Augustin Jaclin, co-fondateur de Lemon Tri : "Il faut créer son activité en incorporant les défis de demain d'emblée"

Augustin Jaclin, co-fondateur de Lemon Tri : "Il faut créer son activité en incorporant les défis de demain d'emblée"

INTERVIEW - La société de recyclage LemonTri vient de fêter ses 10 ans. Dix années de croissance à deux chiffres et d’innovation sociale et environnementale dans le recyclage de déchets en entreprise. Rencontre avec Augustin Jaclin, le cofondateur qui vient d’être distingué parmi les 50 leaders tricolores engagés de moins de 40 ans.

Sylvia Amicone : Votre obsession chez Lemon Tri, c'est de ne pas faire du recyclage au rabais, ne pas incinérer ou enfouir. Objectif : faire 100% de recyclage et de la valorisation 100% en circuit court.

Augustin Jaclin : Exactement. C'est une promesse qui est très forte et évidemment, on n'y déroge pas parce que c'est aussi notre carte de visite. Tout ce qui rentre et qui est récupéré dans nos bacs, est recyclé en matière. Et l'autre sujet, c'est le circuit court. Notre terrain de jeu, c'est la France, c’est-à-dire qu’on ne fait pas d'export de déchets. Tout ce que l'on collecte est recyclé en France et quand on a le choix -parce qu'il n'existe pas toujours la solution- de le faire au plus court. Pour certains flux très spécifiques, je pense aux mégots de cigarette par exemple, on a une seule filière pour toute la France parce qu'on n’en collecte pas encore des tonnes, et surtout parce qu'il n'y a pas encore des unités de transformation partout. 

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Votre impact aujourd'hui, c'est combien de tonnes de déchets recyclés ? 

Cela augmente chaque année. Même si 2020 a été une année un peu spéciale. Disons que là, on est entre 2 et 3000 tonnes, ce qui reste une petite goutte dans l'océan des millions de tonnes qu'il y a à traiter en France chaque année. Notre croissance, notamment sur le tonnage, est exponentielle. Quand on a commencé,  on faisait péniblement une tonne. Il faut 30 000 bouteilles pour faire une tonne.

Vous avez commencé avec des matières basiques : le plastique, le métal, le papier, le verre. Aujourd'hui, vous êtes beaucoup plus large. 

Exactement. Notre postulat de départ, c'était de dire il y a des matières, il y a des emballages, des déchets qui sont parfaitement recyclables, pour lesquels, même en France, on a des usines qui savent recycler et qui n'ont pas assez de matières ! Il faut bien comprendre qu'en France, pour le recyclage des bouteilles plastiques, on va acheter des balles en Allemagne, en Espagne, parce qu'on n'est pas capable de collecter correctement chez nous. Pour 300 000 tonnes de bouteilles mises sur le marché en France chaque année, on n'en récupère que 150 000. Notre postulat de départ, c’est de dire que le trou dans la raquette, il est au niveau du premier geste, du tri et de la captation de ce flux. Une fois qu'il est dans le bon tuyau, on sait parfaitement le gérer. 

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Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui veut se lancer aujourd'hui dans ce contexte particulier ? 

Mon premier conseil, c'est effectivement de bien passer le business model à la moulinette des enjeux actuels. On a un défi climatique énorme, on a un défi d'inclusion et en fait, à peu près tous les métiers peuvent être repensés pour avoir justement un impact positif. Donc, il faut naître et créer son activité en incorporant ces défis de demain d'emblée. Ce n'est pas quelque chose qu'on vient rajouter après. Je pense que c'est très important et ça sera les grandes structures de demain, celles qui savent prendre en compte ce type de problématique. Et puis, un autre conseil, c'est de ne pas y aller seul. Nous avons eu la chance de démarrer en duo. On a eu aussi la chance d'être très bien entouré dans des incubateurs, du mentorat, plein de structures bienveillantes et en France, on regorge de dispositifs pour aider les entrepreneurs, pour les sortir de leur isolement, qui est une des problématiques phares. Et moi, j'ai pour habitude de dire : "Parlez-en au maximum". On peut entendre parfois : "Quand vous avez une idée innovante, il faut la garder pour soi, sinon, on peut vous la piquer, etc." Des idées en fait, tout le monde en a, la différence, c’est ceux qui les réalisent ! Donc, parlez-en et vous verrez que les gens sont beaucoup plus bienveillants que ce qu'on peut penser. Et nous, on a eu énormément d'aide et de main tendue en expliquant dans quelle croisade on se lançait !

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