Un soutien financier mais pas encore de date de réouverture pour les bars et restaurants

Un soutien financier mais pas encore de date de réouverture pour les bars et restaurants
Emploi

DÉCONFINEMENT - Emmanuel Macron et quatre ministres se sont entretenus ce vendredi matin avec des représentants de la restauration, de l'hôtellerie et du tourisme pour étudier la manière dont le secteur, au bord de l'effondrement, pourra retrouver ses clients et se relever. Mais la décision sur la date de réouverture ne sera prise que fin mai.

Rien à l’horizon, à l’issue d’une réunion qui aura duré plus de trois heures. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, venu faire un premier bilan sur le perron de l’Elysée après les discussions du gouvernement avec le secteur de l'hôtellerie-restauration et du tourisme, s’est montré très, très prudent.

Emmanuel Macron et quatre ministres se sont en effet entretenus ce vendredi matin avec des représentants de ce secteur sinistré pour étudier les mesures de déconfinement et la manière de le soutenir. Et il semble bien que la convivialité à la française, le coude-à-coude dans les restaurants, soit l’une des principales difficultés pour la réouverture des restaurants et hôtels, qui ne pourront pas retrouver leurs clients le 11 mai, comme les autres commerces. Beaucoup de professionnels du secteur poussaient pour une réouverture le 15 juin, afin de sauver en partie la saison estivale.

Mais aucune date n’a été avancée par Bruno Le Maire, et c’est assumé. "Rien ne serait pire que de faire une ouverture dans la précipitation, qui nous obligerait à fermer à nouveau", a-t-il dit. "Nous préférons nous donner le temps de faire une réouverture dans les meilleures conditions possibles". "On se donne entre le 11 mai et fin mai, une quinzaine de jours pour regarder comment évolue la situation sanitaire", a expliqué l'hôte de Bercy, évoquant une "clause de revoyure", fin mai, où tous les acteurs seront à nouveau réunis pour en décider. Une  extrême prudence causée par le es nombreuses incertitudes sur les modalités sanitaires de réouverture. 

Les professionnels ont d’ailleurs soumis des propositions, via un "Guide de bonnes pratiques", que Bruno Le Maire a trouvées intéressantes, et va étudier avec les ministres du Travail  et de la Santé. "Ce sont par exemple des espacements des tables d’un mètre, des réservations limitées à huit personnes, l’obligation pour le personnel de salle de se laver les mains toutes les 30 minutes", a-t-il énuméré.

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Des mesures sanitaires encore à préciser

Quelles seront les conditions pour rouvrir ? A quoi ressembleront les gestes barrières dans ces établissements ? Comment rouvrir les cuisines ? Tout doit donc encore se décider. Et ce n’est pas sans incidence pour les professionnels : le modèle économique d’un restaurant tient-il la route s’il n’est autorisé à remplir que la moitié de sa salle ? 

Mais si la date et les implications restent donc floues, l’Elysée voulu montrer son soutien inconditionnel à ce secteur au bord du gouffre. Le plan de soutien économique à la filière a été renforcé. Il a été confirmé que le dispositif de chômage partiel serait prolongé. Le ministre a également annoncé l'annulation des charges sociales et fiscales dans la restauration et l’hôtellerie entre le mois de mars et le mois de juin ; puis, à compter du 1er juin, le renforcement du fonds de solidarité : pour les entreprises qui continueront à être fermées, le fonds sera accessible désormais à celles réalisant jusqu’à 2 millions de chiffre d’affaires, au lieu de 1 million jusqu’à présent, et comptant jusqu’à 20 salariés au lieu de 10.

C'est prudent de la part du gouvernement- Didier Chenet, président du GNI sur LCI

Au vu des premières réactions, la position du gouvernement semble rassembler le soutien de la profession. Toujours pas d’horizon, mais c’est "prudent de la part du gouvernement", a estimé sur LCI Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants. "Il est normal qu’on veuille attendre les résultats des quinze premiers jours du déconfinement. Il est important de ne pas ouvrir dans la précipitation. Ce qui est important c’est que le gouvernement a à nouveau montré son soutien à notre secteur et l’accompagnement de l’Etat au niveau des charges." 

Quant aux conditions sanitaires, elles ont été abordées, et "l’ensemble du secteur est prêt à faire respecter ces consignes sanitaires", a poursuivi Didier Chenet, donnant quelques exemples : "Il y aura bien entendu la mise à disposition de gels hydro-alcooliques pour les clients. On va espacer plus les tables, il va y avoir le port du masque dans les cuisines, par contre il ne sera pas obligatoire en salle. Après, c’est une question de gestion et d’accueil vis-à-vis des clients. Il y aura probablement prise de température des salariés, tout cela sera confirmé par la suite."

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Alain Ducasse, chef étoilé qui participait à la réunion, a lui réagi sur BFMTV : "La volonté de l’exécutif est très claire. Après le 11 mai, nous allons regarder 20 jours plus tard comment se comporte le virus. C’est ce que le Collège culinaire, dont je fais partie, demandait depuis le début. Le risque serait grand de devoir refermer mi-juin si nous ouvrions début juin trop vite, donc je suis très satisfait du tempo donné et des précautions prises." Quant aux aides, là encore, il s’est montré satisfait : "Nous sommes les victimes d’une décision d’Etat, celle de fermer les établissements le 15 mars." Et lui qui possède des restaurants dans plusieurs pays mesure la différence : "Cela me paraît logique et normal qu’il nous accompagne, mais en France, nous sommes plutôt bien servis par rapport aux autres pays."

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