Finlande : à la découverte de Lappeenranta, la ville la plus verte d'Europe

Finlande : à la découverte de Lappeenranta, la ville la plus verte d'Europe

ÉCOLOGIE - Tri des déchets, compost, énergies renouvelables, sensibilisation à l'environnement dès le plus jeune âge... Une ville finlandaise multiplie les initiatives pour réduire toujours davantage sa pollution et s'imposer comme un exemple de municipalité verte.

Dans le sud de la Finlande, certains vivent déjà dans la ville du futur. À Lappeenranta, les gestes les plus simples pour lutter contre la pollution sont adoptés par tous, à commencer par le tri des déchets, à l’aide notamment d’un compost de jardin. "La quantité de déchets organiques est si importante, qu’en faire du compost, c’est une jolie façon de les réutiliser, explique Tommi Kallonen, un habitant, dans le reportage en en-tête. Cela marche très bien et permet de faire pousser plein de choses, comme des tomates."

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De quoi réduire considérablement les déchets ménagers, d’autant que les emballages jetables, eux, doivent être triés dans sept poubelles différentes, si bien que 100% des déchets de la ville sont recyclés. Mais cela ne s’arrête pas là. La municipalité aide aussi ses 73.000 habitants à prendre conscience de leur empreinte carbone et les conseille pour radicalement changer leurs habitudes. 

"Grâce à un programme, on a converti notre voiture au bioéthanol, ce qui a fait chuter nos émissions de CO2, détaille Tommi Kallonen. Et puis on a aussi installé des panneaux solaires sur le toit de la maison." La famille consomme également végan désormais. 

Laboratoire d'innovations techniques

De nouvelles habitudes adoptées par les particuliers, mais aussi par les professionnels. Les restaurateurs sont ainsi encouragés à arrêter les buffets pour servir uniquement à table, ce qui représente 30% de gaspillage alimentaire en moins. Certains se tournent aussi exclusivement vers des produits locaux et de saison. 

Parallèlement, à l’échelle de la ville, la municipalité n'utilise que des énergies renouvelables produites grâce à des éoliennes et une centrale alimentée par les déchets industriels, qui fournit 85 % du chauffage. Elle a tiré définitivement un trait sur l'énergie nucléaire ou issue du charbon. 

C’est aussi grâce à son université que Lappeenranta a pu prendre 20 ans d’avance sur le continent européen. Elle est au cœur du projet environnemental de la ville : les étudiants viennent du monde entier pour inventer les solutions de demain à la fois dans l’énergie, la construction ou encore le transport. Cette concentration de matière grise a permis des améliorations très concrètes, comme sur le lac Saimaa, à quelques pas du campus, l’un des plus vastes d’Europe. 

"Il y a une dizaine d’années, ce lac était particulièrement pollué par la prolifération d’algues, ce qui a inquiété les habitants, car c’est un réservoir d’eau potable pour la ville, rembobine Juha Pyrhönen, professeur sur le campus. Alors à l’université, nous avons cherché à régler le problème en inventant une pompe capable de dépolluer ces eaux, et c’est plutôt efficace." Cette station de dépollution, imaginée par les étudiants et construite par une entreprise locale, a coûté 2,5 millions d’euros à la ville, qui a fait de la préservation de l’eau un enjeu majeur. 

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Elle l'a ainsi inscrite au programme scolaire, de la primaire au lycée. Des chercheurs de l’université viennent sensibiliser les enfants à ce sujet dans les établissements scolaires. "Il faut faire attention à ce que vous mettez dans les toilettes ou l’évier", conseille l’une d’entre eux, Laura Jouhkino, face à une classe d’écolier. 

"Après chaque intervention, on leur donne la mission de transmettre à la maison ce qu’ils ont appris, car on pense que c’est un moyen très efficace d’éduquer tous les habitants de la ville", poursuit-elle. 

Mais si Lappeenranta se hisse aujourd'hui parmi les villes d'Europe les plus vertes du monde, elle continue de se fixer des objectifs très ambitieux. "Nous souhaitons que la ville soit zéro déchet en 2050 et nous espérons atteindre la neutralité carbone en 2030", explique Ilkka Räsänen, directeur environnement de la municipalité. Sur le volet carbone, la ville a déjà fait plus de la moitié du chemin. 

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