur lesquels l’Etat doit se reposer".

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Si les clubs pouvaient rouvrir, à quoi ressemblerait une piste de danse en mode Covid ? Tout reste à l’état de spéculations et ce sera au gouvernement de trancher. Se profile néanmoins cette jauge de 30% de personne en moins. Le public aurait à disposition du gel hydroalcoolique, la possibilité de porter un masque et une distanciation physique sera mise en place, notamment dans les fumoirs, mais aussi via des circulations au sol, pour gérer les flux et les accès aux lieux.

Mais surtout, vient la grande question, essentielle en clubs ou discothèques : pourra-t-on danser ? Une idée a semblé, au début, tenir la corde : celle d’une réouverture en mode bar, sans piste de danse, mais avec les horaires d’une boite de nuit. Un autre syndicat a émis la proposition de mettre du mobilier et des tables sur la piste. Objectif : que la danse soit possible, en groupe constitué de maximum dix personnes, pour que les clients restent entre eux et s'amusent à proximité de leur table. Le comité de la nuit défend un modèle bien plus simple : "L’idée est que les gens puissent se tenir assis ou debout en fonction de la configuration des établissements.  Nous veillerons à ce qu’on puisse être par petits groupes, pour éviter les contacts trop rapprochés", explique Frantz Steinbach, qui avance la "garantie de nos personnels", pour faire respecter tout cela.

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Cette réouverture en mode dégradé suffirait-t-elle à "sauver" la saison ?  Jean-Roch Pedri, DJ et gérant de plusieurs discothèques dont le VIP Room à Saint-Tropez, interrogé par l'AFP, estime qu’il faut rouvrir, coûte que coûte : "Dans nos métiers, nous pouvons affronter une petite saison mais pas une 'non saison'", dit-il. "Si les clubs ne rouvrent pas la semaine prochaine, ça va être un massacre : on estime que seuls 400 à 500 établissements vont survivre". 

Pour Patrick Malvaes, président du SNPL, Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs, qui participe aux négociations avec le gouvernement, cette question de la réouverture des bars est "purement alimentaire", quasi une "bouée de sauvetage" pour les patrons d’établissements. "Ils n’ont pas de revenus et les salariés sont au chômage. Cela explique la très grande détresse de ce secteur prêt à tout" souligne à LCI Patrick Malvaes.  Il estime que si les conditions de réouvertures sont trop drastiques, seulement "30 ou 40% des propriétaires seraient intéressés". Il aurait aimé, dit-il, qu’on "mette l’accent sur les aides apportées au secteurs, dont il n’a jamais été question" : "Pour l’instant, les professionnels, ont droit au fond de soutien -1500 euros par mois-,  au prêt garanti par l'Etat mais que près d'une discothèque sur deux s'est vu refuser par sa banque ou encore l'assurance côté loyer de ne pas être mis dehors. Mais tout est très instable, et il n'y a aucune perspective...".

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