Un tiers des managers décident seuls (au grand dam de leurs collaborateurs)

Un tiers des managers décident seuls (au grand dam de leurs collaborateurs)

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ETUDE - Les salariés français jugent également que leur supérieur hiérarchique "a pour principale motivation son intérêt personnel".

Ils la jouent perso plutôt que collectif. Et, comme en sport, ce n’est pas une tactique forcément appréciée ni payante. Le Baromètre Décision MPI executive-YouGov s’est penchée sur la perception des managers par leurs salariés, notamment concernant la prise de décision, car la manière de décider, serait, selon le baromètre, le "meilleur prédicateur de la qualité du manager".


Il ressort de cette étude menée sur plus de 3.300 salariés en France, Allemagne et Royaume-Uni, que près d’un tiers des managers décident seuls…  Dans le détail, 31 % des salariés français répondent "seul, sans consulter ses équipes", tandis que 34 % jugent que leur manager "consulte d’abord son équipe, puis prend ensuite sa décision seul" et 22 % que "les décisions sont prises de manière collective, le manager ne fait qu’acter la décision". Cette proportion de mode de décision solitaire se retrouve dans les autres pays européens étudiés : 28 % des managers anglais et 30 % des Allemands décident seuls.

Motivés uniquement par leur intérêt personnel ?

Cette façon de voir est un problème, estime l’étude. Car le manager qui décide seul est (le plus souvent) considéré comme un mauvais manager par ses troupes, quel que soit le pays considéré. Ainsi, aux yeux des salariés, un manager qui décide seul n’assume pas ses responsabilités en cas de difficulté (à 41 %, contre 18 % pour les managers qui décident de façon consultative), il tente moins souvent de "trouver des solutions", prend moins souvent des "décisions courageuses", et est moins ardent à "protéger ses équipes en cas de problème".


Les managers français se distinguent, en ce qu'ils sont également jugés plus "persos" dans leur conduite quotidienne. Et les salariés français sont nettement plus nombreux que leurs voisins à juger que leur supérieur hiérarchique "a pour principale motivation son intérêt personnel" – 47 % contre 39 % en Allemagne et 35 % au Royaume-Uni. 


"Ces chiffres démontrent que, aux yeux des salariés, la prise de décision solitaire n’est en rien synonyme de leadership et de capacité à trancher", indique l'étude. "Au contraire, les salariés y voient une façon de se désolidariser de ses équipes afin de pouvoir mieux fuir en cas de problème."

En vidéo

VIDÉO - Les règles de base pour ne pas devenir un mauvais manager

Des attentes différentes

Qu'attendent donc les collaborateurs de leurs chefs ? En fait, les priorités sont différentes suivant les pays. Les Français veulent davantage d'écoute. C’est, à 45%, la compétence qu'ils jugent la plus importante chez un manager. Suivent ensuite pour eux, bien plus loin, "l’esprit collectif" (32 %) et le "sens de l’organisation" (30 %). Ces attentes sont totalement différentes de celles du Royaume-Uni et de l'Allemagne, où l'on plébiscite les compétences de "leadership", à hauteur de 48 % et 46 %, soit deux fois plus qu’en France. Autre différence entre pays, l’attente de compétences techniques chez le manager est jugée déterminante pour les Français, alors qu’en Royaume-Uni et en Allemagne, c’est une attente très secondaire, classée aux 7e et 8e rangs.

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