Discrimination à l’embauche : le nom des entreprises épinglées sera bien divulgué

Discrimination à l’embauche : le nom des entreprises épinglées sera bien divulgué
Emploi

"NAME AND SHAME" – Le gouvernement, qui a reçu au début du mois les résultats d’une campagne de testing mettant en évidence une discrimination à l’embauche "significative" au sein de plusieurs grandes entreprises françaises, semblait rechigner à donner le nom des fautives. Marlène Schiappa annonce ce lundi matin sur RTL que ce sera bien le cas.

Le gouvernement va bien utiliser l’arme du "name and shame" pour lutter contre la discrimination à l’embauche. Après avoir reçu au début du mois les résultats d’un testing réalisé auprès de 103 grandes entreprises françaises, il avait d'abord semblé vouloir temporiser avant de de dévoiler le nom des 5 à 15 d’entre elles épinglées dans le cadre de cette campagne pour leur traitement inégalitaire des candidatures. "L'idée est que ce testing nous serve de base de travail, pour amener les entreprises concernées à changer leur comportements. Nous en sommes à la première étape, qui est de discuter avec elles", nous déclarait-on alors ainsi au ministère du Logement et de la Ville. Mais Marlène Schiappa a fait résonner un autre son de cloche ce lundi matin sur RTL. 

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes a en effet indiqué qu'une "stratégie gouvernementale" contre les discriminations à l'embauche serait présentée le 6 février. Et alors qu'on lui demandait si des entreprises seraient "dénoncées" et si "une liste" serait dévoilée, la ministre a répondu : "Oui, tout à fait", avant de plaider pour "poursuivre les testings et les publier". Son entourage a toutefois ensuite précisé que dans cette réponse, il n'était pas fait "mention de date".

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L'étude qui est sur la table du gouvernement depuis le début du mois a mis en évidence "une discrimination significative et robuste selon le critère de l'origine à l'encontre du candidat présumé maghrébin". Elle a été réalisée sur la base d'une campagne de tests anonymes menée entre octobre 2018 et janvier 2019 auprès de 103 grandes entreprises parmi les 250 plus fortes capitalisations de la bourse de Paris, à la demande du gouvernement, par une équipe de chercheurs de l'université Paris-Est-Créteil. Ceux-ci ont fait plus de 8.500 tests en combinant des candidatures et des demandes d'information, à la fois en réponse à des offres d'emploi ou de façon spontanée. Lors de chaque test, deux profils fictifs identiques étaient envoyés, l'un avec un prénom et nom d'origine maghrébine (comme Hicham Kaidi ou Jamila Benchargui), l'autre avec un patronyme d'origine française (comme Julien Legrand ou Emilie Petit). "Les candidats nord-africains ont près de 20% de réponses en moins que les candidats français", ont notamment constaté les chercheurs, qui ont au final identifié "entre 5 et 15 entreprises discriminantes".

Cette campagne avait été lancée après les promesses du candidat puis président Emmanuel Macron de "pénaliser les discriminations à l’embauche". En novembre 2017, lors d’un discours à Tourcoing sur le thème de la politique de la ville, le chef de l'Etat s'était même engagé à "rendre publics les noms des entreprises les plus délinquantes en la matière", comme le font les Anglo-Saxons avec leur pratique du "name and shame" : littéralement "nommer et couvrir de honte" les sociétés épinglées. 

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