"Travail à temps partagé" : qui sont ces salariés qui travaillent pour plusieurs entreprises ?

"Travail à temps partagé" : qui sont ces salariés qui travaillent pour plusieurs entreprises ?
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MONDE DU TRAVAIL - Le dernier baromètre du "Portail du temps partagé" permet de dresser un état des lieux de ce fonctionnement professionnel, méconnu, de ces personnes cumulant plusieurs employeurs tandis que ces mêmes employeurs partagent ces collaborateurs avec d'autres sociétés.

Alors oui, il prêche pour sa chapelle. Il n’empêche que le Baromètre 2019  du travail à temps partagé, réalisé par "Le Portail du temps partagé", un dispositif de promotion de ce mode de travail, permet de dresser quelques enseignements intéressants. 


Parmi eux, ce chiffre : selon l'étude, 93% des personnes qui pratiquent l'emploi à temps partagé -qui consiste pour un salarié à travailler pour plusieurs entreprises et pour ces mêmes entreprises à partager ce collaborateur avec d'autres sociétés- en sont contents. Au total, 430.000 professionnels travaillent de cette manière en France. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Eléments de réponse.

D’où vient ce mode de travail?

Avec les Trente Glorieuses et la croissance économique, les standards de travail se sont plus ou moins unifiés et le CDI est devenu la norme d’emploi. Mais à partir des années 1980, émergent de nouvelles formes d’emploi pour s’adapter à la demande dans une économie qui s’organise davantage autour du client : volonté de réduire les coûts, prise en compte des évolutions technologiques mais aussi aspirations des travailleurs à accéder à plus d’autonomie. 


Autant de facteurs qui font que le travail à temps partagé est parfois considéré aujourd'hui comme un mode de travail qui a de l’avenir. Et qui serait évidemment "gagnant-gagnant" pour les promoteurs de ce genre de travail : côté entreprises, il offrirait souplesse et agilité pour être compétitives en permettant notamment aux TPE et PME de s’adapter en fonction des pics d’activités ou dans des moments où le manque de visibilité sur le long terme ne les incite pas à embaucher.  Côté salariés, il répondrait, selon le Livre Blanc du Portail du temps partagé, à la recherche de la sécurité de l'emploi ainsi que d'un véritable épanouissement professionnel en effectuant des missions variées, tout en bénéficiant d'une reconnaissance de leurs expertises.


Plusieurs formes de relations existent, comme le rappelle "Le Portail du temps partagé" :

Qui cela concerne-t-il ?

D’après le Baromètre 2019, ce mode de fonctionnement est aujourd’hui utilisé à 54% par des femmes et  46% par des hommes. Côté statut, il revêt une multitude de formes : 28% des professionnels le pratiquant sont indépendants, avec leur propre structure ; 24% sont salariés en CDD ou CDI au sein d’un groupement d’employeurs, 11% sont salariés (CDI ou CDD) d’une entreprise de travail à temps partagé, 10% en portage salarial (activité professionnelle indépendante qui permet la couverture sociale d’un salarié classique) et enfin 8% en pluriactivité, c'est-à-dire cumulant les statuts de salarié et d'indépendant.


Les travailleurs en temps partagé évoluent essentiellement dans des métiers de services : finance, informatique, achats, RH, marketing, communication. Géographiquement, ils sont 30 % en Ile-de-France, 32% dans les grandes villes régionales et 40% en région, hors grande agglomération. 


La majorité sont des professionnels aguerris (75% ont 40 ans et +) mais leur ancienneté dans le temps partagé est encore limitée (17% le pratiquent depuis plus de 5 ans).

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Pour quelles raisons choisissent-ils ce mode de fonctionnement ?

La question peut se poser, à une époque où le CDI est la norme, et où les entreprises poussent à toujours plus de flexibilité (et donc de précarité pour le travailleur) : ce mode de fonctionnement est-il un choix ou une contrainte ? D’après le Baromètre, ceux qui le pratiquent semblent en tout cas satisfaits puisqu'ils sont donc 93% à indiquer souhaiter rester à temps partagé, afin de profiter de la diversité des missions (35%) et d'être autonome (26%). 


Les raisons qui ont choisi à opter pour ce mode de travail sont diverses, mais certaines laissent néanmoins à penser que la situation a parfois été un peu "subie" : 54% des sondés disent l’avoir choisie pour avoir "une nouvelle façon de travailler" ; 22% ont saisi une "opportunité du moment " ; pour 16%, il s'agissait carrément d'un "retour à l’emploi" et 8% avancent des raisons diverses (autonomie, être propriétaire de son emploi, garder contact avec la vie active...). Le baromètre détaille les avantages  supposés pour le professionnel : diversité des missions pour 35% des sondés tandis que 26% mettent en avant une "autonomie" renforcée et 23% un meilleur équilibre vie perso-vie pro.


Les entreprises, quant à elles, y trouvent tout leur intérêt : elles disent apprécier cette solution flexible (27%), permettant une expertise plus pointue (25%) et... une meilleure maîtrise des coûts (22%). 

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