Perpignan : les salariés d'un sous-traitant d’Amazon font grève, l’entreprise déménage (en douce) pendant la nuit

Perpignan : les salariés d'un sous-traitant d’Amazon font grève, l’entreprise déménage (en douce) pendant la nuit
Emploi

SOCIAL - A Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, les salariés de B2S Transport ont découvert vendredi matin que leur employeur avait déménagé toute l’entreprise dans la nuit.

Ils sont arrivés, vendredi matin, pour travailler. Et ont découvert des entrepôts vides. Pendant la nuit, leur employeur avait tout déménagé. Choc, stupeur.

L’histoire - ou plutôt le conflit - se passe à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, au sein de B2S Transport, une société qui sous-traite notamment les colis d’Amazon.

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L'employeur disparaît

La veille, le jeudi, les salariés - ils sont une cinquantaine - avaient fait grève, se mobilisant contre des conditions de travail jugées "infernales", explique le site de France 3 Occitanie, qui rapporte l’histoire. 

La réponse a été nette : plus d’instrument de travail. L'employeur aurait, d’après les salariés, déménagé les camions de livraison à Béziers. Deux jours de suite, vendredi et samedi, les employés, qui veulent par ailleurs saisir l'Inspection du travail, ont fait venir un huissier pour constater le déménagement de l’entreprise et leur présence. "Je pense que notre employeur veut fermer le site de Perpignan donc il a décidé de tout décharger à Béziers, et laisse les employés qui sont encore en poste sans rien. Nous  ne travaillons pas, nous n’avons reçu aucun courrier, nous nous présentons là, tous les matins, devant un dépôt qui est fermé", raconte ainsi une employée. 

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Licenciements abusifs ?

Depuis le début du mois, le ton montait. France 3 rapportait ainsi le 3 janvier le blocage d’un camion de livraison Amazon par des manifestants. Le dépôt avait également été bloqué. Cette action visait à dénoncer des licenciements jugés abusifs chez ce sous-traitant, après la période des fêtes. Plusieurs salariés en CDI avaient en effet indiqué avoir reçu une convocation et redoutaient, selon France 3 Pyrénées, un licenciement pour faute grave. "Faux prétexte", selon la CGT locale, qui disait y voir surtout un moyen de "pouvoir se débarrasser à moindre frais du personnel". En effet, le pic des fêtes passé, le nombre de colis a diminué, et les besoins en chauffeurs également.

Contactée par France 3, la direction avait alors nié les faits, tout en admettant que cinq salariés serzint prochainement convoqués, sans préjuger d’éventuelles sanctions. Deux pour des "dégradations importantes sur les véhicules de la société", rapporte L'Indépendant, et trois autres "pour des colis qui n'ont pas été livrés aux clients". La direction avait aussi reconnu qu'elle allait mettre fin à 20 contrats de salariés en période d’essai, "parce qu’ils ne conviendraient pas." Au total, le site comptait une cinquantaine de salariés.

Les salariés font donc désormais face à un employeur fantôme. Samedi, un responsable de secteur, lui aussi contacté par France 3 Occitanie, a rejeté la faute sur "un petit groupe, un noyau dur" de salariés. "Je leur avais dit : si vous bloquez le dépôt, on va tout perdre ! Et on a tout perdu !". Il a affirmé que le site de Perpignan restera fermé, "étant donné qu’il n’y a plus aucune activité." 

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