Reconversion professionnelle : 7 règles pour bien border votre projet avant de vous lancer

Reconversion professionnelle : 7 règles pour bien border votre projet avant de vous lancer

Emploi
DirectLCI
NOUVEAU DÉPART - Changer de métier pour être davantage en accord avec qui vous êtes ne s'improvise pas. Cela nécessite non seulement d'identifier vos forces et vos ressources mais aussi de savoir prendre le temps nécessaire. Une coach en transition professionnelle nous explique, étape par étape, comment procéder pour mener à bien une envie de reconversion.

Vous souhaitez changer de métier mais vous ne savez pas par où commencer ? "La première étape consiste à se mettre d'accord avec soi-même", assure à LCI Sandrine Lhotte, coach en transition professionnelle, spécialisée dans l'accompagnement des cadres. Vaste projet dans lequel plus d'un pourrait se perdre. Rassurez-vous, avec un bon travail préparatoire, vous pourrez aller au bout de votre démarche.


Optimiste mais réaliste, cette fondatrice du cabinet de coaching Orinescence explique qu'en procédant pas à pas, sans brûler les étapes, vous parviendrez à dépasser de nombreux freins. Elle nous donne ses clefs pour bien border un projet avant de sauter le pas. 

1) Mettez-vous d'accord avec votre projet

Le métier que vous visez doit correspondre à la fois à votre personnalité et à ce que vous voulez vraiment faire. Il convient de prendre en compte vos objectifs, vos priorités et le sens que vous souhaitez donner à votre vie. De nombreux outils permettent aujourd'hui de se mettre d'accord avec sa décision : bilan de compétences, mur de visualisation (assemblage d'images, de photos, de dessins, de phrases résumant vos rêves, vos objectifs), mind mapping (représentation des idées et informations sous forme de carte, avec des relations entre elles). Ou encore d'autres tests qui ont été proposés par exemple courant novembre au Salon de la Nouvelle vie professionnelle et qui sont encore accessibles sur le site de l'événement.

2) Ne vous précipitez pas

Prenez le temps. Votre projet va vous demander beaucoup d'énergie à canaliser sur du long terme. Ceux qui cherchent des solutions globales doivent en faire le deuil car toutes les réponses n'arrivent jamais d'un coup. Et, pire, cela peut engendrer un immobilisme total. Il convient, au contraire, de trouver des solutions partielles et imparfaites. Cette manière de fonctionner revient à s'autoriser à avancer un peu tous les jours. Cela fait finalement sauter de nombreux verrous.


Ce temps permet aussi de s'approprier les décisions. Non seulement pour soi : chaque petite pierre posée sur le chemin sur lequel on avance permet de s'assurer d'être bien en phase avec le projet auquel on croit. Mais aussi pour son entourage : cela permet de lui montrer que l'on est sur la bonne voie, ce qui lui évitera de douter de vous et de risquer de vous tirer vers le bas. Un conseil cependant, parlez de votre projet à d'autres personnes : cela ouvre des voies de réflexion auxquelles vous n'auriez pas pensé et permet de vous constituer des réseaux.


A l'inverse, aller trop vite dans une transition professionnelle peut être une source d'angoisse ou de stress. Changer radicalement de fonctionnement, faire preuve d'une flexibilité poussée à l'extrême, n'est en effet une évidence pour personne.

3) Identifiez les possibles sources de ralentissement

Il faut bien sûr vous attendre à des ralentissements. Mais il est possible d'en identifier la plupart en amont en se posant les bonnes questions : "Quel est l'impact du changement sur la cellule familiale ? Comment accueillera-t-elle le projet et sera-t-elle moteur ? Quelles sont les possibilités financières ? Le projet est-il suffisamment clair ? Ai-je, ou non, les compétences ? Suis-je totalement autonome ? Dois-je alors chercher une formation pour acquérir de nouvelles compétences ou me faire aider par des ressources extérieures ? Combien cela peut-il coûter ? Combien de temps cela prend-t-il ?


