PSA fait venir des salariés polonais dans son usine française : la colère des syndicats

PSA fait venir des salariés polonais dans son usine française : la colère des syndicats

USINE - Le groupe automobile PSA va faire venir des salariés d'une usine polonaise pour renforcer ses équipes du site d'Hordain (Nord), les syndicats dénonçant jeudi à l'issue d'un CSE une mesure qui laisse de côté les intérimaires.

Des renforts venus de Pologne. Le groupe automobile PSA a annoncé qu’il allait faire venir des salariés d'une usine polonaise pour renforcer ses équipes du site d'Hordain, dans le Nord. Ce premier contingent de 120 Polonais, venant de l'usine de Gliwice qui produit des Opel Astra va arriver la semaine prochaine. 150 salariés les rejoindront la semaine suivante. Ils devraient rester pour une mission de trois mois, logés par l'entreprise dans la région et payés selon la convention collective française du secteur. 

"L'objectif" est d'arriver à 531 personnes de plus, pour produire à partir de début juillet en trois équipes (matin, après-midi et nuit), contre deux actuellement, et honorer les commandes en attente d'environ 30.000 utilitaires, explique la direction qui, pour expliquer ce transfert, indique que "le groupe choisit de donner de l'activité à ses salariés" : 80% des employés de l'usine polonaise, qui reprend "progressivement", seraient en activité partielle. Le redémarrage ne se ferait en effet pas au même niveau sur tous les sites. La direction, qui soutient ne faire aucune économie avec cette stratégie, envisage aussi de faire venir des salariés de Saragosse (Espagne).

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Certains syndicats sont dubitatifs. La CGT, qui a voté contre cette mesure, "n'acceptera pas que les travailleurs PSA deviennent des nomades de l'industrie automobile à travers l'Europe". Le syndicat y voit, clairement, un intérêt politique, celui de "mettre en concurrence les salariés les uns contre les autres", de "transformer les salariés en nomades de de l’industrie automobile", au lieu de "répartir le travail entre les usines". ""Aujourd’hui, la direction utilise des travailleurs de Pologne, Espagne, Portugal, Allemagne, qui vont venir travailler dans les usines PSA en les sous-payant, et en les surexploitant", dénonce Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA, qui précise que ces salariés "ne seront pas payés au tarif PSA France, mais au tarif de la convention de la métallurgie française qui est bien en dessous du tarif de PSA". Chez FO, "on est conscient que PSA veut privilégier l'emploi de ses salariés mais elle met sur le carreau ses intérimaires", a regretté Frédéric Jarousset (FO), qui s'est abstenu. "On ne veut pas que ça devienne une habitude". 

Les syndicats ont effet aussi dénoncé une mesure qui laisse de côté les intérimaires. Sur les 500 intérimaires présents mi-mars, il n'en reste en effet que 270, selon PSA, qui a suspendu leurs contrats avec les sociétés d'intérim. Le secrétaire national du PCF et député du Nord, Fabien Roussel, s'est indigné que l'entreprise fasse "venir 531 salariés polonais (...), alors que 502 intérimaires sont mis en chômage partiel" : "C’est honteux ! PSA met en concurrence les salariés européens, les opposent en comparant leurs salaires et provoque du chômage en France. C’est à vomir !", a-t-il écrit sur Twitter.

Le groupe affirme envoyer également, de façon temporaire, des salariés de Poissy à Rennes, de Mulhouse à Sochaux et en Angleterre, de Ellesmere Port à Luton. L'usine d'Hordain, proche de Valenciennes, produit pour les marques Peugeot, Citroën, Opel, Vauxhall et Toyota des utilitaires et des véhicules pour le transport de personnes. Elle a fermé de mi-mars à début mai à cause du confinement lié à la pandémie de covid-19.

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