5G : le Haut Conseil pour le Climat prévoit une hausse "significative" des émissions de gaz à effet de serre

Les municipalités n'ont pas le pouvoir de s'opposer aux déploiement de la 5G sur leur territoire.

EMPREINTE CARBONE - Le Haut Conseil pour le Climat estime, dans un rapport rendu public ce samedi, que les prochaines attributions de fréquences pour la 5G ne devraient pas se faire sans évaluation préalable de son impact sur l'environnement.

Sur demande du Sénat, le Haut Conseil pour le Climat (HCC) publie ce samedi 19 décembre son tout premier rapport évaluant l'impact carbone de la 5G. L’instance consultative, chargée d’examiner les politiques climatiques de la France au regard de l’Accord de Paris, adresse plusieurs recommandations. D’abord, elle constate que "l’incertitude est grande quant aux potentiels effets du déploiement de la 5G" et estime que les conséquences sur le climat de ce type de nouvelles technologies auraient valu d’être connues avant de songer à leur développement. 

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Le HCC regrette l'absence de moratoire

"Une telle évaluation aurait dû avoir lieu pour la 5G avant de décider d’attribuer les fréquences nécessaires", regrette ainsi le HCC, faisant allusion aux enchères lancées par le gouvernement en septembre dernier, au grand dam des ONG et des citoyens de la Convention pour le climat qui réclamaient un moratoire. 

Il poursuit en considérant qu’"en l’absence de moratoire sur la 5G, la première application d’une telle évaluation préalable devra être l’attribution des prochaines bandes de fréquence 5G". Malgré "ce contexte de forte incertitude", l’organisme indépendant prévoit que "l’impact carbone du déploiement de la 5G pourrait s’élever à entre 2,7 Mt éqCO2 et 6,7 Mt éqCO2 en 2030" - 2030 étant l’année charnière du respect des engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris. Soit une "augmentation significative" des émissions de gaz à effet de serre dans le numérique, selon le HCC, le secteur ayant rejeté cette année "environ 15Mt éqCO2" (mégatonnes en équivalent CO2, une unité créée par le GIEC). 

En comparaison, la France a émis au total 419,9 Mt de CO2 en 2019, selon l'Observatoire Climat Énergie, un outil évaluant le niveau d'atteinte des objectifs énergétiques et climatiques du pays.

Mais alors, à quoi serait dû principalement cette hausse des émissions de gaz à effet de serre du numérique ? D’abord à l'ajout de nouvelles antennes, pointe le HCC, qui mentionne "la fabrication des terminaux dont le renouvellement ou l’adoption pourraient se voir accélérés (…) et celles des équipements de réseau et de centres de données". Et puis dans un second temps, à l'utilisation propre du réseau. Ainsi, "le déploiement de la 5G risque également d’augmenter les émissions liées à la production d’électricité en France de 0,8 Mt éqCO2 à 2,1 Mt éqCO2 en 2030", prévient l’organisme. 

La consommation finale d’électricité sera également impactée par ce nouveau réseau téléphonique, à hauteur de 16 à 40 térawatts heure en 2030, soit "entre 5% et 13% de la consommation finale d’électricité du résidentiel et du tertiaire en 2019". 

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C’est ainsi que le HCC recommande, pour parvenir aux objectifs de réduction de 55% des émissions d’ici 2030, de baisser "d’autant plus les émissions et la demande d’électricité des autres secteurs de l’économie", comme les transports ou le bâtiment pour ne citer que les plus polluants. 

Dans un communiqué, le président du Sénat Gérard Larcher indique avoir pris note des évaluations du HCC, qui n’ont pu être rendues "avant l’attribution des fréquences mobiles 5G" mais qui "confortent la proposition de loi sénatoriale visant à réduire l’impact environnemental du numérique". Un texte qui sera examiné par le Sénat le 12 janvier prochain, "sans attendre l’annonce de la feuille de route du Gouvernement sur le sujet", précise l’élu LR. 

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Cinq ans après la sortie de son livre « Comment tout peut s’effondrer », Pablo Servigne se justifie encore : « L’objectif n’a jamais été de faire peur à tout le monde ou de prouver que tout est foutu, bien au contraire », écrit-il dans son dernier opus, publié aux Liens qui Libèrent avec la revue Imagine Demain Le Monde. Il a également répondu aux reproches qui lui avaient été faits, dont celui de ne pas parler des causes des effondrements.

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