Les compétitions de golf, un bon moyen de faire des affaires ?

Les compétitions de golf, un bon moyen de faire des affaires ?

DÉCIDEURS
BUSINESS – Rendez-vous de puissants hommes d’affaires, lieu où se négocient les plus gros contrats : le golf véhicule encore une image de "place to be" pour faire grimper son entreprise. Cliché éculé ou fait avéré ? Nous avons demandé à Fabrice Clément, organisateur du Start-Up Golf Challenge ce vendredi, un rendez-vous "ludique et décontracté" rassemblant entrepreneurs et investisseurs.

Parmi les clichés qui collent au golf, il y a celui de ces hommes d’affaires, club en main, qui discutent business tout en tapant dans la balle avant de signer des contrats au country-club en fin de journée. Donald Trump n’était jamais avare d’images de lui sur les greens en compagnie de riches industriels. Devenu président des Etats-Unis, il n’a pas délaissé pour autant les parcours et une bonne partie de sa politique semble encore s’y jouer. Alors, le golf est-il un passe-temps de puissants, un véritable accélérateur de business ?

"Le golf sert à faire des affaires, c’est évident. Ce sont les Américains qui l’ont compris en premier", explique Fabrice Clément, dirigeant de l’agence Goweez et organisateur du Start-up Golf Challenge, une compétition opposant entrepreneurs et investisseurs (prochaine édition le 1er juin). "A une certaine époque, la finalisation d’une affaire se faisait sur un parcours". Selon lui, plusieurs raisons expliquent que le golf soit un facilitateur : "Le sport désinhibe. On est face à soi-même, face à un challenge sportif. On ne se soucie que de sa performance. Du coup, cela met tous les acteurs sur un pied d’égalité, quel que soit le niveau."


Une situation loin des rapports de force habituels entre un entrepreneur amené à solliciter un investisseur, ce dernier devant ensuite attendre son retour et sa décision de dire oui ou non à son projet. "Jouer au golf en même temps, cela n’empêchera pas de dire oui ou non, mais l’univers sportif vient niveler les relations dans une ambiance plus décontractée," souligne Fabrice Clément. 

"Le golf est un facilitateur"

Il a donc décidé de créer en 2017 son propre événement pour faire se rencontrer entrepreneurs et investisseurs, dans le but d’aider des start-up à se faire connaître. "L’idée m’est venue un jour après une session de pitch où je venais porter un projet", se rappelle-t-il. "On était 450 entrepreneurs en file indienne face à 10 fonds d’investissement. On attendait que le couperet tombe. J’ai vu trois investisseurs. Le dernier était saoulé et ne m’écoutait plus. Je me suis dit qu’il fallait trouver un moyen différent de le faire". Ce spécialiste du conseil aux start-up s’inspire alors d’un événement monté des années auparavant à HEC autour du golf et en fait "quelque chose de beaucoup plus valorisant, de ludique, où on prend du plaisir que l’on soit investisseur ou entrepreneur, où il y est du fun et aussi du challenge." Car il sait que les échanges sont plus faciles dans un cadre moins officiel et plus décontracté. On se confie plus aisément sur ses recherches, les problèmes rencontrés et les profils recherchés.

La seconde édition du Start-up Golf Challenge se tient ce vendredi 1er juin au Golf du Prieuré (Yvelines). Elle va mettre aux prises les représentants des entrepreneurs face à ceux des investisseurs (par équipes de deux). Mais sans véritable esprit de compétition. "Les participants ne sont pas là pour juger le niveau de golf de chacun. Le golf est un facilitateur, une façon se faire rencontrer deux mondes qui sont amenés à travailler ensemble sous un prisme différent et ludique", apprécie Fabrice Clément avant de modérer avec humour : "La première année, quand j’appelais pour sonder un peu ce que chacun cherchait comme profil d’entrepreneur ou de fonds d’investissement, beaucoup d’entrepreneurs me disaient qu’ils ne venaient pas tant pour lever des fonds que pour rencontrer des gens et mettre "la pâtée" aux investisseurs. Il y a des gens qui adorent faire du relationnel de cette façon (rires)." Car même ceux qui ne sont pas doués pour le golf peuvent venir passer la journée, un professeur sera à leur disposition pour une initiation.

Réseauter et s’amuser

Et Le Prieuré devrait en effet répondre aux attentes de ceux qui veulent faire des affaires. "On sent qu’il y a un intérêt de belles boîtes pour l’événement et on compte des représentants d’entités comme Daphni, Amaury Lab ou Econocom qui seront là pour trouver des startups prometteuses", se félicite-t-il. L’événement sert aussi à réseauter. Des fonds d’investissement (France Angels,  IDinvest…), des profils de tous bords (conseillers fiscaux, cabinet de recrutement, ancien sportif, spécialiste…) et des start-up de tous horizons (IoT, mode, plateforme, crowdfunding…) seront présents, notamment pour la session My Pitch is Good qui va permettre à quatre-cinq start-up sélectionnées de venir présenter leur projet. "Ce sont tous des passionnés de golf ou des personnes qui veulent passer un bon moment dans un cadre agréable pour discuter. Pas forcément des personnes qui sont là pour lever des fonds", avance Fabrice Clément, pas peu fier de son pari. "Mais des start-up viennent aussi et surtout pour rencontrer un maximum de monde, faire du réseau, trouver des fonds, mais aussi prendre des conseils pour qu’on leur apporte du business incrémental via des relations."


La première édition a été couronnée de succès, aussi bien dans l’organisation que le relationnel, pour son initiateur. "On était tous un peu tendus car on ne savait pas ce que ça allait donner. A la fin de la journée, on était comme une bande de copains. Les vainqueurs qui ne se connaissaient pas avant ont fini par sauter comme des fous à l’annonce du résultat", se souvient-il. Il reconnaît que cela n’avait pas débouché sur une levée de fonds directe, mais l’objectif a été atteint pour certains : "L’une des start-up, Ledon.org, qui est venue pitcher s’est fait repérer par une agence qui accompagne des start-up et en fait leur promotion au niveau européen. Cette start-up a été sélectionnée pour être présentée à l’ancien président du Parlement européen. D’autres ont expliqué avoir fait du business plus tard grâce à des personnes rencontrées lors de la journée.

Si vous souhaitez participer à la journée, il n’est pas encore trop tard, promet Fabrice Clément. "On garde les inscriptions pour la journée et le tournoi de golf ouvertes jusqu’à la veille minuit". Avis aux business(wo)men en devenir !

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