Wedding Planner, un métier lucratif en pleine expansion

Wedding Planner, un métier lucratif en pleine expansion

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MARIÉS À TOUT PRIX - Depuis une quinzaine d’années, le métier de wedding planner prend de l’étoffe en France. Des hommes et femmes à tout faire se chargent d’organiser le mariage de vos rêves. Les agences pullulent à Paris et en province, tout comme les formations. Ces chefs d’entreprise de l’amour se disputent aujourd’hui un marché en croissance constante.

"Je vous déclare mari et femme". Le mariage, ce moment solennel au cours duquel le couple prend un engagement pour la vie. Le mariage c'est surtout des mois – voire des années - d’organisation. Cela demande du temps, de la patience et des montées de stress pour les futurs mariés. En ce sens, depuis près d’une quinzaine d’années, une profession a émergé en France. Des personnes proposent désormais de monter de toutes pièces le plus beau jour de votre vie : les wedding planners.


En 2002, les agences de ce type se comptaient sur les doigts d’une main. Près de 12 ans plus tard, en 2015, ce chiffre a littéralement explosé avec près de 800 boîtes en activité. Une tendance qui "s’inscrit sur la durée", nous assurent en chœur les quelques professionnels que nous avons joints. "Le marché absorbe 2% des mariages français. Par rapport au marché américain où 80% des mariés aujourd’hui font appel à des wedding planners, il y a une marge de progression énorme", explique Caroline Le Moigne-Hirel, la directrice de l’agence événementielle Les Têtes Chercheuses

Le wedding planner, ce "chef d’entreprise"

Loin des paillettes, le métier d’organisateur de mariage s'avère chronophage. Outre son talent créatif, le wedding planner est aussi maître dans la gestion des budgets, commercial hors pair et même psychologue sur les bords. Mais c’est surtout un "chef d’entreprise (...) Comme toute entreprise, on va essayer de la pérenniser", étaye la présidente du Syndicat des métiers de l’organisation du mariage, Agostinha Thiery. 


Ces chefs d’entreprises de l'amour bâtissent leur business sur une image et une communication verrouillée. "On a un métier qui fonctionne beaucoup au bouche-à-oreille", admet Caroline Le Moigne-Hirel. Et c'est sur ce principe que certains wedding planners sortent du lot. C'est le cas de Jean-Charles Vaneck, élu le français le plus influent selon un classement réalisé par le magazine Vanity Fair. Son agence, Sumptuous Events, il la "considère comme un business (...) Je pense que je suis très doué en marketing, pour mettre une image extrêmement luxueuse", nous explique-t-il. Résultat, l'homme s'est "allègrement servi" de cette parution. "Ça a fait un peu boule de neige, ce qui m’a permis de me faire connaître de façon internationale". Aujourd'hui, sa demande est exclusivement américaine. 

"Chacun met ses tarifs comme il a envie"

Et la formule fonctionne pour celui qui se considère comme un homme d'affaires. "On se fait payer relativement bien", nous confie-t-il, admettant gagner des sommes à 5 chiffres pour des mariages qui souvent dépassent le demi-million d'euros. "On mérite notre rémunération. On travaille énormément pour les mariages, de 3 à 9 mois", se justifie-t-il. 


Force est de constater aujourd'hui que la profession n'est pas tout à fait encadrée. "Chacun met ses tarifs comme il a envie", nous confie-t-on dans le milieu. La faute peut-être à "un amateurisme" que déplore dans certains cas la directrice des Têtes Chercheuses, Caroline Le Moigne-Hirel. Ses honoraires "ne sortent pas de nulle part". Ces derniers sont basés sur un volume d’horaires de travail prévisionnel. Et "si on a sous-estimé le temps de travail, c’est notre problème", assure-t-elle.


Dans une fourchette de prix large, sa formule premium-luxe est facturée entre 12.000 et 30.000 TTC pour des budgets de mariage compris entre 130.000 et 400.000 euros. À ce prix-là, une équipe de deux ou trois personnes prend en charge la production jusqu’au jour J inclus. Une évidence qui ne l'est pas chez tous les professionnels de ce secteur. On nous explique comment certains professionnels facturent, en plus, le jour du mariage sous forme de forfait. Des tarifs supplémentaires compris entre 850 et 1400 euros environ, la journée.

"Il y a de la place sur tous les segments"

La grille tarifaire est de manière générale plus élevée chez les acteurs parisiens, mais aussi en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et notamment à Monte-Carlo, la Riviera ou encore Cannes. Des lieux qui font rêver. Les tarifs sont colossaux, les budgets alloués par les mariés tout autant. Il faut dire que s'offrir les services d'un wedding planner "c’est un luxe". Quoi que. 


"Aujourd’hui, on ne parle que de luxe dans notre métier, mais il y a de la place sur tous les segments", assure Caroline Le Moigne-Hirel qui explique recevoir de plus en plus d'appels de clients dans ce cas. Et c'est précisément sur des formules à moindre coût que de plus en plus de wedding planners français se positionnent aujourd'hui. Résultat, en province, par exemple, on trouve des honoraires plus "abordables" : de 4.000 euros à 8.000 euros. Mais "il y a des gens qui peuvent faire un très beau mariage avec pas grand chose. Peu importe la facture globale de son mariage, ce qui compte c’est de passer une belle journée et de s’amuser", contrebalance Jean-Charles Vaneck. S'il est vrai qu' "en amour on ne compte pas", alors l’avenir de ce métier promet de belles perspectives...

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