La réforme de l'assurance chômage reportée pour cause de coronavirus ? Muriel Pénicaud réfléchit à "plusieurs options"

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CHÔMAGE - Depuis plusieurs jours, les syndicats demandent l'abandon de la réforme des règles de l'assurance chômage, qui doit entrer en vigueur le 1er avril prochain, en raison du coronavirus. Ce jeudi matin sur LCI, la ministre du Travail Muriel Pénicaud s'est dite prête à un aménagement face au "contexte nouveau".

Le gouvernement va-t-il renoncer aux nouvelles règles de l'assurance chômage, comme le demandent les syndicats ? Depuis plusieurs jours, des voix se font entendre, au sein des partenaires sociaux mais aussi de la gauche, pour réclamer un abandon de la réforme qui doit se mettre en place le 1er avril. Interrogée ce jeudi sur LCI, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, n'a pas fermé la porte à cette revendication...

Pour les partenaires sociaux, l'épidémie de coronavirus et la crise économique qui se profile vont précariser davantage les travailleurs précaires et les chômeurs. Les secteurs fragilisés par les effets de l'épidémie, comme l'hôtellerie et l'événementiel, sont en effet très consommateurs de CDD, d'intérim et de saisonniers, d'intermittents du spectacle... Et dans ce contexte, préviennent les syndicats, il serait dangereux, voire "dévastateur" de mettre en oeuvre cette dernière partie de la réforme de l'assurance chômage, qui durcit les conditions d'indemnisation. Mardi, la CFDT, la CGT et FO ont, chacune de leur côté, diffusé un communiqué demandant l'abandon de la mesure. Le lendemain, le député LFI Adrien Quatennens et Boris Vallaud, porte-parole du PS, leur ont emboîté le pas.

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Je pense que c'est une très bonne réforme. Après, il y a un contexte nouveau- Muriel Pénicaud, ministre du Travail

Le gouvernement prête-t-il attention à ce son de cloche ? La porte a en tout cas commencé à s'entrouvrir mercredi. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a en effet lâché de façon elliptique : "La modification des conditions d'accès à l'assurance chômage, c'est sans doute sur ce point que les choses pourraient être difficiles". 

Interrogée ce jeudi sur LCI, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, s'est elle-aussi montrée consciente du problème. Est-ce qu'elle envisage un abandon des nouvelles règles de l'assurance chômage ? Elle ne le dit évidemment pas directement. Mais elle assure plancher à des réponses pour les travailleurs précaires. "On est en train de regarder comment faire, on n'a pas attendu les organisations syndicales", a-t-elle affirmé. "Il y a plusieurs options, on va faire quelque chose, mais c'est trop tôt encore pour le dire. Je suis quelqu'un de pragmatique, je veux faire quelque chose d'efficace par rapport à l'emploi, on prendre la mesure qui sera la plus efficace. Mon but, ma raison d'être, c'est de protéger le salarié." D'après elle, d'ici "quelques jours" sera annoncé "ce qu'on fera pour les chômeurs qui sont aussi des travailleurs précaires." Pour autant, la ministre ne remet pas en cause le fond de la réforme. "Je pense que c'est une très bonne réforme. Après, il y a un contexte nouveau", a-t-elle dit.

Un dossier déjà explosif

Dans le même esprit, l'entourage de Muriel Pénicaud confie au Parisien ce jeudi "travailler à un plan d'accompagnement à l'instar de ce qui est fait pour les entreprises et les salariés", sans vouloir détailler ce qui est à l'étude. "L'heure est au diagnostic". 

Le coronavirus fait en effet resurgir ce dossier qui était déjà explosif, et que le virus ne fait que rallumer. Le 1er novembre dernier, la mise en oeuvre d'une partie de la réforme a durci les conditions d'entrée dans le régime d'assurance chômage : désormais, il faut avoir travaillé six mois sur les 24 derniers pour bénéficier des allocations. A partir du 1er avril, c'est une mesure d'une autre ampleur qui doit être mise en oeuvre : le nouveau mode de calcul des droits et des règles d'indemnisation. L'une des conséquences est que les salariés les plus précaires, qui alternent contrats courts et période de chômage, vont, certes, voir leur durée d’indemnisation augmenter, mais avec un montant de l’allocation qui lui va fortement baisser. Les autres demandeurs d'emploi qui s'inscriront à Pôle emploi à compter du mois d’avril et qui ont connu une période de chômage dans les 24 derniers mois seront aussi impactés : le salaire journalier servant de base à l'allocation va être minoré.

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Le gouvernement optera-t-il pour la souplesse ? C'est en tout cas son maître mot pour tenter d'endiguer les impacts de la crise économique sur les entreprises et les salariés. A savoir s'il maintiendra ce leitmotiv sur la question des travailleurs précaires et des chômeurs. 

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