Stress, perte d’efficacité, mais aussi frein à la carrière : quand la charge mentale personnelle influe sur le travail

Stress, perte d’efficacité, mais aussi frein à la carrière : quand la charge mentale  personnelle influe sur le travail
Emploi

MÉLANGE DES GENRES - Alors que les vies professionnelle et personnelle sont de plus en plus entremêlées, les problématiques du quotidien pèsent sur les salariés et leur performance, confirme une étude menée par Yoopies et le LabRH. Un mal que subissent particulièrement les femmes.

C’est presque un truisme que de le dire : les vies privée et professionnelle se mêlent toujours plus. Et si le professionnel déborde de plus en plus le soir et les week-ends sur le personnel, l’inverse est aussi vrai : les salariés gèrent de plus en plus des parties de leur vie privée au travail. Pêle-mêle, on peut citer le fait de réserver une baby-sitter pour la soirée du samedi, d'envoyer le certificat de scolarité du fils au CE de l’entreprise, de trouver un Ehpad pour son père âgé, voire de préparer les courses pour le dîner. 

Mais quel impact cela a-t-il sur la productivité ? La plateforme de services à la personne Yoopies et Le LabRH, une association qui veut promouvoir l'innovation RH, ont scruté l’impact de cette charge mentale sur le monde du travail.

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Gérer sa vie privée au travail

"Charge mentale". Rappelez-vous : c’est la dessinatrice Emma qui, en 2017, a associé ces deux mots et popularisé ce fait d’avoir l’esprit encombré par des tâches du quotidien. La charge mentale, c'est avoir en permanence dans un coin de la tête les impératifs liés aux tâches domestiques, parentales, familiales et personnelles, même en-dehors de leur réalisation. Un mal -ou un fardeau- plus souvent féminin, puisque les femmes assurent encore, d'après les chiffres de l’Insee de 2015, 71% des tâches domestiques et 65% des tâches parentales. 

Selon l'étude Yoopies-La Lab RH, il apparaît que la quasi-totalité des salariés (94%) gèrent au moins un aspect de leur vie privée au travail. 86% le font au moins une fois par semaine, et parmi eux, deux tiers y passent entre 30 minutes et 3 heures. Ils sont même 1 sur 10 à consacrer plus de trois heures par semaine à ces tâches.

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PARTI PRIS - Charge mentale : comment changer les choses ?

Les enjeux privés les plus gérés au travail sont, d'abord, à une très grande majorité, les questions liées aux enfants (78%, heureux parents !) et les problèmes personnels (73%), comme un divorce ou un déménagement. Suivent, mais loin derrière, les tâches quotidiennes, telles que le ménage ou le pressing (44%) ou l'aide à un  proche dépendant (25%). Dans le détail, concernant les parents salariés, la gestion de la garde des enfants occupe le plus de temps (74%), devant les interactions avec la nounou ou l'établissement scolaire (66%), puis les urgences diverses, comme une maladie ou un accident (62%).

Forcément, gérer ses soucis personnels entre deux tâches au travail n'est pas sans conséquences. 67% des salariés admettent ainsi que cette charge perturbe leur efficacité et 44% que leurs missions subissent du retard. 87% confirment que c’est une source de stress, de fatigue et de baisse de motivation. Un salarié sur 5 a même déjà eu des difficultés avec sa hiérarchie du fait de problématiques privées et près d'un sur trois pense que ces impératifs ont eu une incidence négative sur leur évolution de carrière.

Double journée

"Les tâches du quotidien ne restent pas derrière la porte au moment d’aller travailler", souligne Benjamin Suchar, fondateur de Yoopies. "La fameuse double journée des femmes est en réalité une seule et même journée au cours de laquelle travail et tâches domestiques s’entremêlent en permanence avec des effets délétères sur le bien-être et la productivité." Selon lui, en montrant l’impact de la charge mentale sur les évolutions de carrière, cette enquête montre "que la lutte pour l’égalité femmes-hommes en entreprise passera obligatoirement par la prise en compte des inégalités au sein de la sphère privée". 

Ce mélange de vie privée et professionnelle semble en tout cas de plus en plus assumé. Au point que deux salariés sur trois souhaitent être soutenus par leur employeur dans la gestion de leurs problématiques privées. Et les solutions existent : aménagement des horaires, participation financière (services à la personne, garde d’enfants...), plateforme d’écoute et de conseil, outils numériques d’accompagnement à la recherche de prestataires et aux démarches administratives, sensibilisation des managers...  Mais à ce jour, seulement la moitié des entreprises ont mis en place des initiatives en ce sens.

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