VIDÉO - "On fait rêver les gens" : rencontre avec le wedding planner français le plus influent de la planète

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PORTRAIT – Jean-Charles Vaneck est considéré aujourd’hui comme le wedding planner français "le plus influent de la planète", selon le magazine Vanity Fair. Il a fait du mariage son fonds de commerce, de la "french touch" sa carte de visite. Sa clientèle, exclusivement internationale, s’attache ses services à tout prix. Entretien avec un homme d’affaires aussi doué en marketing qu’en art floral.

Perspicacité. En l’espace de quatre ans dans le circuit, Jean-Charles Vaneck, 35 ans, s’est fait un nom parmi les plus grands de ce métier au point d’être consacré le wedding planner français "le plus influent de la planète", selon le magazine Vanity Fair. Le succès de son agence - Sumptuous Events - tient au "bouche-à-oreille" et à une "image extrêmement luxueuse" que son patron a su étiqueter à son "business". Ce n’était pourtant pas gagner. "Quand je suis arrivé à Paris, on m’a dit que le secteur était complètement bouché, que c’était un métier saturé, que je n’avais aucune chance. Je croyais en moi et je me suis dit pourquoi ne pas essayer". Cette ascension, c’est "une histoire de chance", celle d’être un homme parmi un "métier très féminin". "C’est ce qui a fait une différence", estime-t-il.


Dorénavant, le chef d’entreprise trace sa route de l’autre côté de l’Atlantique, aux États-Unis, le principal de sa clientèle. Là-bas, la "French touch" s’exporte "très bien". Tout le monde veut son "mariage à la française". Jean-Charles Vaneck table sur "six mariages extraordinaires" en préparation. Une chose est sûre, le trentenaire n’a pas peur de l’ambition.

LCI : Vous avez été consacré l’an dernier parmi les wedding planners les "plus influents de la planète". Qu’est-ce qui vous différencie de n’importe quel autre wedding planner ?

Jean-Charles Vaneck : J’ai compris que le succès n’était pas déterminé par rapport au nombre d’années. Il y a des gens qui font ce métier depuis 10-15 ans. Moi, depuis quatre. Je pense que je suis très doué en marketing, pour mettre une image extrêmement luxueuse sur mon business. J’ai énormément capitalisé sur cet article (Vanity Fair, ndlr) (…) Je l’ai relayé sur mes réseaux sociaux. Je m’en suis allègrement servi. J’ai eu plein d’interviews, des parutions dans les magazines, ça a fait un peu boule de neige. Ce qui m’a permis de me faire connaître de façon internationale. J’étais mis en compétition dans cette liste avec des gens extrêmement connus qui font ça depuis 25-30 ans. Ça m’a permis d’en rencontrer certains. Ça a surtout boosté ma confiance en moi. Au début je ne pensais pas le mériter. Tous les clients que j’ai cette année, sont des clients qui ont vu l’article et qui ont décidé d’avoir un mariage organisé par Jean-Charles et non par "un wedding planner".

LCI : Vous êtes wedding planner, mais vous sentez-vous aussi chef d’entreprise ?

Jean-Charles Vaneck : Complètement. C’est la raison pour laquelle mon business a été "succesfull" très rapidement. J’ai considéré cette agence comme un business, (…) portée par mon état d’esprit. Mais j’ai la chance d’avoir des personnes qui m’aident. J’essaie - même si on a une petite structure – de la faire grandir. J’ai beaucoup d’ambition. Il faut quand même avoir une fibre artistique pour faire ce métier. C’est une force que tout le monde n’a pas. C’est bien de faire du business, mais si on est capable d’allier les deux, là c’est succès assuré. Je pense que peu d’artistes savent se vendre. J’ai la chance d’avoir ce don, c’est inné. J’arrive à vendre mes services, ma matière grise. Je n’ai pas eu peur d’augmenter mes tarifs chaque année. Tout le monde n’est pas capable de le faire. Mais je crois que quand on veut quelque chose, on peut vraiment le faire.

LCI : Un chef d’entreprise qui a fait de l’amour son business ?

