Pour aller au travail, 70% des salariés utilisent la voiture, même dans les grandes villes

JT 13H - À l'heure de la transition écologique et de la hausse des prélèvements obligatoires, les voitures restent indispensables dans certaines régions.
Emploi

TRANSPORT - Pour se rendre à leur travail, les salariés français utilisent principalement leur voiture. Une hégémonie de ce mode de transport que l’Insee observe un peu partout, à l’exception de la région parisienne.

C’est un fait, prouvé par les chiffres : les salariés français sont une (très) grande majorité à utiliser la voiture pour aller au travail. C’est ce que montre une étude de l’Insee qui permet de mesurer, alors que le gouvernement veut développer les modes de transport doux, à quel point le véhicule reste encore très majoritairement présent en France. Et qui permet de comprendre en partie les crispations du mouvement des Gilets jaunes, qui portait initialement sur des revendications liées au prix des carburants.

D’après l’Insee en effet, en 2015, sur les 23,2 millions de salariés habitant et travaillant en France (hors Mayotte), 70 % utilisent principalement leur voiture pour se rendre au boulot. Les autres modes de transports sont minoritaires : 16% empruntent les transports en commun, 7 % marchent à pied et 4 % utilisent des deux-roues motorisés ou non. Enfin, 3 % n’ont pas besoin de se déplacer pour exercer leur activité professionnelle.

La voiture, ultra-utilisée, partout sauf à Paris

Les chiffres montrent la différence, flagrante, entre Paris et la province. Voire le fossé.  Il n'y a en effet qu'à Paris (et plus globalement en petite couronne) que les salariés utilisent davantage les transports en commun (11% des Parisiens utilisent une voiture ou un camion, contre 67% les transports en commun). La pratique de la voiture redevient majoritaire dès que l'on rebascule en grande couronne. 

Mais alors qu'on pourrait s'attendre à ce que dans les grandes villes de province, les transports en commun soient prépondérants, il n'en est rien. A l’exception de Lyon, malgré les volontés de promouvoir les transports doux, la voiture y reste le mode de transport principal.  A noter toutefois que la pratique du vélo est très développée dans certaines localités (environ 15% à Grenoble, Strasbourg, et Bordeaux). Relation de cause à effet : l'utilisation de la voiture y est aussi moins élevée qu'ailleurs.

Et dès que l’on s’écarte des villes-centres, la part de la voiture augmente et celle des transports en commun diminue, note l’Insee. Ainsi, en province, dans les aires urbaines de plus de 400.000 habitants, la part de la voiture est de 50 % dans la commune centre. Mais elle atteint 76 % dans le reste du pôle urbain et 86 % dans la couronne. Dans les territoires faiblement urbanisés, l'utilisation des transports collectifs devient rare, et prendre sa voiture pour aller travailler est le quotidien de plus de huit salariés sur dix. Exemples extrêmes : dans le Cantal, la Creuse, la Lozère, la Vendée et le Gers, moins de 2 % des salariés ont recours aux transports en commun. Fait logique, étant donné que les réseaux y  sont moins étoffés.

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Cela dépend de la catégorie socio-professionnelle

Autre fait intéressant, relevé par l’Insee, les différentes catégories socio-professionnelles n’utilisent pas les mêmes modes de transports. Ainsi, les cadres et les employés utilisent moins la voiture : respectivement 63 % et 65 %, contre 75 % pour les professions intermédiaires et 78 % pour les ouvriers. 

Mais les raisons sont très différentes. Les employés vont davantage au boulot à pied, car ils travaillent plus souvent que les autres salariés à proximité de leur domicile. Plus de quatre sur dix travaillent ainsi dans leur commune de résidence, contre moins de trois sur 10 pour les autres CSP. Les cadres par exemple, exercent plus souvent leur activité professionnelle loin de là où ils habitent, mais ils utilisent davantage les transports en commun. C'est aussi qu'ils en ont la possibilité : leurs emplois sont plus concentrés dans les grands pôles, mieux desservis par les transports.

> Consulter l'intégralité de l'étude par ici

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