UberEats et Deliveroo mettent une roue dans les grandes surfaces à la faveur du confinement

UberEats et Deliveroo mettent une roue dans les grandes surfaces à la faveur du confinement

COMMERCE - En plein confinement, plusieurs enseignes de grande distribution proposent de livrer des courses via Deliveroo ou Uber Eats, un moyen de se diversifier.

Avant, Uber Eats mettait le restaurant dans votre salon. Aujourd’hui, c’est moins romantique mais plus pragmatique : c’est le supermarché, qu’il fait venir à vous. Uber Eats et Carrefour ont en effet annoncé mercredi un partenariat visant à livrer rapidement à domicile une centaine de références des magasins du distributeur, à partir du 6 avril. Le service est d'abord proposé à Paris et en proche banlieue, mais "sera rapidement déployé à l'échelle nationale".

Les enseignes présentent ce dispositif comme une mesure pour « soutenir les Français » et encore mieux respecter le confinement : "Effectuer la livraison de produits du quotidien via l’application Uber Eats, permettra aux Français de pouvoir rester chez eux et contribuera à aplatir la courbe de propagation du virus", indique le groupe dans un communiqué. "La faculté d'être livré à domicile en 30 minutes permet de respecter plus pleinement encore le confinement. En outre, "s'appuyer sur l'agilité d'Uber Eats et la largeur d'audience de son application permet de démultiplier l'accès aux Français", explique Amélie Oudéa-Castéra, directrice exécutive e-commerce de Carrefour.

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières infos sur l'épidémieA quel stade en est l'épidémie, département par département ?

Lire aussi

Mi-mars Franprix du groupe Casino et Deliveroo avaient eux aussi annoncé un renforcement de leur collaboration, ajoutant à la centaine de références déjà disponibles la possibilité de livrer surgelés, produits d'entretien, produits d'hygiène et pour bébé.

Si ces unions sont présentées comme des moyens de lutte contre le coronavirus, dans les deux cas, les discussions avaient débuté en amont. Mais le confinement décidé le 17 mars a accéléré le mouvement. Pour les grandes surfaces, "le sujet de la livraison à domicile, que ce soit de colis ou de repas, devient extrêmement important en milieu urbain", estime Yves Marin, expert du secteur au sein du cabinet Bartle. Si les grandes surfaces se sont diversifiées, "via le drive en voiture ou piéton", la "part de paillasson", celle que se disputent les entreprises en contact direct avec le consommateur devant sa porte, "est en train de leur échapper", poursuit le spécialiste. "Il faut aller chercher l'argent là où il est, et une partie de cet argent ne vient plus dans les supermarchés". Encore plus en période de confinement.

Lire aussi

Cette diversification n’est cependant pas sans conséquences pour les livreurs de ces plateformes. L'annonce de cette nouvelle collaboration intervient au moment où certains collectifs réclament, pour des livreurs que l'activité rend particulièrement exposés aux risques de contracter et transmettre le coronavirus, un droit de retrait avec une indemnisation.

"Aujourd'hui, vu la baisse d'activité, les livreurs sont obligés de multiplier les courses pour s'en sortir, et donc les contacts dangereux", indique Arthur Hay du syndicat des coursiers à vélo de la Gironde. "Pour la plupart, ils n'ont ni gel, ni masques. Deliveroo rembourse un forfait de 25 euros mais on ne trouve pas le matériel, alors ça ne veut rien dire". 

Des partenariats pérennes

Jérôme Pimot, du collectif des livreurs autonomes de Paris (Clap), va dans le même sens : Organiser la livraison pour des gens qui ne peuvent pas se risquer à faire leurs courses, très bien, mais si la livraison repose sur des auto-entrepreneurs surexploités, c'est un acte de précarisation". 

Outre le risque d'exposer les livreurs pour des besoins pas toujours essentiels, peut-on leur faire transporter sur le dos des kilos de pâtes ou des packs de lessive? La communication d'Uber assure que les livreurs ne porteront pas plus de 7 kg. En cas de commande excédant ce poids, elle sera partagée entre plusieurs livreurs, sans surcoût. 

Ces partenariats devraient en tout cas survivre à la période de confinement. Carrefour souhaite développer celui avec Uber Eats, et "épaissir dans la durée cette relation, et progressivement y intégrer plus que des courses du quotidien avec des livraisons de repas, qui peuvent aujourd'hui être préparés dans nos supermarchés".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Vincent éliminé de "Koh-Lanta" : "En rentrant, je me suis inscrit à une formation pour devenir coach de vie"

Féminicide à Mérignac : "Ça s'est joué à une seconde", témoigne un voisin qui a tenté de s'interposer

EN DIRECT - Covid-19 : moins de 20.000 cas en 24h, la décrue se poursuit à l'hôpital

VIDÉO - Vincent de Koh-Lanta : "J’ai déposé l’expression 'I don’t want this' !"

Laëtitia éliminée de Koh-Lanta : "Le plus surprenant, c'est que ça vienne de Lucie"

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.