Emplois "verts" ou "verdissants" : ces métiers qui évoluent ou qui se créent grâce au développement durable

Emplois "verts" ou "verdissants" : ces métiers qui évoluent ou qui se créent grâce au développement durable
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CHANGEMENT - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "travailler vert". Cette semaine, nous vous proposons un zoom sur ces métiers qui se renouvellent, voire se créent, dans le sillage de l'écologie et du développement durable.

L’écologie et le développement durable se diffusent aujourd’hui dans tous les secteurs professionnels. Résultat : de nouveaux métiers arrivent tandis que beaucoup d’autres se transforment. "Les emplois liés à l’environnement sont en général classés en deux catégories : les métiers verts par nature et les métiers verdissants qui vont vers le fait d’être plus vert", décrypte pour LCI David Ascher, directeur de publication d’Emploi-Environnement.com


Quels sont ces métiers  ? Dans quels domaines se retrouvent-ils le plus souvent ? Comment y accéder ? Eléments de réponse.

Les emplois "verts" : pas vraiment de nouveauté, plutôt une évolution

D'un côté du "travailler vert", figurent donc les métiers "verts" traditionnels, présents dans les domaines de l’eau, des déchets, de l’énergie renouvelable ou encore de la gestion des risques. "Ce ne sont pas des nouveaux métiers au sens strict du terme car ces secteurs existent depuis des centaines d’années", explique David Ascher. "Ils ont plutôt évolué. C'est par exemple le cas du ramassage des déchets qui a beaucoup changé depuis 50 ans. Aujourd’hui, il faut savoir gérer des flux de gestion tandis que l'incinération est synonyme de récupération d’énergie. Il y a donc une vraie évolution des compétences en matière de recyclage".


Plus globalement, une foule de métiers s'est développée dans ces secteurs relevant directement de l'environnement (gestion de l'eau et des déchets, énergies renouvelables…) ou impactés par les contraintes environnementales (aménagement et cadre de vie, écotourisme…). Parmi eux, on trouve, pêle-mêle, l’"assistant maître d'ouvrage haute qualité environnementale", le "chef de projet énergies renouvelables", l’"ingénieur d'études en efficacité énergétique" ou encore le "conseiller info-énergie spécialiste de la prévention des gaspillages en matière d'énergie". Au total, ces secteurs très divers  génèrent, selon David Ascher, entre 300 et 400.000 emplois en France. "Ils ont un taux de croissance relativement modéré, mais tout de même en progression régulière."


La formation qui mène à ces emplois est également très diverse. Le CIDJ, Centre d'information et de documentation jeunesse, ne conseille ainsi pas aux jeunes qui veulent travailler dans les énergies renouvelables de trop se spécialiser. "Aujourd'hui, les entreprises ont besoin de professionnels polyvalents qui ont reçu une formation technique solide dans le génie climatique ou électrique et qui ont choisi ensuite une option ou une spécialité énergies renouvelables", indique l'organisme. "Parfois, les entreprises proposent des formations spécifiques à leur secteur."

Les emplois "verdissants" : le coeur des métiers ne change pas, mais ils verdissent

En terme de "travailler vert", existe aussi une seconde catégorie, celle des emplois dits "verdissants". "Ce sont ceux qui influent sur l’environnement", indique David Ascher. Au sens strict, ces emplois ne sont donc pas des emplois verts. Mais, tous, par choix ou par contrainte réglementaire, développent des pratiques et des techniques plus respectueuses de l'environnement. Les domaines sont très vastes : aéronautique, automobile, énergie traditionnelle, secteur du BTP, transport, tourisme, industries.... "Dans ces secteurs, des gens sont désormais présents pour réfléchir, réagir à la manière dont on peut faire évoluer les process et les produits pour être plus vertueux en terme d’environnement". 


De nouveaux métiers, souvent liés à l’expertise et au conseil, apparaissent ainsi dans les entreprises pour les aider à respecter des normes européennes de plus en plus strictes et complexes. Par exemple, l’"éco-concepteur" et l'"éco-designer", qui créent un produit, que ce soit un pot de yaourt ou une voiture, en prenant en compte chaque étape du cycle de vie afin de réduire son impact sur l'environnement. Figure encore  également dans cette catégorie l’"auditeur en environnement", un "véritable expert-comptable de l'environnement", relève le CIDJ.  Dans ces secteurs, les formations restent classiques. Mais s'y ajoute une spécialisation en environnement. 

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Environnement : les entreprises se mettent aussi au recyclage

De nouveaux postes pour agir en interne, au sein des entreprises

"Autre nouveauté : celle liée aux postes de management et à l'accompagnement au changement afin d’aider l’entreprise dans sa mutation", note David Ascher. De plus en plus de grandes entreprises créent notamment des départements spécialisés dirigés par un "directeur du développement durable". Sa mission : réfléchir à la stratégie de la société sur le sujet et faire progresser les aspects environnementaux, éthiques, sociaux et de gouvernance à tous les niveaux de la structure. "Il s'agit souvent d'un poste de haute direction, avec des personnes faisant partie du conseil d’administration", note David Ascher.


Sur le plan de la formation et des débouchés, "c'est beaucoup plus flou et les gens sont assez peu nombreux à être concernés". Ces postes sont d'ailleurs souvent pourvus via une promotion interne et rarement attribués à des jeunes sortis tout frais émoulus de leur école. C'est par exemple le cas du "responsable environnement", qui diffuse la bonne parole environnementale en interne et s’assure que  l’entreprise soit bien en conformité avec la réglementation.  

Eviter les amendes

Au niveau de cette question de la réglementation, et de manière plus large, l'"ingénieur environnement" (aussi appelé "ingénieur sécurité environnement") se généralise dans toutes les entreprises industrielles. Il anime la politique de protection de l'environnement de l'entreprise et cherche des solutions pour lutter contre les pollutions de l'eau, de l'air ou les nuisances acoustiques. "C’est même quasiment devenu indispensable pour être conforme à la réglementation,  de plus en plus étoffée, sous peine de s’exposer à des amendes". L'un des derniers textes marquant est ainsi le décret des cinq flux de juillet 2016. Il oblige les entreprises à trier leurs cinq flux de déchets produits (papier, métal, plastique, verre et bois). 


Les profils sont souvent ceux d'ingénieurs, chimiste ou physiciens, avec une formation complémentaire en environnement.  "Là encore, nous sommes sur des CV de gens expérimentés qui savent où il est possible d'activer des leviers pour faire changer l’entreprise, et pas sur des nouveaux profils", remarque David Ascher.

Comme chaque année depuis 14 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000€. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la question suivante : " Travailler vert : comment influencerez-vous votre entreprise ?". Qu’est-ce que "travailler vert" ? Cela peut vouloir dire comment inventer des organisations de travail qui favorisent l’innovation frugale, des campagnes de communication éco-responsables, des actions d’entreprises ou des politiques publiques, des changements de gouvernance, de matières premières ou de business model, des innovations plus éco-conçues… ? Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 18 mars 2019.


Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié http://www.epe-asso.org/prix-epelci-2019/ ou la page Facebook https://www.facebook.com/prixepelci/

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