Les "soft skills" sont à la mode : disposez-vous de ces compétences pouvant faire la différence auprès d'un recruteur ?

Les "soft skills" sont à la mode : disposez-vous de ces compétences pouvant faire la différence auprès d'un recruteur ?

Emploi
DirectLCI
CV - Le site d'offres d'emplois Monster a interrogé les responsables RH sur la question des "soft skills". S'ils semblent convaincus de leur importance, l’enquête révèle cependant les disparités dans leur prise en compte lors des phases de recrutement ou encore sur les qualités privilégiées dans le monde du travail.

En matière de recrutement, les soft skills ont le vent en poupe. Les soft skills, par opposition aux hard-skills, les compétences techniques validées par une formation, ce sont les "compétences émotionnelles", voire les qualités humaines intrinsèques qui font la personnalité d'un individu. Tout l’avantage de l’homme sur la machine. Mais si le terme est autant à la mode dans l’univers des RH et recruteurs, est-ce que cet engouement se vérifie réellement dans le monde du travail ? 


Monster, le site d’annonce d’emplois, a mené l’enquête auprès de responsables RH français. Et des disparités apparaissent dans la prise en compte de ces compétences lors des phases de recrutement, d’évaluation ou encore sur les qualités privilégiées dans l'entreprise. En France où le sacro-saint diplôme prévaut, 37% des recruteurs intègrent tout de même pleinement ces compétences humaines dans leur politique. Elles constituent même un critère d’embauche déterminant pour plus de la moitié des professionnels des RH (52%). Il apparaît aussi qu’à formation et expériences professionnelles égales, les soft skills font souvent la différence entre les candidats.

Les RH semblent peu armés pour déceler ces compétences

D’après les RH interrogés, les soft skills les plus appréciées sont l’adaptabilité et l'agilité. Viennent ensuite l’esprit d’équipe ainsi que la rigueur et l’organisation qui sont les "compétences douces" les plus valorisées. "Peu surprenant dans un marché de l’emploi en profonde mutation où l'on nous promet un grand chambardement des métiers et de l’emploi avec la révolution numérique et l’impact de l’Intelligence artificielle", analyse l’étude. 


Malgré l’importance qu’ils y accordent, les recruteurs sont cependant peu armés pour déceler ces compétences. Parmi les méthodes utilisées pouvant faire office d’aide à la décision, les tests de personnalité sont privilégiés par 35% des répondants, ainsi que la e-reputation des candidats. Un recruteur sur 6 (16%) reconnaît ainsi s’être rendu sur leurs profils sur les réseaux sociaux pour repérer les traits de personnalité qui pourraient faire la différence.


Pourtant, malgré toute l’attention accordée aux compétences comportementales, les entreprises ne sont que 52% à les évaluer systématiquement lors du recrutement. Et une fois dans l’entreprise, c’est pire. Plus de 70% des sociétés répondantes ne disposent pas de module de formation pour les développer, alors que les salariés sont plutôt en demande. Or ces soft skills sont un réel enjeu pour l’évolution des carrières : près d’un recruteur sur deux (45%) affirme les prendre en compte à l’occasion des évaluations de fin d’année. A l’inverse, ils sont un peu plus d’un tiers (36%) à penser qu’elles n’ont pas encore leur place dans les grilles d’évaluation annuelle. 

En vidéo

Immersion dans le monde sans pitié des DRH

Un enjeu pour l'évolution de carrière

Les soft skills suscitent donc aussi des débats dans l’univers RH. Est-ce une véritable opportunité pour la culture d’entreprise ? Ou un effet de mode ? 86% des sondés estiment qu’elles permettent de créer une dynamique au sein d’une même équipe ou de l’entreprise et in fine de devenir un véritable levier de fidélisation et de motivation.  Mais des voix s’élèvent également pour dénoncer un potentiel effet de mode et d’éventuelles dérives. Un sentiment qui semble être partagé par une minorité des interrogés (8%) qui pointent des risques : recrutement de profils identiques, standardisation des équipes, mise à l’écart des personnalités plus réservées…


Quoi qu’il en soit, ces compétences semblent avoir de beaux jours devant elles. Pour 9 recruteurs sur 10, elles vont continuer à prendre de l’importance. "Il est loin le temps où le diplôme était roi, les carrières préétablies et les évolutions sans surprises", indique Monster. "Outre leurs besoins de changement, les actifs n’hésitent plus à avoir recours à des formations courtes et professionnalisantes ou à se reconvertir.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter