Renault et PSA, signent des accords "de solidarité" : salaire maintenu mais don de congés

Renault et PSA, signent des accords "de solidarité" : salaire maintenu mais don de congés
Emploi

SALAIRES - Les constructeurs automobiles signent des accords sur le chômage partiel dû au coronavirus et la prise de congés.

Jusqu’au bout, les discussions ont été tendues. Mais quatre syndicats ont fini par signer, sur les cinq représentatifs. Chez PSA, étaient en effet lancées depuis quelques jours des discussions avec la direction, sur un accord sur les questions de chômage partiel dû au coronavirus et de prise de congés. Après débats, FO, la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT ont signé. Seule la CGT a refusé, mais les quatre premiers signataires représentent "plus de 80% des salariés", a précisé la direction.

Cet accord garantit grâce à un "fonds de solidarité" 100% de leur rémunération nette à tous les salariés en chômage partiel. Un geste de la direction, donc, dans la mesure où ce chômage partiel n’est indemnisé par l'État qu’à la hauteur de 84% du salaire net. 

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En revanche, les salariés sont invités eux aussi à faire un effort : le texte prévoit de diminuer les congés d'été de trois à deux semaines consécutives minimum. Les cadres apporteront au "fonds de solidarité" deux jours de congés par mois, tandis que la contribution des ouvriers, employés, techniciens et agents de maîtrise sera d'un seul jour. L'entreprise alimentera également ce fonds.

Dans la perspective d’une reprise d’activité, l’accord prévoit comme préalable "un protocole renforcé de ‘gestes barrière’" pour atteindre "le meilleur niveau de protection" contre le Covid-19 pour les salariés "dans les sites industriels, commerciaux, tertiaires et d'ingénierie".

Maintien du salaire

La priorité pour les syndicats signataires, a été le maintien du salaire à 100%, quitte à piocher dans les vacances des employés. Et c’est justement ce que dénonce la CGT : pour financer le chômage partiel, "les actionnaires de PSA ne sont absolument pas mis à contribution. Les salariés devront encore être solidaires entre eux" et cet accord est "une remise en cause brutale de nos congés d'été", a ainsi protesté Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central. 

FO estime quant à elle avoir obtenu une compensation, avec une garantie "essentielle", l’assurance que les congés d’été puissent être pris "sur la période des vacances scolaires, c'est-à-dire en juillet et août", souligne le syndicat dans un communiqué. La direction avait envisagé que ces congés soient pris de mai à fin octobre, et souhaitait pouvoir limiter à 12 jours consécutifs la prise de congés d'été. La CFDT (5e syndicat représentatif) attend néanmoins "un autre élan de solidarité" de la part des cadres dirigeants et actionnaires, qui pourraient participer "financièrement par le biais de dons" au fonds solidaire "ou par la non-prise de dividendes pour l'année 2020".

Même process chez Renault

Chez Renault, la question se pose aussi, révélant les mêmes scissions syndicales. En début de semaine, la CFDT, FO, et CFE-CGC ont signé avec la direction un accord de "reprise" de la production, avec, là aussi, la garantie de salaire financés à 100 % financé, bien qu’en chômage partiel. Il prévoit que tous les salariés donnent un jour de repos (au choix) pour financer le maintien des salaires, puis un jour de repos par semaine de chômage partiel.  Là non plus, la CGT n'a pas signé. Elle a dénoncé vendredi la "monétisation" d'"une partie de leurs congés", par les salariés qui "financeront eux-mêmes entre 75% et 90%" du maintien de leur propre salaire. Le syndicat pointe en outre des dispositions d'augmentation du temps de travail prévues pour la reprise de l'activité. 

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"Sous couvert d’un soutien à la reprise de l’activité, la direction prévoit des séances de travail supplémentaires imposées, (samedi et allongement journalier) jusqu’à la fin de l’année", écrit la CGT dans un communiqué. "Mais comme si cela ne suffisait pas, la direction s’autorise aussi à modifier la durée et le positionnement des congés payés en pouvant réduire à 12 jour consécutifs comme la loi l’impose (…) Après le confinement à domicile", ce sera "le confinement à l'usine et dans les bureaux", estime le syndicat.

Pour rappel, selon des chiffres donnés cette semaine, avec la crise du coronavirus, le marché automobile français a chuté de 72,2% en mars et devrait baisser de 20% sur l'année.  PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel) a vu ses immatriculations de voitures particulières neuves dégringoler (-73,4%), tout comme le groupe Renault (-71,6%), avec Dacia et Alpine, d'après les chiffres du Comité des constructeurs français d'automobiles.

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