Impossible en tout cas de donner une durée type car tout dépend de l'environnement de chacun : la situation financière, la cellule familiale, les relations extérieures notamment. Ainsi, pour certains, un changement de poste peut prendre par exemple six mois quand les compétences sont remises en question. Pour d'autres, une création d'entreprise mettra beaucoup plus longtemps.  

4) Détaillez votre projet

Une fois que vous aurez déterminé le projet et les compétences nécessaires à sa réalisation, il convient de le poser dans les détails sans pour autant vous perdre. Faites alors l'inventaire des bonnes choses, des bonnes énergies, en suivant ces trois axes :


- Listez les forces : vos compétences (l'occasion de vous rappeler que vous savez faire beaucoup de choses), vos talents (ces choses faciles pour vous mais pas pour les autres, qui vous passionnent et vous font perdre la notion du temps), les retours positifs que les autres vous font (le regard qu'ils portent sur vous est souvent différent de la vision que vous avez de vous).


- Imaginez les conditions idéales du métier que vous visez, telles que le lieu, le rythme ou la forme de travail. Par exemple, être consultant implique de ne pas avoir de bureau, ce qui peut être frustrant pour certains.


- Listez les ressources extérieures qui seront éventuellement nécessaires tant sur le plan du financement que des compétences.  

En vidéo

Ils ont réussi leur reconversion professionnelle : leurs conseils pour éviter les erreurs

5) Restez dans le mouvement

Ce qui tue l'énergie, c'est le sentiment d'impuissance. Le philosophe antique Sénèque l'explique très bien : "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas les faire. C'est parce que nous n'osons pas les faire qu'elles sont difficiles". Autrement dit, ne vous bloquez pas en pensant ne pas savoir faire. Il est fondamental de garder votre énergie dans l'action, même si certains jours le mouvement est tout petit. Dans certains cas, en effet, la meilleure façon d'aller du point A au point Z, est de passer par toutes les lettres de l'alphabet.


Gardez également à l'esprit que l’échec fait partie du projet. En obligeant à sortir de sa zone de confort, il engendre un nouveau système de réflexion qui va apporter une nouvelle solution. En cela, l'erreur est même une méthode d'apprentissage.

6) Ouvrez le champ des possibles

Listez vos envies sans vous brider car établir un projet réaliste, c'est aussi s'autoriser à faire ce qui vous tient à cœur depuis très longtemps. Autorisez-vous également des hypothèses en listant les opportunités qui peuvent se présenter, qu'elles soient réelles ou envisagées. Listez alors les chemins par lesquels vous pourriez passer (formation, arrêter de travailler pour développer son projet par exemple).


Il est également important de bien mesurer le seuil de sécurité financière. C'est à dire le minimum dont vous êtes prêt à disposer chaque mois pour avancer dans votre projet. Il est possible de fonctionner en mode essentiel si derrière il y a une motivation de progression. Mais il faut connaitre ce seuil et l'accepter. Celui-ci vous est propre, il varie en fonction du positionnement social, des charges, de l'environnement. Cet élément sera d'ailleurs à intégrer dans le business plan.

7) Priorisez vos pistes

Après avoir tout défriché, identifié le projet, les hypothèses, les opportunités, les envies, les chemins... il convient désormais de prioriser les pistes. Sachant que, comme le disait encore Sénèque, "choisir, c'est renoncer" et renoncer, c'est être heureux car cela donne du sens à ce que l'on fait.


Choisissez donc deux ou trois pistes au maximum et demandez-vous pour chacune ce que vous devrez faire et comment le faire. Arrive alors le moment où il faut choisir la piste la plus en adéquation avec votre projet, le contexte et surtout vous-même. Il faut pouvoir l'exprimer en une phrase simple du type "Je veux être boulanger".


Une fois que le sujet est véritablement arrêté, il est temps de mettre en place la stratégie pour atteindre votre objectif (étapes, parcours professionnel, besoins financiers, compétences à mobiliser, y compris à l'extérieur). Il convient alors de s'appuyer sur l'inventaire déjà commencé au début de votre cheminement pour déterminer le projet. Reste alors à inventer la solution car chaque vie est unique, chaque projet et unique, chaque contexte est unique.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter