Sexisme au travail : les jeunes générations plus attentives et moins tolérantes mais les clichés persistent

Sexisme au travail : les jeunes générations plus attentives et moins tolérantes mais les clichés persistent

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ÉTUDE - Selon une enquête de "Great place to work", les jeunes générations sont moins tolérantes en matière de comportements sexistes au travail. Pour autant, le leadership féminin est toujours victime de stéréotypes persistants et les freins à la carrière des femmes existent encore.

Le temps passe, les générations changent, l’époque évolue, les perceptions aussi. Même en entreprise. Même en matière de sexisme. C’est ce que révèle une enquête de Great place to work  qui s’est penchée un peu plus spécialement sur la perception par les nouvelles générations de l’égalité hommes-femmes au sein de l'entreprise.


Et il y a du changement. Les jeunes (moins de 35 ans) apparaissent ainsi comme plus attentifs et moins tolérants aux comportements sexistes au boulot : 63 % les identifient comme un frein que peuvent rencontrer les femmes pour évoluer, contre 60 % de la population française en moyenne. Les jeunes sont également plus optimistes que la moyenne sur la place des femmes au travail  : ils sont 68 % à penser que l’entreprise est un environnement propice à leur réussite (contre 65 % des Français) ; 77 % à considérer que les rémunérations sont égales entre les salariés et salariées (contre 73 %), et 63 % à affirmer que les femmes ont les mêmes chances que les hommes d’accéder à des postes de direction (contre 59%).

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Encore des freins

Toutefois, les femmes rencontrent encore des freins importants au cours de leur carrière, révèle encore l’étude. Car bien que l’équité soit désormais plus prononcée et que le nombre de femmes à des postes stratégiques soit en augmentation, les représentations stéréotypiques négatives sont toujours "bel et bien présentes". 


À la question : 'quels sont les freins qui se mettent à travers des carrières féminines', il en ressort : les comportements sexistes (60 %), la vie de famille/la maternité (55 %), la tradition propre à l’entreprise (40 %) et la tradition propre au secteur (28 %). On retrouve également l’auto-censure (14 %), les compétences (9 %), la formation (8 %) et l’envie (5 %). Cela souligne  "à quel point les femmes sont influencées par l’image qu’elles renvoient dans l’entreprise", analyse l'enquête.

Les femmes associées à des "soft skills"

Enfin, le leadership féminin est toujours victime de stéréotypes persistants, en étant notamment souvent perçu comme différent du leadership masculin pour 71 % des Français. En d’autres termes, indique l’étude, certaines qualités sont encore typiquement attribuées aux femmes : l'écoute, la communication, et l’empathie (les "soft kills"), sont ainsi largement en tête avec respectivement 69 %, 52 % et 44 % des réponses. 


En queue de peloton, se trouvent la vision stratégique (25 %) et le pragmatisme (18 %), qualités incontournables pour des postes stratégiques/ de direction mais encore majoritairement considérées comme "masculines". Et même lorsque les femmes parviennent à de très hauts postes, elles restent souvent associées à des qualités relationnelles. C’est pourquoi elles tendent à rester dans des fonctions telles que les RH, la communication ou la RSE, estime le document. "Ceci témoigne de l’évolution des qualités nécessaires pour les dirigeants, mais aussi de la carte que les femmes ont à jouer en termes de leadership", conclut l’étude de Great place to work.


> Enquête  menée en 2018 auprès d’un échantillon représentatif de 2866 salariés français, avec un focus sur les jeunes générations (ici, les salariés de moins de 35 ans).

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