"On ne part pas en vacances pendant le confinement" : ça veut dire quoi pour les plateformes type Airbnb ?

"On ne part pas en vacances pendant le confinement" : ça veut dire quoi pour les plateformes type Airbnb ?

ZOOM - Alors que la zone C est en vacances ce vendredi, Christophe Castaner a indiqué aux "préfets des zones touristiques de vérifier le niveau de location et d’occupation des Airbnb et autres offres locatives". A la différence des hôtels, ces plateformes sont en effet encore ouvertes.

"On ne part pas en vacances pendant le confinement." Quelques jours avant les départs de la zone C, la première à profiter des vacances de printemps à partir de ce vendredi soir, le gouvernement a été très clair. Car, le beau temps aidant, les semaines passant, certains ont pu se prendre à rêver : pourquoi ne pas passer les vac…, pardon, la suite du confinement dans un autre endroit, et pourquoi pas – soyons fous, au bord de la mer ?

C’est justement ce que tente d’endiguer depuis le début de semaine l'exécutif. Mercredi sur LCI, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a strictement rappelé les règles : "On ne part pas en vacances pendant la période de confinement. A la fois on s’expose, et on expose ses proches et on exposera aussi le territoire où l’on se rendra." Les contrôles seront renforcés, sans pitié : "A défaut de justificatif valable, les voyageurs seront verbalisés pour non-respect des mesures de confinement et ne seront pas autorisés à poursuivre leur route, à prendre leur train ou leur avion. Notre objectif n’est pas de dresser des contraventions, mais de faire que les Français restent chez eux pour se protéger." Dans cette optique, Christophe Castaner a notamment demandé "aux préfets des zones touristiques de vérifier le niveau de location et d’occupation des Airbnb et autres offres locatives". 

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Injonctions contradictoires ?

Les plateformes d’hébergements touristiques sont donc sous surveillance pendant ces vacances de printemps. Car à la différence des hôtels, elles ne sont pas soumises à l’interdiction d’ouverture. Mais que veut dire la déclaration du gouvernement, concrètement ? 

Pour l’instant en effet, ces sites continuent donc de tourner. Mais le gros enjeu aujourd’hui, rappelle l’ Union nationale pour la promotion de la location de vacances (UNPLV), est d’accompagner les utilisateurs, pour reporter annuler ou se faire rembourser leur séjour. Voire enregistrer des réservations pour les mois qui suivront le déconfinement.  Pour le reste, si toutes affichent la priorité de "respecter ce qu'a dit le gouvernement", elles n'ont pas eu de consignes plus claires et sont comme prises dans des injonctions contradictoires : la location de vacances n’est pas interdite, mais il faut respecter le confinement. La plupart passent donc par de la sensibilisation.

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Essentiellement de la prévention

Abritel rappelle ainsi aux voyageurs à chaque fois que "ce pays ou cette région fait l’objet de restrictions de voyage liées au Covid-19". La plateforme invite aussi les "propriétaires à bloquer temporairement leur calendrier pour les périodes pendant lesquelles les déplacements sont restreints". En revanche, "il est toujours possible de réserver des locations pour plus tard dans l’année". Pour l’heure, "la priorité est d’accompagner au mieux les vacanciers et propriétaires désirant ou devant annuler les réservations pour des séjours à venir, notamment pendant les vacances de printemps", nous répond-on. 

De son côté, Airbnb indique à LCI être en contact avec les autorités et le ministère sur le sujet et se conformer à toute nouvelle directive, s’il y en a. Mais jusqu’à nouvel ordre, les réservations de meublés touristiques sont toujours possibles. "Nous encourageons nos utilisateurs à respecter les règles édictées par le gouvernement, qu’il s’agisse du respect des gestes barrières ou des obligations relatives au confinement." Comme pour Abritel, Airbnb a étendu sa politique de cas de force majeure pour permettre un remboursement complet des voyageurs et aux hôtes d'annuler sans frais ni impact sur leur statut de Superhost. La plateforme tient aussi à rappeler l’initiative Appart solidaire, lancée en partenariat avec le gouvernement : une plateforme d’hôtes qui proposent gratuitement leur logement pour venir en aide aux soignants. En une semaine, plus de 5.000 logements entiers ont étés proposés et  11.000 nuitées réservées par du personnel soignant.  

Toujours des annonces

Reste que malgré cela, pour tout confiné en quête d’air frais, une rapide recherche sur ces plateformes, pour un départ ce dimanche et un retour vendredi prochain, offre tout de même de jolies possibilités. Vous aurez ainsi le choix entre un "ravissant appartement au calme avec vue sur le bassin d’Arcachon", un si "joli appartement avec terrasse et vue panoramique a proximité de Saint-Tropez", un  "charmant pied à terre à Perros-Guirec" ou même ce "Penthouse romantique dans le centre médiéval de Bruges (ndlr : en Belgique) avec jardin sur le toit et garage gratuit"...  Dans certains cas, il y a même des réductions... Allez, on peut juste rêver…

Quoi qu'il en soit, sur l'activité qui pourrait continuer à subsister, les plateformes restent plus discrète. La location a-t-elle continué depuis le 17 mars ? Pas d’analyse, ni de commentaire "sur l’impact potentiel du Covid-19", nous répond-on. Mais les choses sont claires : les vacances de Pâques sont perdues, plus de doute là-dessus et les professionnels semblent en avoir fait leur deuil. Désormais, le prochain enjeu, ce sont les vacances d’été. 

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