"Rouvrir les restaurants, oui mais pas à n’importe quel prix" : Philippe Etchebest prudent sur la date du 15 mai

"Rouvrir les restaurants, oui mais pas à n’importe quel prix" : Philippe Etchebest prudent sur la date du 15 mai
Emploi

RESTAURATION - Alors que des députés LREM proposent d’avancer la réouverture des restaurants au 15 mai, le chef étoilé Philippe Etchebest, interrogé ce mardi sur LCI, appelle à la prudence dans cette "situation compliquée".

Eux proposent une date. Alors que, pour le secteur de la restauration, les détails du déconfinement restent encore très flous, 110 députés LaREM ont remis un rapport, lundi 27 avril au ministre de l’Economie Bruno Le Maire, dans lequel ils avancent une date de réouverture : le 15 mai. Une ouverture beaucoup plus tôt qu’annoncée, mais qui aurait pour but de "sauver le secteur touristique", en permettant la réouverture des établissements, mais avec "des règles strictes pour empêcher une nouvelle propagation massive du coronavirus".

Ce déconfinement des restaurants se ferait cependant en "trois étapes" sous réserve de l’évolution de la pandémie : le 15 mai pour les départements en "sous-mortalité", le 1er juin pour les départements "à mortalité modérée" et le 15 juin pour les départements "à mortalité forte". Les élus préconisent des "règles nationales claires adaptables par chaque maire", avec la mise en place de mesures barrières, telle que la distance entre les tables, le nettoyage entre les services, mais aussi des effectifs adaptés à la capacité d’accueil du restaurant, ou encore un label sanitaire.

Un rapport qui ne s’inscrit donc pas vraiment dans le timing du gouvernement, qui a annoncé la semaine dernière une "décision finale vers la fin du mois de mai pour avoir une date de réouverture des cafés, restaurants et bars", après une réunion vendredi dernier avec les professionnels du secteur. 

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Mais… est-ce faisable ? Interrogé ce mardi sur LCI, le chef étoilé Philippe Etchebest n’a pas eu de réponse définitive, s’attachant à montrer à quel point l’équation est compliquée. "Pour résumer, on a le choix entre la peste et le choléra", dit-il. "C’est compliqué. On a tous envie de rouvrir, mais bien sûr pas à n’importe quel prix. Rouvrir, mais pas au prix de la santé et du coût financier, c’est évident." Il pointe aussi ce qu’implique cette réouverture, pour le restaurateur : "Rouvrir mais avec quelle responsabilité ?  Si la responsabilité des restaurateurs est engagée par rapport à leurs salariés et à leurs clients ? Cela me paraît compliqué." Sans compter les problématiques financières.

Le chef étoilé dit recevoir de nombreux messages de détresse de restaurateurs qui ont une "urgence de réouverture" : "C’est très compliqué, c’est très dur à entendre. Car oui, ouvrir mais pas n’importe comment, pas à n’importe quel prix [...] La saison est proche et arrive et des restaurants de la côte voudraient ouvrir car ils engagent beaucoup d’emplois et la survie de leur entreprise. Mais je crois qu’il faut patienter et être sûr à 100%." 

Ne pas rouvrir dans la précipitation

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Lui qui a assisté à la réunion de vendredi à l’Elysée entend en effet aussi la position du président de la République : "Emmanuel Macron a dit qu’il ne prendrait pas le risque de rouvrir les établissements s’il y avait la possibilité d’une deuxième vague, et je peux l’entendre. Il faut être prudent. Car rouvrir dans la précipitation, c’est remettre une machine en marche qui est assez conséquente, et s’il fallait la refermer deux ou trois semaines plus tard, les conséquences seraient assez dramatiques. Nous sommes dans l’inconnue la plus totale."

Et il le sait, après tout cela, il faudra aussi "rassurer les clients et salariés, donner envie aux clients de revenir dans nos restaurants. Car avec ces mesures d’hygiène, de distanciation sociale, nos restaurants risquent de ressembler à des Ehpad ou des hôpitaux, je le dis de manière un peu provocatrice, mais est-ce que les gens vont avoir envie de venir, dans ces lieux où l’on vient pour trouver de la convivialité et du partage ?"

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