Meneur, contestataire, détaché, opportuniste... Quel salarié êtes-vous dans votre relation à votre entreprise ?

Emploi
DIS MOI QUI TU ES...– Une enquête de l’institut CSA Research définit six types de relation qu’ont les salariés à leur entreprise. Il apparaît notamment que, toutes catégories confondues, la défiance règne : 44% des collaborateurs n’ont ainsi pas confiance dans leurs dirigeants ni dans leurs orientations stratégiques.

La défiance règne. Telle pourrait être la conclusion de l’étude menée par l’Institut CSA Research, qui a exploré les relations entre salariés et dirigeants au sein de leur entreprise. Et ajoute qu’il y a un véritable "enjeu à renouer avec des relations de confiance" entre les collaborateurs.


En effet, si la fierté au travail existe bel et bien (78% des salariés sont fiers de travailler pour leur entreprise ou leur administration), la confiance est plus fragile, puisque 44% déclarent ne pas avoir confiance dans leurs dirigeants

 ni dans leurs orientations stratégiques. 


Cette enquête identifie ainsi six profils de salariés dans les grandes entreprises et administrations françaises, selon ce qu'ils sont plus ou moins bien intégrés dans leur société. 

Les groupes bien intégrés dans l'entreprise

> Les "Meneurs" (19% des salariés interrogés) : Ils expriment un enthousiasme très fort à l’égard de leur entreprise (100% sont fiers d’y travailler, 99% adhèrent à ses valeurs, 90% sont prêts à recommander ses services) et une confiance appuyée dans leurs dirigeants (95%).  


> Les "Passionnés" (21%) : Ils oscillent entre un très fort attachement à l’entreprise (91% en sont fiers, 84% adhèrent à ses valeurs, 82% recommandent ses services) … et une confiance molle (54%) vis-à-vis des dirigeants. 


> Les "Opportunistes" (18%) : Des salariés satisfaits de leur travail, confiants dans leurs dirigeants. Ils sont à la recherche de challenges, engagés dans leur carrière, sans doute moins pour leur entreprise. Un profil proche des "meneurs", si ce n’est qu’ils semblent un peu plus jeunes (21% des meneurs ont plus de 55 ans, vs. 12% des "opportunistes"). 

Trois groupes plus éloignés, voire en rupture

> Les "Contestataires" (14%) : Critiques, ils expriment une grande défiance à l’égard de leurs dirigeants (seuls 23% ont confiance en eux et 22% dans les grandes orientations). Mais ils apparaissent malgré tout attachés à leur métier (55% adhèrent à la culture de leur entreprise ou administration, 66% en sont fiers). 


> Les "Détachés" (16%) : Des salariés qui mettent leur travail à distance. Ni franchement négatifs, ni très enthousiastes, ils expriment une confiance faible à l’égard de leurs dirigeants, mais la recommandation de la marque employeur est encore majoritaire. C’est aussi le groupe où la proportion de ceux qui sont en contact direct avec les clients / usagers est la plus faible (57% tout de même contre 70% pour l'ensemble). 


> Les "Opposants" (12%) : Des salariés en rupture qui expriment une grande défiance à la fois à l’égard de leur travail et de leur entreprise. Il s’agit le plus souvent de collaborateurs qui n’ont pas encore atteint le milieu de carrière et qui sont davantage représentés dans les petites villes. Leur rapport au travail et à l’entreprise est très dégradé. Ils expriment le besoin d’être écoutés et de retrouver du sens dans leur travail.

En vidéo

VIDÉO - Infographie : les salariés et l'open space

Un trou d'air dans l'engagement en milieu de carrière

Plus globalement, l'enquête montre que le milieu de carrière constitue un "trou d’air" dans l’engagement des salariés vis-à-vis de leur société. Ainsi, les 35-44 ans sont les moins engagés, tandis que les plus engagés se retrouvent aux deux extrêmes de la pyramide des âges (indice de 68,2 chez les 18-29 ans et de 64 chez les plus de 55 ans).


Autre variable très discriminante : le secteur. Les salariés du secteur privé sont plus engagés que ceux des entreprises publiques ou encore de l’Etat et des collectivités locales. Parmi les leviers d’action pour agir sur l’engagement, l’étude révèle que plus le caractère innovant de l’entreprise est perçu par les salariés, plus ils se sentent engagés. 


Par ailleurs, le digital a aussi un impact dans la mécanique de l’engagement, jouant sur la motivation, la projection, la satisfaction au travail, la confiance dans son avenir au sein de l’entreprise. Il représente pour certains employés une menace, pour d’autres des opportunités. 

> Etude online réalisée par CSA du 31 janvier au 12 février 2018 auprès d’un échantillon de 1 001 salariés français travaillant dans des entreprises de plus de 250 salariés, construit selon la méthode des quotas appliquée à la taille et au secteur d’activité de l’entreprise ainsi qu’au sexe, à l’âge et à la région d’habitation du salarié. 

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