Bénéfices, risques... quelques enseignements sur le télétravail par ceux qui le pratiquent

ENTREPRISES
ENTREPRISE - Un quart des salariés travaillent actuellement à distance que ce soit de façon contractuelle ou informelle. Une autonomie qui s'accompagne bien souvent d'un engagement accru mais aussi de la crainte d'un isolement social, selon une étude croisant les regards des salariés et des patrons.

La formule satisfait la plupart de ceux qui l'ont expérimentée. Le télétravail - dont les règles ont été assouplies par les ordonnances Macron en septembre 2017- est plebiscité par plus de la moitié de ceux qui le pratiquent. Si bien que 56% des salariés qui ne télétravaillent pas aimeraient en bénéficier.  Mais l'autonomie et l'efficacité permises ne sauraient faire oublier le risque d'isolement. C'est ce qui ressort d'une enquête dévoilée ce mardi 23 janvier 2018 et menée par l'assureur Malakoff Médéric, en novembre 2017, sur 1507 salariés d'entreprises du secteur privé d'au moins 10 salariés et sur 401 dirigeants. 

"Le télétravail peut apporter des bénéfices aux chefs d'entreprise, comme un meilleur engagement des équipes, une plus grande attractivité de la société ou encore une baisse de l'absentéisme. On se dirige sans doute vers du gagnant-gagnant pour les salariés et les entreprises", pressent Anne-Sophie Godon, directrice innovation chez Malakoff Médéric. Quelle est la réalité de cette formule qui pourrait encore évoluer ?  Proportion, fréquence, bénéfices... voici ce que nous apprend cette étude.  

6% des salariés le pratiquent de façon contractuelle

Un quart des salariés (d'entreprises du secteur privé d'au moins 10 salariés) sont concernés par le télétravail. A peine 6% travaillent à distance de façon contractuelle alors que 19% le font de façon informelle sans avenant à leur contrat de travail. Les postes les plus concernés sont ceux des secteurs de l'information et de la communication (16% contractuellement, 37% de manière informelle) et des services (11% et 31%). Les cadres sont surreprésentés (17% et 42%). 

6 salariés sur 10 en sont très satisfaits

La plupart des salariés semblent tirer profit de leur choix : 58% se disent très satisfaits et 33% moyennement satisfaits. Un engouement qui n'efface cependant pas la crainte de perdre le lien social et l'esprit d'équipe (selon 65% des salariés et 47% des dirigeants). Les jeunes sont moins séduits par l'expérience parce qu'ils ont davantage peur de la perte du lien social, de l'isolement, et qu'ils n'ont pas forcément de place chez eux pour travailler dans de bonnes conditions. De façon générale, un télétravailleur sur deux (52%) n'a pas d'espace de travail dédié à domicile mais les solutions extérieures se multiplient, qu'il s'agisse de coworking ou de bureaux satellites aménagés par l'employeur. 

Deux jours par semaine dans l'idéal

Pour près de la moitié des salariés qui ont expérimenté le télétravail, la fréquence idéale serait de deux jours par semaine. Dans la réalité, 57%  travaillent à distance au moins un jour par semaine. Les 43% restants en bénéficient plus épisodiquement, moins d'un jour par semaine, quand ils ont un rapport à rédiger par exemple. 

L'étude ne dit pas quelle est la durée idéale du point de vue des managers. 

Le temps de trajet, première motivation pour le salarié

Avant même la recherche de souplesse dans les horaires (45%), c'est la réduction du temps de transport (53%) qui est invoquée en tête des motivations des salariés pour demander le télétravail. Dans la pratique, 87% estiment avoir amélioré l'équilibre entre vie profesionnelle et vie privée (même si 59% déclarent avoir plus de mal à séparer les deux), 86% se sentent moins fatigués et 83% estiment même réaliser des économies financières, sur les trajets, les repas, les gardes d'enfant notamment. 

Un intérêt aussi pour le chef d'entreprise

Le bien-être et l'épanouissement personnel des télétravailleurs sont susceptibles de profiter aussi aux employeurs. Ceux-ci perçoivent en effet un engagement accru de leurs salariés (82%), une meilleure responsabilisation (80%), un gain d'image pour l'entreprise (68%) et même une baisse de l'absentéisme (39%). Des bénéfices qui peuvent toutefois se faire au détriment, à leurs yeux, de l'esprit d'équipe (47%). Sans oubier la difficulté à manager à distance (38%) ou encore la question des risques qui peuvent se présenter à domicile (21%) en raison d'un manque d'ergonomie ou de la survenue d'un accident domestique notamment. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Loi Travail

Plus d'articles

Lire et commenter