Les DRH sont-ils déconnectés des attentes et problèmes des salariés et managers ?

Les DRH sont-ils déconnectés des attentes et problèmes des salariés et managers ?

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CLIMAT SOCIAL – Le groupe Cegos, organisme de formation professionnelle, vient de publier son "Baromètre du climat social et qualité de vie au travail". Cinquième et dernier volet : les DRH et la perception qu’ils ont des problématiques des salariés. Ce n'est pas fameux...

Ils sont plus optimistes. Leur monde semble plus rose, avec des salariés plus motivés et des managers mieux payés qu’en vrai. Sont-ils déconnectés ? Ou prennent-ils leurs souhaits pour des réalités ? Sont-ils trop confiants dans l’efficacité de leurs actions ? Le baromètre "Climat social et qualité de vie au travail", publié par Cegos mardi, permet de se poser la question étant donné les décalages persistants entre le vécu des salariés-managers et le ressenti des services des ressources humaines.


L’écart se révèle notamment sur tous les sujets liés à la mobilité interne ou à l’information des collaborateurs. Ainsi, alors que moins d’un salarié sur trois estime être informé de l’évolution des métiers au sein de son entreprise, 87% des DRH sont convaincus que les collaborateurs le sont bien. Et toujours à 87%, ils considèrent que la direction donne aux managers les moyens de développer les compétences de leur équipe. Pourtant, seuls 55% des salariés et 61% des managers se disent satisfaits de la façon dont leurs compétences sont développées. 

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Immersion dans le monde sans pitié des DRH

Un domaine d'action de plus en plus large

Décalage également sur "l’employabilité" et la capacité à acquérir les compétences nécessaires pour s'adapter à de nouvelles formes de travail. Là encore, les DRH sont fortement satisfaits de leurs initiatives, en terme de formation sur les métiers, d’actions d’information spécifique ou encore d’expérimentation de nouvelles pratiques professionnelles... Des choses absolument pas ressenties dans les mêmes proportions sur le terrain.


Isabelle Drouet, experte RH chez Cegos, estime que "ces décalages de perception ne sont pas surprenantes : les DRH-RH ont souvent une vision 'macro', tendancielle de l’entreprise, basée sur des indicateurs, alors que les salariés et managers se réfèrent à leur vécu au quotidien sur le terrain", analyse-t-elle. Le décalage peut s’expliquer aussi, selon elle, par le fait que, à l’ère des grandes transformations en entreprise, le périmètre d’action des ressources humaines s’élargit toujours plus, entre le prélèvement de l’impôt à la source, la mise en place du nouveau CSE (Conseil social et économique) ou la prévention des inégalités hommes femmes. "Les DRH ont beaucoup de sujets à porter. Ils sont dorénavant au cœur de dynamiques tentaculaires, sur lesquels on leur demande d’agir", estime l'experte. "Ils sont à la fois dans l’opérationnel et la stratégie, et ne sont peut être pas assez sur le terrain. Ont-ils pris la mesure des urgences ? Ont-ils de réelles marges de manœuvre ? les questions se posent."

> Etude réalisée par l'Observatoire Cegos, en septembre et octobre 20178, auprès d'un échantillon représentatif de 1.160 personnes (salariés, managers, et directeurs ou responsables des ressources humaines), auprès d'entreprises du privé de plus de 100 salariés. 

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