Cri de désespoir d'une commerçante qui offre des baguettes pour rester ouverte

Cri de désespoir d'une commerçante qui offre des baguettes pour rester ouverte

SYSTÈME D - Pour les commerces jugés non-essentiels, le nouveau confinement est un véritable coup dur à l'approche des fêtes de fin d'année. Condamnés à fermer leurs portes au public, certains optent pour la privatisation de leur boutique, quitte à se mettre hors-la-loi. C'est le cas de Sylvie Scotti, gérante d'une boutique de décoration à Saint-Malo.

Depuis le reconfinement, le rituel est le même chaque matin pour Sylvie Scotti. Un sac de baguettes sous le bras, elle prend ses quartiers dans sa boutique. La commerçante va les offrir à ses clients, un pied de nez à l’interdiction généralisée du commerce dit non-essentiel décidé par le gouvernement pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus (Covid-19). Pour elle, ces baguettes sont devenues comme un symbole : celui de la différence entre les commerces considérés comme essentiels (comme les boulangeries) et non essentiels. 

Vingt-huit ans qu’elle a ouvert son magasin de décoration d’intérieur "Album de famille" à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Les nouvelles restrictions pour ralentir la propagation du virus lui imposent une fermeture. Un véritable crève-cœur, dit-elle. "C’est ma vie, ma passion. Et c’est aussi celle de mes salariés. Il n’y a pas que moi. Lorsqu’on monte sa propre affaire, on engage souvent ses propres fonds, en mettant en jeu sa maison ou son appartement", souligne la gérante. 

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Les clients sont reçus uniquement sur rendez-vous

Son magasin, dont la superficie est de 500 mètres carrés, ne manque pourtant pas d’espace. Suffisamment, en tout cas, pour que la distanciation soit bien respectée. Des flacons de gel hydroalcoolique à disposition des clients sont installés un peu partout dans la boutique. Et les clients sont reçus uniquement sur rendez-vous. Sylvie a bien conscience quelle est dans l’illégalité. Mais elle a fait le choix d'ouvrir quand même son magasin, quitte à être hors-la-loi. Elle estime ne pas avoir le choix, d'autant plus qu'elle croule sous les stocks.

"Avec tous les événements qui ont marqué l'année 2020, je pensais qu'on allait fêter un Noël extraordinaire. J'ai donc commandé plus de produits qu'habituellement. C’est catastrophique", s'exclame Sylvie, qui craint maintenant que les restrictions soient prolongées jusqu'à la fin du mois de décembre. A bout de souffle après une année particulièrement difficile, la commerçante n'entend pas pour autant se résigner. Les quelques habitants de Saint-Malo qui la soutiennent dans sa démarche lui redonnent cependant un peu d'espoir. 

Ce jour-là, une famille est venue justement pour avoir des conseils en vue d’aménager un bureau à la maison. "Tout en étant responsable, c'est important qu’on fasse l’effort de faire vivre le tissu local", explique le père de famille, solidaire. A la fin du rendez-vous, c’est toujours avec une certaine émotion que Sylvie remercie ses clients en leur offrant sa fameuse baguette symbolique. "On a toujours besoin de soutien dans ces moments-là", lâche-t-elle, non sans une pointe d'amertume. 

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