Macron face aux patrons : l'appel du pied de l'Elysée pour mobiliser les entreprises sur l'emploi

Macron face aux patrons : l'appel du pied de l'Elysée pour mobiliser les entreprises sur l'emploi

Emploi
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EMPLOIS JEUNES – Le chef de l’Etat réunissait, mardi 17 juillet les grands patrons français à l’Elysée, quelques jours après son discours devant le Congrès. Objectif : les appeler à renforcer l’apprentissage et les embauches en provenance des quartiers en difficulté.

"Un pays ne peut pas réussir quand seuls quelques-uns réussissent. Quelque chose ne va pas quand, à talent équivalent, selon la couleur de peau ou le patronyme, on n’a pas les mêmes chances d’accès" Devant les 100 patrons des plus grandes entreprises de France, et alors que les dernières enquêtes font toujours état de discriminations raciales à l'embauche, a appelé au concours des entreprises pour créer de l’emploi, à l'occasion d'une réunion baptisée "La France, une chance. Les entreprises s’engagent". 


Comme il l’avait annoncé le 9 juillet dernier devant le Congrès, Emmanuel Macron a demandé aux entreprises de s’engager non pas par la loi, mais "par des engagements actifs, immédiats, visibles, de création d’emploi, d’embauche d’apprentis". Un appel du pied de l’exécutif pour que les entreprises réagissent à la multiplication des réformes, dont celle du Code du Travail, de la formation professionnelle, de l’ISF ou la loi Pacte, censées les inciter à réduire les freins à l'embauche. Et qui vient s'ajouter aux annonces, en novembre dernier, prévoyant la création de dispositifs d'emplois francs pour insister ces entreprises à diversifier leur recrutement.

Des avancées pour les jeunes

Emmanuel Macron s’est félicité des 30.000 stages à pourvoir pour les jeunes de 3e dès l’année prochaine, proposition contenue dans le plan banlieue proposé au mois de mai, après avoir refusé celui concocté par Jean-Louis Borloo. Parmi eux, 15.000 stages attribués dans les services de l’Etat, et 15.000 autres dans les entreprises, dont 1500 pour BNP-Paribas, 6000 pour Accor ou 1300 pour la fédération des BTP. 


Certaines initiatives déjà existantes ont été saluées par l’Elysée, comme l’association Article1, qui aide à l’orientation de 40.000 jeunes par an, ou Viensvoirmontaf, "le réseau pour les jeunes sans réseau", qui veut permettre aux collégiens, qui ne savent pas où ni à qui demander, de faire leur stage de 3e dont ils rêvent.

L'appel entendu par les patrons ?

Quand force n'est pas à la loi, il faut alors s'appuyer sur ses interlocuteurs pour voir sa volonté être concrétisée. Emmanuel Macron pourra visiblement compter sur l'appui du PDG de Total, Patrick Pouyanné. L'intéressé a ainsi promis que 5% des effectifs du premier groupe français seront consacrés aux apprentis, notamment en réduisant l’intérim. "L’Etat ne peut pas tout, les entreprises doivent s’engager", a reconnu le PDG. 


Ce mercredi prochain, un point d’étape de la stratégie gouvernementale pour les quartiers en difficulté sera fait lors du conseil des ministres. De quoi avancer suite à la remise du rapport de Jean-Louis Borloo, qui a "alimenté la réflexion du gouvernement", selon l’Elysée. 

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