YouTube : vidéos humiliantes pour les enfants, commentaires à caractère sexuel… Plusieurs marques retirent leurs publicités

YouTube : vidéos humiliantes pour les enfants, commentaires à caractère sexuel… Plusieurs marques retirent leurs publicités

DirectLCI
INDIGNATION – Lidl, Mars ou encore Adidas ont interrompu leur campagne publicitaire sur YouTube. En cause, l’existence de séquences montrant des enfants dans des situations humiliantes, mais aussi la prolifération de commentaires à caractère sexuel sous des vidéos mettant en scène des mineurs.

Depuis belle lurette, les pédophiles ont investi la Toile pour assouvir leurs fantasmes. Certains tentent d’entrer en contact avec des mineurs via les réseaux sociaux. D’autres se contentent de visionner des contenus pédopornographiques. Ou des séquences mettant en scène des enfants légèrement vêtus. Des vidéos innocentes sous lesquelles foisonnent les commentaires de prédateurs sexuels. 


C’est notamment ce dernier point qui a ému bon nombre d’annonceurs, rapportent la BBC et The Times. En raison de la prolifération de commentaires à caractère sexuel sous certaines vidéos YouTube, Lidl, Mars, Deutsche Bank ou encore Adidas ont annoncé qu’ils interrompaient leurs campagnes publicitaires sur la plateforme jusqu’à nouvel ordre. A noter que ces commentaires ont été dénoncés par des modérateurs bénévoles. Lesquels confient aux deux médias avoir été peu soutenus par YouTube pour les signaler aux autorités. 

Nous sommes choqués et horrifiésMars

Outre la présence de ces commentaires, les marques s’indignent de l’existence de certaines vidéos où des enfants seraient maltraités. Est notamment visée la chaîne Toy Freak dans laquelle Greg Chism filme ses deux fillettes dans des situations humiliantes. Alors que la chaîne a d’ores et déjà été supprimée, The Times décrit certaines séquences où le père de famille étale de la mousse à raser sur le visage de sa fille en larmes ou filme sa bouche en sang alors qu’elle vient de perdre une dent de lait. 


"Nous sommes choqués et horrifiés de voir nos publicités accolées aux côtés de contenus abusifs et inappropriés", a réagi Mars dans un communiqué. "Nous avons pris la décision de suspendre immédiatement toute notre publicité en ligne sur YouTube", a ajouté la célèbre marque de barres chocolatées. Une réaction similaire à celles des autres firmes ayant stoppé leur collaboration avec la plateforme. 

En vidéo

VIDÉO - Les enfants sur YouTube, on a le droit, on a pas le droit ?

YouTube dépassé

Face à la polémique, YouTube a rapidement réagi : "Tout contenu qui met en danger des enfants est odieux et inacceptable pour nous. Nous avons des politiques claires contre les vidéos et les commentaires sur YouTube qui sexualisent ou exploitent les enfants et nous les appliquons de manière drastique à chaque fois que nous sommes alertés sur un tel contenu, assure un porte-parole de YouTube France à LCI. 


Et de rappeler le travail déjà abattu : "Nous avons récemment renforcé notre approche vis-à-vis des vidéos et des commentaires mettant en scène des enfants qui, même s'ils ne seraient pas illégaux, restent préoccupants", ajoute YouTube qui assure travailler "en étroite collaboration avec des organisations telles que 'Point de Contact' en France, la 'Internet Watch Foundation' au Royaume-Uni, ou le 'NCMEC', aux États-Unis, pour empêcher que des images d'abus sexuel sur des enfants soient mises en ligne". Le cas échéant, ces images sont signalées dans la foulée aux autorités, souligne la plateforme.  

En décembre dernier, le YouTubeur français Le Roi des Rats dénonçait déjà l’existence de multiples vidéos YouTube montrant des enfants dénudés. Un an plus tard, force est de constater que certaines vidéos sont toujours accessibles sur la plateforme. Il suffit notamment de taper "webcam vidéo from" dans la barre de recherche pour s’en apercevoir. Preuve que Youtube a encore du pain sur la planche pour éradiquer ce fléau. "Nous sommes déterminés à bien faire les choses et reconnaissons que nous devons faire plus, grâce à l'apprentissage automatique et en augmentant nos ressources, tant humaines que techniques", reconnaît la plateforme. 

Plus d'articles

Sur le même sujet