Quel travail dans 20 ans ? Les Français fatalistes et résignés sur l'évolution de leur métier

Quel travail dans 20 ans ? Les Français fatalistes et résignés sur l'évolution de leur métier
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FUTUR PROCHE - Selon un sondage Opinionway pour le "Printemps de l’économie", les Français estiment que, dans 20 ans, leur métier aura changé et qu’il sera notamment plus précaire.

Fatalistes ? Voire résignés ? Cela pourrait être la conclusion (un brin déprimante) des résultats d’un sondage Opinionway réalisé pour le "Printemps de l’économie", un temps de rencontres autour du travail qui se tient du 18 au 21 mars. Pour la 7e édition, les Français ont été questionnés sur la perception qu’ils ont de l’avenir de leur propre travail actuel. Et s'ils sont traditionnellement plus négatifs que leurs voisins européens, ils livrent cette année une vision "optimiste mais résignée" de leurs perspectives professionnelles.


"La dominante qui ressort de ce sondage est un certain fatalisme des Français face aux évolutions du travail, un trait que nous trouvions également dans le sondage de l’an passé sur la mondialisation",  indique dans un communiqué Rémi Jeannin, le vice-président du "Printemps de l’économie".

On ne travaillera pas moins...

Si 9 sondés sur 10 pensent que leur métier existera encore dans 20 ans, 63% estiment qu’il aura évolué. "Ils ne perçoivent en effet pas de changement total amenant à une disparition ou à une complète automatisation des métiers pratiqués aujourd’hui, mais plutôt à une évolution en profondeur de ces mêmes métiers, avec un déplacement des tâches et missions à effectuer", analyse le "Printemps de l'économie".


Ce bouleversement du travail sera d’abord dû, pour 75% des personnes interrogées, aux changements technologiques ou encore aux biotechnologiques. Mais, selon elles, ils n’allégeront pas forcément la part du travail : alors que la tendance est à la diminution depuis une centaine d'années, 78% des Français estiment que d’ici à 20 ans la durée légale du temps de travail va se maintenir (46%) ou bien augmenter (32%), et donc que le temps de vie consacré au travail va soit se maintenir (42%) soit augmenter (32%).

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... mais on sera davantage précaire

Symptomatiques de l’"uberisation" de leur monde, les signes de précarité se multiplient dans les ressentis : les sondés sont en effet près de deux sur trois à penser que la sécurité de l’emploi sera plus difficilement accessible dans 20 ans qu’aujourd’hui. Ils se montrent aussi réalistes, en considérant (à 65%) que les formes d’emploi plus précaires vont augmenter dans le futur. 


Et en matière d’inégalité au travail, les choses ne sont pas forcément plus roses : aujourd’hui, les inégalités liées au sexe apparaissent comme les plus importantes pour expliquer les disparités salariales (48%), devant le niveau de qualification (42%). Mais dans 20 ans, les Français estiment que cet ordre se sera inversé : le niveau de qualification sera devenu le premier facteur d’inégalité salariale (44%), loin devant le sexe (27%). Un ressenti explicable par le fait que de nombreux Français pensent que les inégalités liées au sexe vont s'amoindrir dans les années à venir ; et, que d'un autre côté, de plus en plus d'actifs craignent l'impact des nouvelles technologies sur leur niveau de qualification, et notamment les plus âgés.


En conclusion, les Français sont-ils trop pessimistes ? Pas forcément, à en croire Pierre-Pascal Boulanger, président-fondateur du "Printemps de l'économie" : "Les Français se distinguent souvent par le pessimisme de leur ressenti, loin de la réalité des faits. On évoque alors leur méconnaissance en économie", estime-t-il. "Cela ne se vérifie pas quand on les sonde sur l’avenir du travail. Se basant sur leur vécu, ils font preuve d’un certain réalisme, en phase avec les études de France Stratégie, de l’OCDE."

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