Pourquoi les personnes handicapées partent à la retraite plus tard que les valides

Un homme enroule des câbles dans un Esat (établissement et service d'aide par le travail), une initiative pour faciliter l'intégration au marché du travail des personnes handicapées, à Creuzier-le-Neuf, en Auvergne-Rhône-Alpes.
Emploi

RETRAITE - Une étude de la Drees, le service statistique des ministères sociaux, montre que les personnes handicapées liquident leurs droits à la retraite en moyenne trois à quatre mois plus tard que les valides.

C’est un fait qui interpelle. Mais qui s’explique assez facilement. Une étude publiée jeudi par la Drees, le service statistique des ministères sociaux, montre que les personnes handicapées partent à la retraite un peu plus tard que les valides : elles liquident leurs droits à la retraite en moyenne trois à quatre mois après.

L'âge de départ, en 2018, atteignait 62,4 ans en moyenne pour les personnes handicapées, contre 62,1 ans pour les personnes sans incapacité, indique l’étude. La raison : si les personnes handicapées partent plus tard, c’est parce qu’elles ont des parcours professionnels plus hachés et mettent donc plus de temps à atteindre le nombre de trimestres requis pour avoir une retraite à taux plein. 

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En pratique, quel que soit l’âge après 50 ans, moins de 40% des personnes fortement limitées sont en emploi. En conséquence, elles passent un temps assez long sans emploi ni retraite : 8,5 années en moyenne, soit nettement plus que les personnes qui ne déclarent aucune incapacité (1,8 année). Durant cette période, elles peuvent éventuellement bénéficier de revenus de remplacement (allocations chômage, pensions d’invalidité…), de minima sociaux ou n’avoir aucun revenu personnel et vivre des revenus de leur conjoint.

Certes, certaines personnes en situation de handicap peuvent cependant bénéficier de dispositifs de départ anticipé : au lieu de 62 ans, elles peuvent dans certains cas liquider leur retraite à partir de 55 ans pour "handicap", ou de 60 ans pour "incapacité permanente". Sauf que dans la pratique, de telles situations restent exceptionnelles, car "il est rare qu'une personne souffrant d'incapacité atteigne le seuil retenu par le système de retraite pour définir une carrière longue", relève l'étude de la Drees. Mais, là encore, le dispositif bénéficie surtout aux personnes valides : à 61 ans, soit un an avant l'âge légal de départ, seules 19% des personnes handicapées sont déjà retraitées, contre 42% des valides.

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Au final, pour beaucoup de seniors avec handicap, la réforme de 2010, qui a repoussé l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, s'est d'ailleurs surtout traduite par un allongement de cette période "sans emploi ni retraite" qui précède la liquidation des droits : cette période moyenne s'est allongée pour eux de 1,2 an entre 2013 et 2018, alors qu'elle a baissé de 0,1 an pour les valides.

> Pour consulter l'étude de la Drees, c'est par ici

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