Un milliard d’enfants "très fortement exposés" aux conséquences du changement climatique, selon l’Unicef

Des enfants s'agrippent à une planche de surf, à la suite d'inondations à cause de pluies torrentielles dans la banlieue de Banda Aceh, en Indonésie, le 11 août 2021.

DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE - Près de la moitié des 2,2 milliards d’enfants dans le monde vivent dans l’un des 33 pays classés "à très haut risque" face à la crise climatique, en particulier en Afrique subsaharienne, révèle l’Unicef dans un rapport publié le 19 août.

Des enfants déjà vulnérables, encore davantage fragilisés par la crise climatique. Un milliard d’enfants vivent dans l’un des 33 pays classés "à très haut risque" face aux conséquences de la crise climatique, révèle l’Unicef. Et le bilan risque de s’alourdir à mesure que la situation environnementale se dégrade, puisque ce chiffre ne concerne que les jeunes menacés par le risque climatique à ce jour. 

L’exposition aux effets du changement climatique "menace leur santé, leur éducation et leur sécurité, et leur fait courir le risque de contracter des maladies mortelles", indique le communiqué de presse de l'organisation, publié le jeudi 19 août. 

Parmi les jeunes les plus exposés, on trouve les enfants vivant en République centrafricaine, au Tchad, au Nigeria, en Guinée et en Guinée-Bissau, des pays situés en Afrique saharienne et subsaharienne. Les enfants indiens et philippiens sont aussi vulnérables face à des catastrophes naturelles ou des épidémies. 

Pour établir ce classement, le rapport a mesuré le "degré d’exposition des enfants aux chocs climatiques et environnementaux (cyclones, canicules...) et leur degré de vulnérabilité à ces chocs, mesuré en fonction de leur niveau d’accès à des services essentiels" comme l’accès à l’eau, l’assainissement, la santé et l’éducation, précise le document. 

920 millions d'enfants exposés aux pénuries d'eau, 600 millions à des maladies

Plus précisément, quasiment tous les enfants du monde sont menacés par au moins un aléa lié au changement climatique - vagues de chaleur, inondations, cyclones, maladies, pollution de l’air. Et c’est un enfant sur trois qui vit dans des zones exposées à au moins quatre facteurs "de stress climatique", quand un sur sept vit dans une région où se cumulent cinq facteurs. 

Dans le détail, 920 millions d’enfants sont "fortement exposés aux pénuries d’eau", 820 millions aux canicules, 570 aux inondations (fluviales et côtières cumulées)... Par ailleurs, les contaminations aux maladies à "transmission vectorielle", soit par des parasites, des virus ou des bactéries, menacent 600 millions de jeunes sur la planète.  

D’autant que les enfants ont besoin de davantage d’eau et de nourriture que les adultes et sont davantage sensibles face aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux maladies et aux produits chimiques toxiques, souligne le rapport. 

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Climat : alerte rouge pour la planète

"Les chocs climatiques et environnementaux ont des répercussions sur l’ensemble des droits des enfants, de leur droit à un air pur, à de la nourriture et à de l’eau salubre, à l’éducation et au logement, à la protection contre l’exploitation, jusqu’à leur droit à la survie, déplore Henrietta Fore, Directrice générale de l’Unicef, dans le communiqué. "Aucun enfant ou presque ne sera épargné."

Le décalage entre les zones de "de production des émissions de gaz à effet de serre" et les régions qui subissent les conséquences de ces émissions est également souligné dans le rapport. "Ensemble, les 33 pays ‘à très haut risque’ ne totalisent que 9% des émissions mondiales de CO2, contre près de 70% pour les dix plus gros émetteurs de la planète, dont seul un est classé comme 'à très haut risque'", précise le document. 

"La crise climatique est une crise des droits de l’enfant"

"Les enfants ne sont pas à l’origine de la hausse globale des températures", estime Henrietta Fore. "Pourtant, ce sont eux qui paieront le plus lourd tribut, en particulier dans les pays les moins responsables." Et de souligner que "la crise climatique est une crise des droits de l’enfant"

Le document invite donc les gouvernements et entreprises à œuvrer pour garantir l’accès des plus vulnérables à des services essentiels, comme la santé et l’éducation, et réduire les émissions de gaz à effet de serre pour "renforcer leur capacité à survivre à ces aléas", indique la directrice. "Les enfants comme les jeunes doivent être associés à toutes les décisions relatives au climat", y compris à l’horizon de la COP 26 qui se tiendra à Glasgow en novembre, précise le document. 

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La rédaction de ce rapport a été lancée en collaboration avec le mouvement Fridays for Future ("Les vendredis pour l’avenir"), à l’occasion du troisième anniversaire de la grève mondiale de la jeunesse pour le climat, à l’initiative notamment de l’activiste suédoise Greta Thunberg. "Nous ne sommes pas seulement des victimes, mais nous prenons aussi les rênes du combat", a réagi la jeune militante, selon le Guardian. "Mais [le monde] ne traite pas la crise climatique comme une urgence." 

"Nous devons regarder la situation en face, reconnaître, gérer les changements climatiques comme une véritable crise et prendre de toute urgence les mesures qui s’imposent afin de léguer une planète habitable aux jeunes générations", ont affirmé par ailleurs l'ensemble des représentants de Fridays for Future, selon qui ce rapport constitue la première analyse des risques environnementaux concernant la jeunesse. 

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