Un actif sur trois est en transition professionnelle, du jamais-vu : qu’est-ce que cela veut dire ?

Emploi

ETUDE - L’Observatoire des trajectoires professionnelles observe une augmentation notable des transitions professionnelles en France en 2018. L’enjeu est de savoir si ces mouvements importants du marché préparent réellement l’avenir.

Est-ce le marqueur d’une instabilité de plus en plus grande ? Ou le signe que les salariés ont intégré le fait d'être toujours plus adaptables ? Dans sa 4e édition, l’Observatoire des trajectoires professionnelles du Groupe IGS et d’Adecco observe une augmentation notable des transitions professionnelles en France en 2018 : 1 actif sur 3 en a connu une en 2018, contre 1 sur 4 les années précédentes.

La transition professionnelle, qui désigne tous les changements de positions au sein de l’espace socioprofessionnel (mobilités horizontales, promotions, déclassements, passages d’une situation d’emploi au chômage…) semble de plus en plus banale. En 2018, outre le fait qu'elles augmentent, elles touchent des publics différents :  elles concernent  davantage les jeunes qu’avant (80% des 18-26 ans contre moins de 50% les années précédentes), autant les hommes que les femmes quand ces dernières étaient plus impactées par le passé, et notamment des personnes en "mobilité" et en "réorientation". Les personnes dont le niveau d'éducation correspond au niveau collège ou Bac + 3 à Bac + 8 sont particulièrement concernés.

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C'est du jamais-vu : "Le nombre de transitions professionnelles est en hausse pour la première fois en quatre ans, avec des formes mouvantes", écrit l’Observatoire, qui avance deux explications : d’un côté, la sécurisation des parcours professionnels des actifs occupés qui préparent leur avenir ; de l’autre, des mouvements court-termistes liés à une reprise du marché de l’emploi. "Ces mouvements restent à surveiller pour saisir les incidences sur les trajectoires des individus".

Car cette mobilité semble... créer de la mobilité. Parmi les personnes ayant déjà connu une transition sur les douze derniers mois, un sur cinq souhaite déjà changer d’emploi ou de profession dans l’année à venir. "Ces chiffres interrogent ainsi sur la capacité des transitions professionnelles à stabiliser les individus et à les faire accéder à une situation professionnelle qui les satisfasse", note l'étude.

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Envie d'être formés mais mal informés

Les dispositifs de sécurisation des parcours restent en fait encore à diffuser auprès des actifs. L'envie de formation est en effet là, mais il existe une grande méconnaissance et un manque d’appropriation des différents dispositifs : 7 actifs sur 10 envisagent une formation pour faire évoluer leur carrière, mais seuls 9% savent comment avoir recours aux dispositifs de financement en autonomie, et 31% ont ouvert leur Compte personnel de formation en ligne en 2018. Pourtant, les formations sont bénéfiques : un individu qui souhaite se réorienter a moins envie de le faire de nouveau au cours de l’année suivant sa réorientation lorsqu’il a opté pour une action de formation (28%) que lorsque ce n’est pas le cas (37%).

L’Observatoire note enfin qu'au-delà de la formation professionnelle, les dispositifs d’accompagnement et d’orientation doivent être développés davantage. En effet si de plus en plus de salariés ont un entretien professionnel et en sont satisfaits, beaucoup méconnaissent ces dispositifs tels que le CEP et le CPF, ce qui "interroge sur la qualité dudit entretien", estime l'Observatoire. 60% estiment ne pas être suffisamment informés sur les métiers et secteurs porteurs d’emploi, et près de la moitié ignore, comme en 2017, vers qui se tourner pour les aider à orienter leur carrière.

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