Qui sont les NEET, ces près d'1 million de jeunes qui stagnent entre fin d’études et premier emploi ?

Qui sont les NEET, ces près d'1 million de jeunes qui stagnent entre fin d’études et premier emploi ?
Emploi

FOCUS - Deux études de la Dares, le site statistique du ministère du Travail, se penchent sur cette catégorie de population de jeunes en précarisation, qui recouvre près d’un million de personnes.

Connaissez-vous les NEET ? Cet acronyme anglophone signifie "Neither in employment nor in education or training", et recouvre cette catégorie de jeunes qui ne sont "ni en études, ni en emploi, ni en formation". 

Une étude de la Dares se penche sur cette population, âgée de 16-25 ans, qui est spécialement ciblée par le gouvernement pour ses "dispositifs d'insertion professionnelle". Et elle est loin d’être anodine : en 2018 en France, cette situation concernait 12,9% des 7,5 millions de jeune. Soit plus d’un sur sept.

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La catégorie de NEET, principalement définie par ce que les jeunes ne sont pas – plutôt que par ce qu’ils sont –, regroupe des situations très hétérogènes, note ainsi l’étude de la Dares. En quoi ceux qui y entrent sont-ils différents des autres ?  

Les jeunes NEET, "en difficulté mais dans des situations variées", sont d'abord en moyenne moins diplômés que les autres : seulement 22% d'entre eux ont un diplôme supérieur au baccalauréat. Les deux tiers d'entre eux sont en effet sortis du système éducatif au cours du premier cycle de l’enseignement secondaire (au collège) ou ont abandonné en cours de CAP ou BEP avant la dernière année. 

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L’environnement familial joue un rôle important dans le rapport des jeunes aux études et à l’emploi : ainsi, les jeunes femmes ayant un enfant vivant dans le même logement qu’elles, les enfants de personnes au chômage ou inactives, ou encore les jeunes habitant avec au moins un parent sont plus souvent NEET. De même, un jeune dont au moins un parent est chômeur ou inactif a plus de risques d’être NEET qu’un jeune dont au moins un parent est cadre.

Par manque de ressources, ces jeunes vivent aussi plus souvent chez leurs parents (65% vivent avec au moins un des deux parents) et souffrent plus fréquemment d'un handicap que les autres jeunes. A noter aussi, une surreprésentation des enfants d'ouvriers et d'employés. 

Désabusés

Chez les plus jeunes, "l'arrêt progressif des études" explique le nombre grandissant de NEET au fil de l'âge, celui-ci passant de 21.000 chez les jeunes âgés de 16 ans à 128.000 pour ceux fêtant leur 20 ans. La Dares précise également que les femmes, ainsi que les "jeunes avec (...) des problèmes de santé", "ceux nés à l'étranger ou dont les deux parents sont de nationalité étrangère" et "les jeunes vivant sans leurs parents" ou avec un enfant ont plus de chances de devenir "NEET de longue durée", c'est-à-dire pendant plus d'un an. 

La plupart des inactifs (hors chômeurs) ne sont pas dans une démarche d'insertion : seul un sur huit "recherche effectivement" un emploi. Parmi les principales raisons invoquées figurent "la garde d'enfant(s) ou d'une personne dépendante" et "la conviction de ne pas (pouvoir) trouver un emploi". Les raisons invoquées sont diverses : l’attente de résultats de démarches antérieures, la garde d’enfant(s) ou d’une personne dépendante, des problèmes de santé, ou encore la conviction de ne pas trouver un emploi…

> Pour consulter les études sur le site de la Dares, c'est par ici

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