Jean-Charles Vaneck : On fait rêver les gens. Ma force, c’est de croire vraiment à ce que je raconte. Ce n’est pas juste du marketing. Je suis comme ça dans ma vie personnelle. J’ai une joie de vivre que l’on peut ressentir. C’est un concept que j’ai essayé de véhiculer dans la communication de mon site. Le wedding planner, c’est une personne prête à tout faire pour réaliser le plus beau jour de la vie d’une autre personne. On dépense énormément de temps, d’énergie... On s’investit complètement de sa personne. Voir la réaction de nos clients, ça n’a pas de prix. Quand une mariée vient nous voir et nous dit : "Jean-Charles, tu as organisé le plus beau jour de ma vie" et qu’elle se met à pleurer, c’est très touchant. Ce n’est pas juste du business, c’est un métier où l’on met beaucoup d’affect avec les clients, les familles. On est complètement immergé dans la vie de nos clients pendant plusieurs mois. On les suit jour après jour. C’est un métier qui demande de prendre sur soi, d’endosser une énorme pression, un énorme stress. Plus les mariages sont gros en termes de budget, plus les attentes sont élevées. Il vaut mieux être zen.

On fait rêver les gens avec beaucoup d’argent. Mais en même temps il faut garder en tête qu’il y a des gens qui peuvent faire un très beau mariage avec pas grand-chose. Jean-Charles Vaneck

LCI : La "French Touch", c’est en quelque sorte votre fonds de commerce ?

Jean-Charles Vaneck  : Oui, les Français ont beaucoup de succès à l’étranger. C’est comme une marque en fait. C’est pour ça que j’ai apposé le mot Paris à ma marque "Sumptuous Event". C’est comme un cachet, une carte de visite. On s’attend automatiquement, quand c’est un Français qui organise, à ce que la nourriture soit excellente, qu’elle ait beaucoup de goût, beaucoup de style… C’est ce que les clients recherchent lorsqu'ils font appel à moi. Je suis français, je comprends très bien la culture américaine. J’ai ce côté international que les clients viennent chercher. Des Américains qui viennent se marier à Paris, qui veulent des châteaux, des choses flamboyantes, qui veulent devenir le prince et la princesse pendant une journée.

LCI : Côté tarifs, on imagine que Jean-Charles Vaneck coûte cher ?

Jean-Charles Vaneck  : Sumptuous Event (Rires). On se fait payer relativement bien. Mais je pense qu’on mérite notre rémunération. On travaille énormément pour des mariages, de trois à neuf mois. Ce qui me différencie de ma concurrence, c’est que je ne suis pas que wedding planner. Je suis aussi wedding designer. Je crée des fleurs, je fais tout ça. Ce que je propose à mes clients, c’est une sorte de formule : ils auront à la fois quelqu’un qui va organiser la production, voir un mariage comme un spectacle, et en plus je propose le design. C’est quelque chose que je facture aussi. La culture américaine est très "show off" (frimeuse, ndlr). Les gens veulent montrer qu’ils ont gagné de l’argent, qu’ils ont réussi. En France, quand on se met à gagner de l’argent, on a tendance à ne pas en parler par crainte d’attirer la jalousie. C’est pour ça que je fais attention. On fait rêver les gens avec beaucoup d’argent. Mais en même temps il faut garder en tête qu’il y a des gens qui peuvent faire un très beau mariage avec pas grand-chose. Peu importe la facture globale de son mariage, ce qui compte c’est de passer une belle journée et de s’amuser. J’ai également réalisé des mariages où les gens dépensaient des fortunes et ne s’amusaient pas.

LCI : Avant d'ouvrir le chapitre de wedding planner, vous étiez pianiste. Qu’est-ce qui vous a fait changer ?

Jean-Charles Vaneck  : Tout me prédestinait à faire ce que je fais aujourd’hui. Je me suis exprimé à une époque avec le piano et maintenant je m’exprime avec cet art. C’est une continuité logique. Ça m’a permis de faire tout un réseau international puisque j’ai chanté dans des très beaux palaces dans le monde entier. J’ai travaillé partout : en Chine, au Japon, à Cuba, à New York… J’ai commencé à avoir un très gros réseau jusqu'au jour où je me suis rendu compte que ça ne m’apportait plus rien. Je n’étais pas heureux et moi je veux travailler dans un métier qui me rend heureux. J’ai fait un bilan de compétences à une époque et la personne m’a dit : "Vous êtes fait pour faire de l’organisation, vous seriez fabuleux dedans". J’ai fait une formation, j’ai fait des stages, j’ai pris beaucoup d'emplois non-rémunérés au début et puis petit à petit l’oiseau a fait son nid...

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