Reconversion : les Français ne font pas qu'en rêver, ils sautent de plus en plus le pas

Reconversion : les Français ne font pas qu'en rêver, ils sautent de plus en plus le pas
Emploi

ÉTUDE - La reconversion professionnelle est toujours plébiscitée par plus de 9 Français sur 10 et ils sont de plus en plus nombreux à passer à l'acte. C’est ce que révèle la 2e étude sur la reconversion professionnelle menée par AEF info.

Envie de changer de métier, de voie, de vie. C’est une tendance que l’on entend depuis déjà quelques temps : le désir de reconversion professionnelle pour redonner du souffle ou un sens à un métier qui en a perdu. La dernière étude sur le sujet, réalisée auprès de 2 000 personnes par Le Groupe AEF info, , via son portail d’information www.nouvelleviepro, le confirme : les salariés sautent de plus en plus le pas.

En 2017, relève cette enquête menée dans le cadre d'un salon de la reconversion professionnelle qui se tient le 14 novembre à Paris*, 64% des sondés rêvaient de prendre un nouveau départ, mais sans oser se lancer. Aujourd’hui, les chiffres montrent qu'ils en rêvent moins (55%), mais... parce qu'ils sont plus nombreux à se reconvertir : 38% contre 28% en 2017.  

Une envie de nouveaux horizons particulièrement présente chez les jeunes de moins de 30 ans, fortement en quête de sens et en rupture avec un schéma de carrière "classique" et linéaire (66%), juste devant leurs aînés de 30-40 ans (59%), de 41-50 ans (56%) et de 50 à 59 ans (45%).

Se reconvertir pour donner du sens

Si cette idée de reconversion trotte dans la tête, c’est d’abord… pour tromper l’ennui. 67% de ceux qui en rêvent disent s'ennuyer dans leur poste actuel. Ils veulent se sentir utiles, redonner du sens à leurs actions, rétablir un équilibre vie pro/perso, voire avoir une meilleure rémunération pour un tiers d'entre eux. 

 

Quels sont les obstacles qui font que beaucoup rêvent de changement sans oser se lancer ? 40% d’entre eux indiquent ne pas savoir par où commencer, un tiers dit manquer d’informations et d’accompagnement, 30% ont peur de sortir de leur zone de confort. Il leur manque, en clair, un coup de pouce : être accompagnés par un coach, pouvoir tester un métier, avoir droit aux allocations chômage en cas de démission, suivre une formation ou un bilan de compétences.

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45% des demandeurs d’emploi sont en cours de reconversion

Cependant, l'étude le rappelle : la part de ceux qui ont sauté le pas est de plus en plus importante, poussée par les réformes, les organismes, et un air du temps où se multiplient les témoignages et événements visant à rendre l’individu acteur de son parcours professionnel. Les cadres (38%) sont légèrement plus nombreux que les non-cadres (35%) à avoir passé le pas, mais les disparités sont surtout frappantes si l'on regarde le niveau de diplôme : plus les sondés sont diplômés, plus ils sont nombreux à être en cours de reconversion ou à l'avoir déjà accomplie : 52% pour les bac+6/8, contre 26% pour les personnes sans le bac, par exemple. 

Les indépendants et chefs d’entreprise sont logiquement les plus nombreux (51% et 54%) à l'avoir déjà fait, et 45% des demandeurs d’emploi déclarent être en cours de reconversion. La démarche est par ailleurs plus pratiquée par les habitants des très grandes villes ou de la banlieue qu'en zone rurale.

Sentiment d’épanouissement, gain de compétences et d’équilibre

Parmi les personnes qui se lancent ou se sont lancées, le premier objectif avancé est sans équivoque : le souhait de quitter un poste dont ils ont fait le tour et de retrouver une activité plus en phase avec leurs valeurs (pour plus de 60%), loin devant l’obligation de rebondir après un incident professionnel ou des problèmes de santé. La plupart ont complètement changé de métier et, pour cela, près de 7 sondés sur 10 passent par la case formation, longue (plus de 6 mois) pour plus de la moitié d’entre eux. Et, selon eux, la clé du succès est avant tout la détermination, devant le suivi d’une formation adaptée, la solidité du projet et le soutien des proches. A l'inverse, le manque de revenus financiers est la première entrave annoncée, devant la solitude et l’incertitude du lendemain. Mais ces freins n’entachent en rien le sentiment d’épanouissement, de gain de compétences et d’équilibre clamés par ceux qui ont choisi (dans 80% des cas elle n'est pas subie) la voie de la reconversion.

Toutefois, 2% des 38% en reconversion estiment que ce changement ne leur a pas apporté la réussite escomptée. Près de la moitié s'est arrêtée dès la première année. En cause ? Les mêmes freins qui reviennent : manque de revenus financiers et incertitude du lendemain. Une expérience jugée malgré tout positive pour 76% des déçus, ceux-ci estimant qu'elle leur a malgré tout appris à mieux se connaître, à développer de nouvelles compétences et à réaliser le confort… d’être salarié ! 

* Le salon Nouvelle Vie professionnelle se tient Espace Champerret à Paris jeudi 14 novembre. Tous les détails par ici 

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