La SNCF est-elle menacée par sa dette ?

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DETTE - Mardi, l’Etat a annoncé l’achat de 15 nouveaux TGV pour sauver le site d’Alstom à Belfort. Ce sont 450 millions d’euros en moins pour l’entretien des voies ferrées. Or la dette de la SCNF explose déjà. Alors comment en est-on arrivé là ?

Deux chiffres. La dette du groupe SNCF, c’est désormais  50 milliards d’euros et les intérêts de cette dette, c’est 1,5 milliard d’euros par an. C’est colossal !

Alors comment la SNCF en est arrivé là ?

1 )  Premièrement, l’engouement pour le TGV a été un piège.   Dans les années 80, il est l’incarnation  de la modernité et donc tous les maires ou les présidents de régions veulent voir un TGV passer chez eux. Résultat :  le TGV dessert aujourd’hui en France près de 230 villes contre seulement 40 villes en Allemagne.  Un kilomètre de TGV coûte de 10 à 70 millions d’euros, c’est faramineux.  

Alors pourquoi cette stratégie du « tout TGV » a été possible ? D’abord  car les usagers ont suivi jusqu’en 2013. Et deuxièmement car la facture des lignes TGV n’était pas payée par l’Etat mais par Réseau Ferré de France, la structure chargé de l’entretien des voies. 

2 ) Le problème, c’est que la multiplication des TGV a coûté tellement cher que l’entretien du réseau est aujourd’hui mal assuré.   30 000 kms de lignes en France qui souffrent de sous-investissement depuis les années 80. L’âge moyen des aiguillages en France est de 30 ans. Les risques pour la sécurité augmentent, on a eu l’exemple ces dernières années d’accidents liés au manque de travaux. Et il faut se souvenir de la démission en février du patron de Réseau Ferré de France. Il confiait qu’il n’avait plus les moyens nécessaires ou entretenir le réseau. 

3 )  Le résultat de ces trente dernières années de tout TGV, c’est une explosion de la dette de la SNCF qui devient incontrôlable.  La raison est simple.  Pour essayer de financer tout ce développement, les prix ont augmenté et donc les Français se sont éloignés des TGV et même des TER à partir de 2013. LA SNCF a souffert de  l’explosion du covoitourage et de l’arrivée des Bus Macron. Pour finir le tableau sombre, la SNCF estime que le terrorisme lui a fait perdre 10% de billets depuis un an.   

Face à tous ces défis et cette dette, l’Etat actionnaire tue toute velléité de réforme de la SNCF. On l’a encore vu au printemps dernier avec l’abandon de la réforme sociale que voulait mettre en place le PDG Guillaume Pépy.  

Résultat de tout ça, c’est l’usager qui paye en termes de sécurité, de finance et ce seront à la fin les contribuables français. 

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