Après le retour de chasses traditionnelles d’oiseaux, les associations contre-attaquent

La bataille autour des techniques traditionnelles de prise de certains oiseaux a connu un nouvel épisode ce week-end. Déclarées illégales cet été, elles sont réautorisées.

BRAS DE FER - D'abord invalidées cet été par le Conseil d'État, des pratiques de chasse traditionnelles d'oiseaux sont à nouveau autorisées dans cinq départements à compter de ce vendredi. Les associations de protection animale ont annoncé reprendre la bataille juridique.

L’interdiction aura été de courte durée. Retoquées par le Conseil d’État le 6 août dernier, des techniques de chasses traditionnelles d’oiseaux sont à nouveau autorisées depuis la publication d’arrêtés au Journal officiel ce vendredi 15 octobre, par le ministère de la Transition écologique. Leur principe : piéger les oiseaux dans des cages (matoles) ou des filets grillagés (pantes et tenderies), en les appâtant avec de la nourriture pour ensuite les tuer. 

Cet été, le conseil d’État avait pourtant été saisi par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et l’association de défense animale One Voice, qui avaient obtenu gain de cause : les autorisations de ces chasses avaient été annulées. Les pratiques avaient été jugées "illégales" car "non conformes aux exigences du droit européen relatif à la protection des oiseaux", détaillées par une directive européenne de 2009. 

En réponse, le gouvernement avait mis les arrêtés en question en consultation dès le 15 septembre dernier, rappelle France Info. Rendus officiels ce vendredi, ces arrêtés font valoir que ces techniques permettent "de capturer les oiseaux vivants (…) sans leur causer de dommages corporels", assure l’un des textes. Celui-ci met aussi en avant "un mode de chasse artisanal, moins bruyant et plus respectueux de l'environnement", qui permettrait aux chasseurs de préserver "leur patrimoine culturel"

Un quota fixé à près de 115.000 oiseaux

Concrètement, dans cinq départements - la Gironde, les Landes, le Lot-et-Garonne, les Ardennes et les Pyrénées-Atlantiques -, il sera désormais possible d'utiliser ces méthodes pour chasser cinq espèces d’oiseaux : l'alouette des champs, les vanneaux, les pluviers dorés, les grives et les merles noirs. Avec des quotas à respecter : 113 530 oiseaux, au total, pour la saison 2021-2022, dont plus de 100 000 alouettes des champs, détaille France Info. 

Une initiative répondant aux réclamations de 42.000 manifestants descendus dans les rues le 18 septembre dernier à l'appel de chasseurs, pour exiger le retour des chasses traditionnelles. Les associations de protection animale, de leur côté, montent au créneau. L'association One Voice a annoncé sur Twitter saisir dès ce vendredi le Conseil d’État en référé et sur le fond, et dénonce dans un communiqué des techniques provoquant "une fin atroce pour n’importe quel oiseau qui passe"

La LPO va également déposer un recours dès ce vendredi, a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Mais ces chasses traditionnelles vont hélas pouvoir reprendre le temps de la procédure", s'inquiète-t-elle, puisqu'il faut désormais compter deux à trois semaines pour que le Conseil d'État ne se prononce. "Ce n’est pas très classe de prendre ces arrêtés un vendredi pour gagner un week-end de chasse", s'était irrité jeudi le président de l’association Allain Bougrain-Dubourg lors d'un point presse. La LPO a aussi attaqué la consultation publique menée sur le sujet, qui a rassemblé plus de 70 000 contributions jusqu’au 6 octobre, une "mascarade" à ses yeux. 

Les associations pointent aussi selon elles des ambitions électorales du chef de l'État."Une fois de plus, la biodiversité et plus de 100 000 oiseaux sauvages sont sacrifiés sur l’autel du cynisme électoral", tacle la LPO dans son communiqué, quand One Voice estime que "le gouvernement ne trouve rien de mieux à faire que de brosser les chasseurs dans le sens du poil" dans le sien. 

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"C’est de la pure politique ! Pas de la défense des animaux", a tancé en réponse Willy Schraen, le président de la Fédération nationale des chasseurs, auprès du Parisien, assurant que l'"on tue beaucoup moins avec ces méthodes qu’au fusil".  La fédération a quant à elle salué dans un communiqué "l'arbitrage sans ambiguïté du président de la République en faveur des chasses traditionnelles"

La LPO rappelait toutefois, dans un communiqué en date du 15 septembre, que l’alouette des champs était classée en "préoccupation mineure" et le vanneau huppé en "quasi menacé" sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en France.

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