Plan social chez Air-France : pour d'autres compagnies, la situation est bien pire

Deux A380 de British Airways sont stationnés à l'aéroport de Châteauroux-Deols (CHR) le 22 mai 2020. La compagnie anglaise a été durement touchée par la pandémie
Emploi

ECONOMIE - Après le coup de massue de la crise du covid-19, Air france a annoncé un "plan stratégique" qui se traduira pas la suppression de milliers de postes. La compagnie française n'est évidemment pas la seule à souffrir. Pour certaines de ses concurrentes, la situation est bien pire.

84 milliards de dollars. C'est le montant total estimé des pertes pour les compagnies aérienne dans le monde à cause de la crise liée au coronavirus.  Un coup de massue qui provoque des annonces de suppressions de postes en cascade. Air France - dont le chiffre d'affaires mensuel  est passé de 1,4 milliard à peine 100 millions en avril - a ainsi annoncé la mise en place d'un plan stratégique qui comprendra la suppression de plusieurs milliers de postes. Les syndicats évoquent le chiffre de 8000 à 1000 postes supprimés mais celui n'est pas à ce jour, confirmé.  Air France souffre-t-elle plus que ses concurrentes ? 

Suppressions de postes par milliers

British Airways (qui détient aussi Vueling et Iberia) a annoncé la suppression de 12 000 postes environ soit 30% de ses effectifs. De son côté la Lufthansa, en grave difficulté et aussi propriétaire de Brussels Airlines, Swiss International Air Lines, Austrian Airlines, a annoncé une suppression de 22 000 postes, soit 16 % de ses effectifs mondiaux. La compagnie allemande a par contre précisé vouloir éviter "dans la mesure du possible" des licenciements secs.  En Europe, les compagnies britanniques Easy Jet (4500) et RyanAir (3000), la scandinave SAS (5000) et l'Islandaise Icelandair (2000) ont également suivi l'exemple des suppressions de postes.  

En dehors du contient européen, les plans de suppressions de postes se multiplient également. Air Canada va ainsi supprimer plus de la moitié de ses effectifs (au moins 19.000 employés).Autre géant du secteur, le transporteur américain United Airlines a mis en place un plan massif de départs volontaires auquel il faut ajouter un dégraissage important chez les cadres (3000 à 5000 postes). Fiji Airways va également supprimer environ 750 postes. Emirates a de son côté affirmé vouloir licencier sans pour autant donner de chiffres pour l'instant.

Lire aussi

Des réductions de salaires ...

En vidéo

Air France : "Le secteur aérien traverse une crise sans précédent, même le 11 septembre n'a rien à voir"

D'autres transporteurs aériens ont décidé de privilégier aux licenciements une baisse du salaire de leur employés. Qatar Airways a notamment annoncé une baisse des salaires de ses pilotes étrangers allant de 15 à 25% selon leur ancienneté. Ces réductions "ne seront pas appliquées aux ressortissants qataris" selon le directeur des opérations aériennes Jassim al-Haroun

...et des faillites

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

"On s’attend à un raz- de-marée" : comment Pôle emploi peut faire face à la vague de chômeurs ?

Depuis le début de la crise, de nombreuses compagnies ont aussi mis la clé sous la porte. La compagnie Chilienne LATAM, principal transporteur d'Amérique Latine et qui emploie plus de 42 000 personnes a annoncé sa faillite faute de pouvoir honorer ses échéances financières. Un triste destin partagé par la Colombienne Avianca (20 000 employés). Le géant australien Virgin Australia s'est lui placé en cessation de paiement. Les sud-Africains South African Airways (SAA) et Comair, le britannique Flybe et quatre filiales de Norwegian Air Shuttle ont également été emportés par la vague coronavirus.  Par effet d'écho, la pandémie va également durement affecter les constructeurs aéronautiques que sont Airbus et Boeing. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent