Les entreprises appelées à fournir des masques lavables "made in France" à leurs salariés

Les entreprises appelées à fournir des masques lavables "made in France" à leurs salariés
Emploi

STRATÉGIE - Le gouvernement veut convaincre les entreprises de fournir des masques en tissu à leurs salariés plutôt que des masques chirurgicaux importés, face aux "surcapacités" dénoncées par certains industriels français reconvertis dans la fabrication de masques.

Des masques "made in France" pour tous les salariés ? C’est ce que souhaiterait le gouvernement, alors que qu'environ 450 entreprises françaises se sont converties à la fabrication de masques durant la crise sanitaire, parfois au prix d'investissements supplémentaires. Au point qu’il y a des "surcapacités", dénoncées par certains industriels français : "Il y a 10% des entreprises qui se retrouvent avec des stocks sur les bras" aujourd'hui, a expliqué lundi la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher sur RTL. Une réunion se déroulera lundi après-midi avec "l'ensemble de la filière" pour "préparer le plan d'action futur", a-t-elle ajouté.

C’est une des raisons pour laquelle le gouvernement veut donc s'efforcer de convaincre les grandes entreprises d'équiper leurs employés en masques réutilisables "made in France", tout en musclant les stocks publics en masques tissus. "Nous avons une mission (...) dont l'objectif est de convaincre les gros acheteurs de passer du masque à usage unique au masque textile lavable réutilisable, et d'expliquer que c'est bien un équipement de protection individuelle", a-t-elle martelé.

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Les commandes s'écroulent littéralement- Eric Boël, dirigeant de Tissages de Charlieu

Un message qu'elle a notamment spécifiquement adressé à La Poste, précisant qu'il s'agissait d'une "transition essentielle". "Ce produit n'existe que depuis deux mois, donc je peux comprendre que les employeurs n'aient pas fait tout le travail" d'identification des produits homologués, et "les organisations syndicales ont pu à certains endroits être méfiantes", a-t-elle reconnu.

Par ailleurs, "l'Etat a passé des commandes vers des masques 100% français", d'autant qu'"un masque tissu (...) se conserve plus longtemps : il est plus rare d'avoir des moisissures sur un T-shirt que sur un masque chirurgical à usage unique", a-t-elle fait valoir. 

La secrétaire d’Etat réagissait notamment aux déboires de l'entreprise Tissages de Charlieu, qui a tôt rejoint "l'effort de guerre" de production de masques en France. Le dirigeant, Eric Boël, a déploré sur RTL : "ll y a visiblement une offre pléthorique qui fait que les commandes s'écroulent littéralement (...) On se retrouve dans une situation compliquée, on a investi un million d'euros pour augmenter notre capacité" et "on a cette semaine un million de masques en stocks", invendus.

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La secrétaire d'Etat a également indiqué qu'une mission "de plus long terme confiée à quatre professionnels" a été lancée pour "travailler à l'installation de textile durable en France", alors que le gouvernement avait encouragé l'accélération de la production de masques en tissu en France pour garantir l'approvisionnement du pays à l'approche du déconfinement.

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