Nokia France veut supprimer plus de 1200 postes en France

Dans quelques mois, les salariés de Nokia sur le site de Lannion ne seront plus que la moitié des effectifs actuels. C'est une annonce faite ce lundi matin par l'équipementier alors que tous les employés sont encore en télétravail.
Emploi

EMPLOI - L'équipementier télécoms finlandais Nokia a annoncé lundi dans un communiqué la suppression en France de 1.233 emplois de sa filiale Alcatel-Lucent, soit un tiers des effectifs de cette entreprise dans l'Hexagone.

La nouvelle est tombée ce lundi par un communiqué : Nokia, l'équipementier télécoms finlandais va supprimer en France un tiers de ses effectifs, soit 1.233 emplois de sa filiale Alcatel-Lucent.

Ces suppressions de postes concernent la recherche et développement (R&D) et les fonctions centrales sur les sites de Paris-Saclay et de Lannion (Côtes d’Armor). Les trois filiales françaises Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN) ne sont donc pas concernées.

Un fleuron français racheté en 2015

Le groupe prévoit ainsi de supprimer 402 postes à Lannion, dans les Côtes-d'Armor et 831 à Nozay en Essonne. "C'est une catastrophe", a dénoncé Bernard Trémulot de la CFDT. "Ce sera le quatrième plan de licenciements collectifs depuis que Nokia a racheté Alcatel-Lucent début 2016", a relevé dans un communiqué l'intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC d'Alcatel-Lucent.

Selon le communiqué diffusé, le groupe prévoit un plan de départs volontaires et "des solutions de reclassement". Nokia avait racheté Alcatel-Lucent en 2015 ; un rachat qui avait été surveillé à l'époque étroitement par le gouvernement, et le ministre de l'Economie de l'époque, Emmanuel Macron.  Le groupe finlandais s'était notamment à l'époque engagé à préserver les emplois en France pendant deux ans et à y développer les équipes de recherche et développement pour faire du pays une référence au sein du groupe pour la nouvelle génération de télécommunication mobile, la 5G. Mais, a fait valoir une porte-parole, le groupe est depuis ce mois-ci libéré de ces engagements. 

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"Améliorer la productivité sur un marché compétitif"

Le président de Nokia en France, Thierry Boisnon, cité dans le communiqué du groupe, se veut toutefois rassurant envers la France : "Nokia continuera à être un employeur important en France avec un ancrage solide au niveau de la R&D, des ventes et des services", indique-t-il. "La France restera un pôle de R&D déterminant au sein de Nokia, principalement autour du développement des technologies 5G et de la transmission par faisceaux hertziens, ainsi que dans la recherche avancée".

Mais pour l'intersyndicale, ce nouveau plan social "fait voler en éclats les engagements de Rajeev Suri", le PDG de Nokia, "envers Emmanuel Macron, ministre de l'Economie en 2015", avant la finalisation du rachat d'Alcatel-Lucent. "Ce quatrième plan social de l'ère Nokia est une trahison, pas seulement pour les salariés, mais aussi pour les politiques. Tout le monde doit se sentir trahi", a estimé Bernard Trémulot, de la CFDT. Le troisième plan social, portant sur plus de 400 postes, "n'est pas encore terminé", a-t-il relevé.  Parmi les salariés, "il y a beaucoup de rage. Ce n'est pas le Covid-19" qui provoque ce nouveaux plan, a poursuivi le délégué CFDT. Dès "le 16 mars, tout le monde était en télétravail, tout le monde a continué à bosser. Il n'y a pas eu d'arrêt des activités. On a même sorti des produits en avance sur les plannings". Ce plan social est "purement financier", accuse-t-il.

Bercy s'est exprimé officieusement dans l'après-midi sur le sujet : Nokia doit "améliorer très significativement" son plan social. Le ministère de l'Economie indique que le gouvernement va travailler avec les salariés d'Alcatel-Lucent pour faire à Nokia des contre-propositions et montrer que la France était un pays attractif.

Selon les mots du groupe Nokia, ces réductions d'effectifs ne seraient donc pas une conséquence de la crise du coronavirus, mais s’inscrivent dans le cadre d’un plan mondial de réduction des coûts lancé en octobre 201, pour  "intensifier ses efforts pour améliorer sa compétitivité et garantir sa performance à long terme". Il a déjà mis en oeuvre dans plusieurs pays, "dans un contexte de marché où la pression sur les coûts demeure très importante". "L'objectif est d'accroître l'efficacité opérationnelle, d'améliorer la productivité et de gagner en agilité en matière de R&D, afin de renforcer la position concurrentielle et garantir la performance à long terme du groupe", souligne Nokia.

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